Le « Paradoxe » de la Gratitude

J’ai souvent entendu, j’entends souvent, j’ai souvent utilisé le mot « Gratitude ». Souvent, c’est pour exprimer une reconnaissance, un bienfait, un service, un remerciement envers quelqu’un. Ce « quelqu’un » qui est, souvent, si pas toujours, mis toujours à l’extérieur de Soi. Comme si ce « quelqu’un » était toujours un·e Autre.

Pourtant, sans égocentrisme, Il y aussi de la gratitude à avoir envers moi-même, en moi-même. Ma gratitude, c’est me remercier pour qui Je Suis, pour ce que Je Fais, ce que Je Donne, ce que J’Accepte envers moi-même. Non pas en tant qu’ego, uniquement en tant qu’Âme incarnée. Gratitude ma Conscience Supérieur, mon Âme, mon Être de Lumière, ma Flamme Intérieure pour tout ce que J’ai choisi de Vivre.

Cette petite introduction, que j’ai légèrement modifié, je l’ai écrite, il y a plus de quatre ans et je ne l’avais jamais publiée. C’est dit, c’est écrit.

En même temps, pourquoi ai-je intitulé ce texte « Le Paradoxe de la Gratitude » ?

En premier, je me suis dit que ce serait intéressant d’aller chercher du côté de l’étymologie du mot « Gratitude ». Il trouve ses racines dans le latin « gratia » qui évoque, à la fois, la grâce et la reconnaissance. Tant que j’y suis, je vais aller faire un tour dans les racines grecques. En grec ancien, le mot « charis » désigne la grâce et la reconnaissance. Il est lié au verbe « khaírō » signifiant « se réjouir » 1️⃣. J’apprécie cette liaison, ce lien, cette connexion, entre « Gratitude » et « Joie ». Car, pour moi, la « Gratitude » me met en Joie.

J’entends « Tout ceci est bien intéressant. Qu’en est-il du prétendu ‘Paradoxe’ ? ». J’y viens.

La Gratitude ne consiste pas à dire, à reconnaître, que Tout est Parfait. Elle naît, souvent, au Cœur même de ce que je n’aurais jamais choisi consciemment. C’est un peu comme une fleur poussant dans une fissure d’un mur. Elle ne nie pas l’existence du substrat, de la brique, de la pierre, elle révèle simplement qu’une Vie plus grande continue malgré elle, plutôt autour d’elle.

Pendant longtemps, très longtemps, trop longtemps peut-être, j’ai cru que la Gratitude était une sorte de récompense, une médaille déposée sur un costume, un trophée placé sur un meuble. Je pensais qu’il fallait d’abord obtenir ce que je désirais pour ensuite remercier. Avec le temps, je sais que l’Existence « fonctionne » autrement. Souvent, c’est lorsque je remercie pour ce qui est déjà là, mon regard change et j’aperçois une richesse, une simplicité, que je ne voyais plus. J’étais comme un voyageur qui cherche un trésor au bout du chemin avant de découvrir qu’il marchait depuis le début sur une terre fertile.

Ainsi, le paradoxe de la gratitude est qu’elle ne transforme pas forcément les circonstances, elle transforme celle ou celui qui les traverse. Une fenêtre ne change pas le paysage, elle permet simplement de le voir autrement. Lorsque la pluie tombe, elle demeure la pluie. Pourtant, le jardinier y voit l’eau qui nourrira ses graines alors que le passant n’y voit qu’un ciel assombri. Les deux regardent la même réalité, pourtant leur regard n’habite pas le même monde.

Il existe également un autre paradoxe. La gratitude grandit lorsque je cesse de vouloir tout posséder. Plus je serre le sable dans ma main, plus il s’échappe entre mes doigts. Plus j’accepte que la Vie soit impulsion, élan, mouvement, passage, transformation, plus je peux apprécier ce qu’elle me confie aujourd’hui. Le coucher du soleil est magnifique précisément parce qu’il ne demeure pas. La fleur touche le cœur parce qu’elle est éphémère. Le rire d’un enfant résonne avec autant de force parce qu’il ne peut être emprisonné.

Parfois, la gratitude apparaît même dans les « difficultés » de la Vie. Non pas parce que la souffrance, la douleur, serait souhaitable, simplement parce qu’elle révèle des ressources intérieures que le confort laissait endormies. Le vent violent ne crée pas les racines profondes de l’arbre, il révèle simplement leur Présence. De la même manière, certaines tempêtes m’ont montré des forces, des élans de solidarité, des capacités d’Aimer, des pardons accordés, que je n’aurais jamais découverts sous un ciel constamment serein.

La Gratitude ressemble alors à une lampe allumée dans une pièce obscure 2️⃣. Elle ne supprime pas instantanément toutes les ombres, simplement elle empêche l’obscurité de devenir toute l’histoire. Elle me rappelle que même lorsque quelque chose manque beaucoup demeure. Que même lorsqu’une porte se ferme, il existe encore un horizon. Que même lorsque le cœur est blessé, il continue de battre.

En fait, le plus grand paradoxe est peut-être celui-ci : « La gratitude ne me demande pas de remercier pour Tout. Elle demande de découvrir qu’il y a toujours quelque chose pour lequel remercier. Un regard bienveillant. Une main tendue. Une rencontre. Une connexion. Un rayon de Lumière sur un mur. Une goutte de pluie sur la vitre. Une surprise dans un détour inattendu. Un nouveau matin. Un nouveau réveil. Une Présence qui accompagne mes pas. »

Ainsi, toujours avec le temps, j’ai accepté que la Gratitude prend souvent des formes discrètes. Elle n’est pas l’art de fermer les yeux sur ce qui manque. Elle est l’Art d’ouvrir les yeux sur ce qui est déjà là. Et lorsque je la laisse habiter mon Cœur, je découvre que la Vie n’est pas devenue plus parfaite. Elle est simplement devenue plus Vivante, plus Présente, plus Lumineuse. Elle est comme un ciel qui laisse passer la Lumière, peu importe les évènements.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Ayreon – 2026 – 30th Anniversary An Amazing Flight Through Time)

1️⃣ : source : «  https://le-fil-rouge-des-emotions.com/la-gratitude/ » ;

2️⃣ : Je constate, depuis plusieurs mois, que j’allume beaucoup de Lumière.

Publié par

Categories: ,

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Ma Spiritualité

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture