Le Feu Sacré

Au commencement … Non, je ne vais pas « refaire » un énième texte sur « Au commencement était le Verbe » 1️⃣, ne serait-ce pas trop simple ?

Par contre, au commencement était la lumière, ça me paraît « bien ». Pourquoi ? Parce qu’au commencement, la lumière passe, souvent, inaperçue. Elle ne fait pas de bruit. Elle ne cherche pas à séduire. Elle ne rivalise pas avec les éclats du monde. Autour d’elle, tout semble pourtant plus visible. Les vitrines brillent, les apparences scintillent, les succès s’exposent comme des feux d’artifice dans la nuit. L’œil est naturellement attiré par ce qui éclate. Mais le feu d’artifice, aussi magnifique soit-il, ne dure qu’un instant. Ainsi, j’ai parlé de la lumière en tant que phénomène physique et non de la Lumière en tant qu’Entité Spirituelle.

Ainsi le présent texte va parler aussi bien de la Lumière que du Feu Sacré qui l’anime. D’où l’image illustrant le présent texte. Qui plus est, qui dit Feu, dit Flamme. Qui dit Flamme, dit Lumière. La boucle est bouclée.

Il existe en moi, en chacun·e de nous, une Flamme discrète et, pourtant, bien Présente. Une Flamme qui ne dépend ni de la reconnaissance, ni de la richesse, ni du regard des autres. Tant que la vie offre de la distraction avec ses mille couleurs, elle est à peine remarquée. Pourtant, lorsque surviennent les saisons de fatigue, lorsque des semaines de tristesse se présentent, lorsque les certitudes s’effritent, lorsque les masques tombent, que les lumières artificielles s’éteignent une à une, apparaît cette Lueur. Elle ressemble à ces braises du petit matin dans le foyer presque éteint. Elles semblent si fragiles, et, en même temps, il suffit d’un souffle pour accepter qu’elles portent, encore, toute la puissance du Feu.

Peu importe le nom donné à cette Lumière que ce soit Conscience Supérieure, Conscience Divine, l’Âme, Vérité, Présence, Conscience, Amour. Peu importe le mot. Elle est cette part de Moi qui refuse de mourir lorsque tout le reste s’effondre. Elle est semblable à une source souterraine continuant de couler sous les terres arides. Même lorsque le désert paraît avoir tout absorbé, l’eau poursuit son chemin invisible.

J’ai rencontré des Êtres porteurs de cette Flamme, de ce Feu Sacré. Ils ne sont pas toujours celles et ceux qui occupent le devant de la scène. Souvent même, ils traversent le monde avec une Simplicité déconcertante. Ce peut être une femme qui continue d’offrir un sourire malgré ses épreuves. Un homme qui reste honnête alors que le mensonge lui apporterait davantage d’avantages. Une personne âgée dont le regard conserve une douceur intacte après une vie de combats. Quelque chose émane d’elles et d’eux. Une Paix. Une Présence. Une Lumière qui ne cherche pas à convaincre, simplement qui éclaire de manière naturelle, sans chichis, sans décorum.

J’ai lu récemment une phrase extraite d’un sermon de Maître Echkart 2️⃣ : « L’œil par lequel je vois Dieu est le même œil par lequel Dieu me voit ». Comme à mon habitude, j’ai vérifié. La phrase complète, venant du sermon n°32, est :  » L’œil par lequel je vois Dieu est le même œil par lequel Dieu me voit. Mon œil et l’œil de Dieu, c’est un œil, une vision, une connaissance, un amour ». Ainsi, ces phrases me disent que la Véritable Lumière n’est pas quelque chose que je possède. Elle est quelque chose que je laisse passer à travers Moi 3️⃣. Une fenêtre ne produit pas le soleil, et, pourtant, elle permet à sa clarté d’entrer dans une pièce.

La force de cette Lumière n’est pas de vaincre. Le monde admire souvent ce qui conquiert, domine, triomphe. Pourtant la Lumière Authentique agit autrement. Elle révèle. Elle permet de voir. Elle permet d’Aimer. Une lampe n’écrase pas l’obscurité, elle l’éclaire. Un arbre ne lutte pas contre l’hiver, il demeure enraciné jusqu’au retour du printemps. La vérité profonde de l’Être HUmain ressemble davantage à la croissance silencieuse d’une forêt qu’au fracas d’une bataille 4️⃣.

C’est pourquoi les Êtres qui ont cette Lumière, ce Feu Sacré, sont si précieux. Ils ne brûlent pas comme un incendie qui consume. Ils brûlent comme une veilleuse dans un sanctuaire, comme une étoile traversant les siècles, comme une braise refusant de s’éteindre malgré le vent. Leur Feu est nourri par la fidélité à ce qu’ils savent Être Juste. Ils ne sont pas parfaits. Parfois, ils trébuchent, ils tombent, ils doutent souvent. En même temps, ils ne trahissent pas la Lumière qu’ils portent.

Leur secret réside, peut-être, dans la Simplicité. Ils préfèrent l’Être au paraître, l’Authenticité au rôle, la Présence à la performance. Ils savent que la Vie Spirituelle n’est pas une Ascension vers quelque chose d’extraordinaire. Elle est un retour vers ce qui était déjà là, au plus profond de Chacun·e, attendant simplement d’être reconnu.

Alors, lorsque le monde paraît s’assombrir, lorsque les repères vacillent, que les fausses lumières perdent leur éclat, je ne cherche pas les projecteurs. Je cherche les braises. Je cherche ces regards où demeure encore une étincelle de bonté. Je cherche ces Cœurs qui continuent d’aimer sans calcul. Je cherche ces Âmes qui vibrent encore lorsque tant d’autres se sont endormies.

Car ce sont Elles qui rappellent que la Lumière Véritable, le Feu Sacré, n’est pas fait pour être admiré. Il est fait pour éclairer le Chemin.

Ainsi, Celles et Ceux qui brûlent d’Amour, de Vérité, de Présence ne disparaissent jamais tout à fait. Leur Feu Sacré continue de voyager de Cœur en Cœur, de Regard en Regard, longtemps après leur passage, comme une braise portée par le vent de l’Esprit 5️⃣.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Lesfm – 2023 – Herbarium)

1️⃣ :  voir notamment les textes « Malbolge », « La Conscience de Dieu » et « Boycott … » ;

2️⃣ : Eckhart von Hochheim, dit Maître Eckhart, né vers 1260 à Hochheim dans le landgraviat de Thuringe et mort le 28 janvier 1328, probablement à Avignon (États pontificaux), est un théologien et philosophe allemand, principal représentant du courant spirituel catholique qu’on a appelé la mystique rhénane (Merci Wikipedia) ;

3️⃣ : voir les textes « Pouvoirs » et « Oppenheimer » pour « Seigneur, pose ton regard sur cet homme, pose ton regard sur cette femme. Seigneur, montre Ta Présence, montre Ta Puissance et puisse cette Puissance transformer cet être » ;

4️⃣ : voir le texte « Écoute la Forêt Qui Pousse ! » pour le proverbe africain : « Quand un arbre tombe, on l’entend. Quand la forêt pousse, pas un bruit » ;

5️⃣ : voir le texte « L’Immortalité Symbolique ».

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