ÊTRE
Quand m’est venue l’idée d’écrire sur « ÊTRE », tout de suite est arrivée la chanson « BE » de Neil Diamond. La chanson « BE » qui est apparue dans le film Jonathan Livingston le Goéland réalisé par Hall Bartlett 1️⃣. Film dont l’histoire est basée sur le livre éponyme de Richard Bach 2️⃣.
La chanson comme par :
Perdu sur une vague que tu ne peux diriger
Marqué au fer comme un fugitif, un prisonnier ici-bas
Des navires naufragés aux voiles brisées
Qui ne portent aucune lumière et ne laissent aucune trace
Je ne vais pas, ici, mettre la traduction complète de la chanson. Simplement, que cette chanson est une ode à l’existence pure, à l’état d’ÊTRE, en écho à la quête de Liberté Absolue du goéland Jonathan Livingston. Le livre est comme l’idée d’un passage nécessaire par l’obscurité voire l’aveuglement du monde matériel avant de trouver la Paix
En fait, qu’est-ce que signifie ÊTRE ?
Je sais qu’une grande partie de la Vie consiste à Faire. Faire pour gagner. Faire pour plaire. Faire pour prouver. Faire pour exister. Parfois, même, faire pour Aimer et Être Aimé. Pourtant, il arrive un instant, un moment, où une question se pose : « Et si je n’avais jamais appris à Être ? ». Question intéressante n’est-il pas !
Être n’est pas une performance. Être n’est pas une récompense. Être n’est pas un diplôme. Être n’est pas un rôle. Être n’est pas une identité qui est affichée. Être est cette Présence qui demeure lorsque tombent les costumes, les masques, les personnages, que la Vie m’a prêté.
Beaucoup de personnes pensent, affirment, certifient, que la « mission » est de produire de la Lumière. Je réponds : « Que nenni ! ». Je dirais que je suis comme une fenêtre qui est dans son rôle. Rôle qui est de laisser passer la Lumière.
Être, c’est retrouver cette transparence.
Un fleuve ne cherche jamais à convaincre qu’il est un fleuve. Il coule.
Une montagne ne se justifie jamais d’être une montagne. Elle demeure.
Le parfum d’une fleur ne demande la permission à personne. Il se répand naturellement.
Pourquoi l’Être HUmain est-il, souvent, le seul vivant qui pense devoir mériter le droit d’exister ?
Dans le chapitre 33 du Tao Tö King 3️⃣ de Lao Tseu, il est dit :
Celui qui connaît les autres est savant; celui qui se connaît lui-même est éclairé.
Celui qui vainc les autres est fort; celui qui se vainc lui-même est puissant.
Celui qui sait se suffire est riche.
Celui qui agit avec énergie a de la volonté.
Celui qui ne s’écarte pas de sa nature subsiste longtemps; celui qui meurt sans périr jouit d’une longévité éternelle.
Ainsi, se connaître, c’est souvent retirer bien plus que rajouter. La Vie ne ressemble pas à peindre une toile. En réalité, elle ressemble davantage à un miroir couvert de poussière. Je ne crée par la Lumière. Je révèle simplement celle qui était déjà là. Être, c’est cesser de confondre la poussière avec le miroir.
J’imagine un violon. Son plus grand talent n’est pas de produire des notes. Son véritable génie réside dans le vide qu’il protège en son cœur. Sans cet espace invisible, aucune musique ne pourrait naître. L’Être HUmain ressemble à ce violon. Ce n’est pas ce qu’il accumule qui le rend vivant. C’est l’Espace Intérieur qu’il préserve.
Être, c’est devenir comme une source cachée sous la forêt. Elle ne fait aucune publicité. Elle ne cherche pas d’admirateurs encore moins de disciples. Elle donne simplement de l’eau à ceux qui passent. Et, pourtant, tout un écosystème naît de son silence.
Le sculpteur ne fabrique pas la statue. Il enlève simplement ce qui empêchait déjà la beauté d’apparaître. Peut-être que le Chemin Spirituel ressemble davantage au travail du sculpteur qu’à celui du bâtisseur. Chaque peur retirée, chaque jugement abandonné, chaque masque déposé, chaque costume retiré, révèle peu à peu Celle ou Celui que j’ai toujours été.
Michel-Ange, de son vrai nom Michelangelo Buonarroti, aurait dit ou écrit : « J’ai vu l’ange dans le marbre et j’ai sculpté jusqu’à le libérer ».
Peut-être sommes-nous cet ange, encore caché sous quelques pierres inutiles.
Être, c’est aussi accepter de devenir un ciel.
Les pensées sont des oiseaux.
Les émotions sont des nuages.
Les événements sont les saisons.
En même temps, aucun oiseau, aucun nuage, aucune tempête, n’est le ciel lui-même.
Et tant que je suis dans les citations, le moine zen Shunryu Suzuki a dit : « Vous êtes parfait tel que vous êtes… et il y a encore place pour vous améliorer ».
Cette phrase n’est pas un paradoxe. Elle est une invitation. Être pleinement, aujourd’hui, sans renoncer à grandir demain. Bien que notre nature profonde soit parfaite, notre esprit quotidien, nos habitudes et nos attachements (l’ego) obscurcissent cette perfection. L’amélioration ne signifie pas « devenir quelqu’un d’autre » voire combler un manque. Ce serait polir le miroir de l’esprit ou enlever la poussière.
Le monde a tendance à récompenser souvent ceux qui parlent fort. Il suffit de voir, dans la période actuelle, certaines voix voulant imposer leur volonté. La Vie, elle, transforme Celles et Ceux qui savent écouter profondément. Car l’Être n’élève jamais la voix. Il rayonne.
Alors peut-être que la vraie question n’est plus : « Que vais-je devenir ? ». Elle serait plutôt : « Que vais-je déposer pour enfin révéler Celle ou Celui que je suis déjà ? ».
Car au fond, Être, ce n’est pas devenir quelqu’un. C’est cesser, doucement, de croire que nous étions quelqu’un d’autre.
Je reprends le dernier couplet de la chanson « BE » :
Aussi longtemps que je peux penser
Aussi longtemps que je peux voir
Aussi longtemps que je peux respirer
Aussi longtemps que je peux ÊTRE
Ainsi, je choisis la Présence d’AMOUR plutôt que la peur. Je laisse chaque souffle me ramener à l’Essentiel. Car je ne suis pas venu pour simplement traverser la Vie. Je suis venu pour laisser la Vie me traverser.
Tant que mon Cœur bat, j’apprends à Aimer.
Tant que mes Yeux s’ouvrent, j’apprends à m’Émerveiller.
Tant que mon Âme écoute, j’apprends à Reconnaître la Lumière déjà présente en toute chose.
Et lorsque le dernier souffle quittera mes lèvres, il ne restera ni ce que j’ai possédé, ni ce que j’ai accompli, simplement la qualité de Présence d’AMOUR que j’aurai offerte au Monde.
Car ÊTRE, c’est déjà appartenir à l’Éternité.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Paolo Pagliari – 2026 – Through the Eyes of a Child)
1️⃣ : Hall Bartlett est un producteur et réalisateur américain, né le 27 novembre 1922 à Kansas City, Missouri, et mort le 7 septembre 1993 à Los Angeles, Californie (merci Wikipedia) ;
2️⃣ : Richard Bach, né le 23 juin 1936 à Oak Park dans l’Illinois, est un écrivain américain (merci Wikipedia). Je l’ai déjà cité dans les textes « S’aimer soi-même, c’est semer », « Un Messie Récalcitrant », « Apprendre à s’asseoir, à attendre et à … » ;
3️⃣ : Déjà cité dans les textes « Quelque chose a changé », « La Déconstruction de l’ego Spirituel », « Amanuensis », « Au-delà des Ombres : Suivre sa Lumière Authentique ». C’est un ouvrage extrêmement court. Il est composé d’environ 5000 caractères chinois répartis en 81 courts chapitres. Le style est poétique, elliptique, souvent paradoxal et mystérieux. C’est un livre qui ne s’adresse pas à la logique pure uniquement à l’intuition.

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