L’Illusion de sa Présence
Parfois, je souris quand je constate comment les écritures s’enchaînent. D’un côté, il y a une sorte de fil conducteur qui me semble « cohérent » et, de l’autre, il y a un autre fil conducteur qui me semble « incohérent ». J’ai souvent parlé de la Présence, ce maître-mot que j’avais choisi pour débuter l’année 2026. Et voilà, qu’à un peu plus de mi-parcours, c’est comme s’il y avait une volteface en parlant de l’illusion de sa Présence. Oui, j’ai bien écrit « l’illusion de sa Présence » et non « l’illusion de la Présence ».
Alors, est-ce si « incohérent » puisque chacun·e vit dans son illusion ? « Dans son illusion ? ». Oui, oui, dans son illusion. Même si le monde semble identique pour tous les Êtres sur cette planète, Chacun·e vit dans sa propre illusion. Illusion par soi-même pour soi-même. Ce qui est « cohérent » pour moi peut être « incohérent » pour quelqu’un d’autre.
Ceci va, probablement, en troubler certain·e·s car il existe une énorme différence entre traverser la nuit et marcher vers une lumière qui n’existe pas. Quoi ? « Une lumière qui n’existe pas ! Michaël, que se passe-t-il ? ». Il se passe que je me questionne. Je suis, parfois, comme un enfant qui a besoin de (res)sentir, de vivre, d’être. Ici, je parle de l’Amour.
Ne pas être aimé fait parfois mal. Comme un arbre qui découvre qu’un sol est trop pauvre pour lui. Comme une fleur qui s’ouvre au printemps et ne reçoit pas la pluie qu’elle espérait. Il y a une peine, une déception, un vide à accueillir. Pourtant, dans cette absence, quelque chose demeure clair. La réalité de chacun·e est ce qu’elle est. Le ciel ne promet pas de nuages qu’il ne porte pas. La rivière ne prétend pas couler là où son lit est asséché.
Alors il y a comme une blessure. C’est celle qui naît lorsque il ou elle me laisse croire à une présence qui n’est pas là, à une chaleur qui n’habite pas vraiment le foyer, à une promesse qui ne vit que dans les mots. Ce n’est plus seulement le manque d’Amour qui fait souffrir. C’est l’illusion de sa Présence.
J’imagine un voyageur perdu dans le désert. Il peut accepter l’aridité du paysage s’il sait qu’il marche dans le désert. Il économisera ses forces, regardera l’horizon avec lucidité et cherchera une véritable oasis. Comme le dit l’expression : « Qui veut aller loin, ménage sa monture ! » 1️⃣. Cependant, s’il poursuit un mirage en croyant qu’il s’agit d’une source réelle, il offrira son énergie, son temps, son espérance à une eau qui n’existe pas. La souffrance ne vient alors pas seulement de la soif, elle vient de la confiance déposée dans une illusion.
Beaucoup de blessures du Cœur ressemblent à cela. Je n’ai pas pleuré uniquement pour ce qui m’a manqué ou qui semblait me manquer. J’ai pleuré, parfois, les jardins que j’avais arrosé pendant des années avant de découvrir qu’ils étaient peints sur un mur. J’ai pleuré, parfois, les portes que je pensais ouvertes et qui n’étaient qu’un décor. J’ai pleuré le temps passé à écouter un écho en croyant entendre une voix.
Pourtant, ma Vie possède une sagesse étrange, tellement étrange, presque magique. Tôt ou tard, elle retire les masques. Non pour me punir, simplement pour me rendre à ma Vérité. Car ma Vérité, même lorsqu’elle semble rude, est toujours plus douce que l’illusion prolongée. Une nuit authentique prépare l’aube. Un faux lever de soleil ne fait qu’allonger l’obscurité.
L’Amour Véritable n’a pas besoin de grands discours pour exister. Il ressemble à une lampe placée près d’une fenêtre. Elle n’a pas besoin de convaincre qu’elle éclaire. Sa lumière suffit. De même, une affection sincère ne cherche pas à maintenir quelqu’un dans l’incertitude. Elle se manifeste naturellement par une cohérence entre les paroles et les Actes, entre les promesses et la Présence, entre le regard et le Cœur.
Peut-être qu’au fond, l’Être ne craint pas tant l’absence d’Amour que la confusion entre le vrai et le faux. Car l’absence peut être reconnue, traversée et guérie. L’illusion, elle, emprunte le visage de ce que je désire le plus et m’invite à bâtir ma Maison sur des marécages.
Alors vient un moment où j’ai cessé de me demander : « M’a-t-on aimé ? » et où j’ai commencé à demander : « Qu’est-ce qui était Vrai, Sincère ? ». Cette question m’a ouvert une Porte Intérieure. Elle me ramène vers un espace plus vaste que mes attentes, mes désirs, mes besoins, mes peurs. Un espace où la dignité ne dépend plus de l’Amour reçu, plutôt de la capacité à demeurer fidèle à ce qui est Réel pour moi dans mon Monde Intérieur.
Car un Cœur éveillé préfère une vérité qui blesse un instant à une illusion qui consume des années. Et lorsqu’il choisit enfin la clarté, il découvre que ce qu’il cherchait chez les autres existait déjà, comme une source cachée sous la Terre. La capacité d’aimer sans se trahir, d’espérer sans s’aveugler et de reconnaître que la Lumière Authentique n’a jamais besoin de se déguiser pour être Lumière.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Mantra Machine – 2026 – Echoes Forest)
1️⃣ : La forme exacte de cette citation sous forme d’alexandrin provient du dramaturge français Jean Racine. Il l’a écrite dans sa célèbre comédie Les Plaideurs en 1668, où un personnage conseille son maître en ces termes : « Qui veut voyager loin ménage sa monture ; buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure. » (source « https://www.historia.fr/societe-religions/proverbes-expressions/quelle-est-lorigine-prestigieuse-de-lexpression-qui-veut-voyager-loin-menage-sa-monture-2113770 »).

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