Là où le Cœur retrouve son Rythme
J’avoue que le titre qui me titillait était « L’Art de Ralentir ». Comme j’avais déjà commencé certains titres par « L’Art », je me suis dit que ceci ferait un peu trop d’art dans l’écriture.
Peut-être que cette hésitation autour du mot « Art » n’était pas un hasard. Car derrière l’idée de ralentir se cache une question plus profonde : « Pourquoi courons-nous autant ? Qu’est-ce qui nous pousse à chercher sans cesse ailleurs ce qui pourrait déjà être présent en nous ? ».
J’ai déjà souvent entendu, lu, que ce que je cherchais n’était peut-être pas aussi loin que ce que je l’imaginais. Je sais que beaucoup d’Êtres passent une grande partie de leur Existence à courir. Courir pour la reconnaissance, courir après la réussite, courir après l’argent, courir après le temps, courir, toujours courir. Et il y a une étrange course qui est de courir après l’Amour. Courir pour tenter de le mériter. Courir pour le provoquer. Courir pour le conserver. Courir pour le protéger. Ils le cherchent dans le regard des autres comme si l’Amour était un trésor caché, enfoui, à l’extérieur d’eux-mêmes.
Puis, parfois, ils découvrent que l’Amour était déjà là, présent comme le soleil derrière les nuages. Le soleil n’avait jamais disparu. Seules les couches de pensées, de peurs, de blessures, d’abandons, d’attentes empêchaient sa Lumière d’être pleinement ressentie. Et quand cette acceptation apparaît, il est facile de se dire : « Pourquoi ne l’ai-je pas vu plus tôt ? Pourquoi cela m’a-t-il semblé si compliqué ? Tout était déjà là ! ».
C’est un peu comme regarder une montagne depuis son sommet. Une fois arrivé en haut, le sentier paraît évident. Je distingue les virages, les passages, les détours, les pentes, les roches, les cailloux, la végétation. Pourtant, lorsque j’étais encore dans la forêt, entouré d’arbres et de brume, le chemin semblait parfois invisible.
L’Esprit HUmain aime les conclusions simples après les grandes traversées, les grandes tempêtes. Pourtant, ce qui paraît évident aujourd’hui ne l’était pas nécessairement hier. Pourquoi regarder avec les yeux d’aujourd’hui ce qui s’est passé hier ?
J’imagine un voyageur assis dans un train lancé à pleine vitesse. Le paysage défile si rapidement qu’il ne distingue plus les détails. Il aperçoit seulement des formes floues. Si quelqu’un lui disait : « Regarde la beauté des fleurs au bord des rails », il répondrait probablement qu’il ne voit rien. Non parce que les fleurs sont absentes, simplement parce que la vitesse les rend invisibles à notre perception.
Eh bien, la Vie ressemble souvent à ce train. Je passe d’une obligation à une autre. D’une information à une autre. D’un besoin à un autre. D’un désir à un autre. D’une inquiétude à la suivante. D’une peur à la prochaine. Je crois manquer d’Amour alors que je manque, parfois, simplement d’Espace Intérieur pour le ressentir.
L’Amour Divin, la Paix Profonde, la Présence, ne crient jamais. Elles murmurent. Or le murmure ne peut être entendu dans une gare où mille locomotives sifflent en même temps. Voilà pourquoi ralentir est un Acte Spirituel.
Ralentir ne signifie pas devenir passif. Ralentir ne signifie pas abandonner ses projets, fuir le monde, vivre comme un·e ermite. Ralentir signifie retrouver une vitesse adaptée avec ma Conscience.
Un jardinier ne tire pas sur les fleurs pour accélérer leur croissance. Il prépare la terre, il sème, il arrose, il attend. Il sait que certains processus ne répondent pas à la précipitation uniquement à la Présence. De la même manière, l’Âme ne s’ouvre pas sous la contrainte. Elle s’ouvre dans l’Espace.
Ralentir dans ma voix. Observer le nombre de mots qui ne sont prononcés que pour remplir un vide. Découvrir que certaines vérités ont davantage de force lorsqu’elles sont déposées doucement.
Ralentir dans mes pensées. Ne pas suivre chaque inquiétude comme un chien qui court derrière chaque voiture qui passe. Regarder les pensées défiler sans leur confier immédiatement les commandes de ma Vie.
Ralentir dans mes peurs aussi. Une peur pressée devient une panique. Une peur observée devient souvent une simple information qui traverse le ciel intérieur avant de disparaître.
J’imagine un lac agité par le vent. Lorsque sa surface est troublée, il ne reflète ni les montagnes ni les étoiles. Pourtant lorsque le vent s’apaise, tout devient visible. Le ciel n’a pas changé. Les étoiles n’ont pas changé. Seule l’agitation s’est retirée. Ainsi en est-il de l’Être HUmain.
L’Amour n’a pas besoin d’être fabriqué. Il n’a pas besoin d’être conquis. Bien souvent, il a simplement besoin d’être révélé. Et cette Révélation ne demande pas de la vitesse, de la précipitation, de l’urgence. Elle demande davantage de Présence.
Dans un monde qui pousse sans cesse à aller plus vite, ralentir devient une forme de Sagesse. Dans un monde qui valorise l’agitation, ralentir devient courage. Dans un monde qui promet le bonheur dans la prochaine nouveauté, ralentir devient une manière de découvrir que ce que je cherchais était déjà là. Comme une source cachée sous les feuilles mortes, l’Amour continue de couler sous le tumulte des journées.
Et chaque fois que je ralentis suffisamment pour l’entendre, je découvre qu’IL ne nous a jamais quittés. C’est simplement moi qui étais passé trop vite devant sa porte.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Tony Patterson & Doug Melbourne – 2024 – We’ve Been Expecting You)

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