Offrir un peu du Ciel à quelqu’un
Récemment, j’ai lu ceci : « Quel est le plus beau cadeau qu’on puisse offrir ? Faire sentir à quelqu’un qu’il n’est pas seul ». J’avais déjà lu « Le plus beau cadeau que vous puissiez faire à quelqu’un, c’est votre temps. Parce que vous lui offrez une partie de votre vie qui ne vous reviendra jamais ». Cette citation est souvent attribuée à Khahlil Gibran bien que, dans son œuvre, elle n’y apparaisse pas.
Par contre, la citation que j’ai utilisée en premier est souvent attribuée à l’abbé et écrivain français Christian Bobin. Elle se retrouverait dans son ouvrage « La plus que vive » publié en 1996. C’est un livre bouleversant, lumineux, écrit après la disparition brutale de son amie très chère, Ghislaine.
Que nenni ! Ce n’est pas de Christian Bobin. Elle est tirée des dialogues de la bande dessinée « Le Combat ordinaire (Tome 1) », écrite et dessinée par Manu Larcenet, publiée en 2003. Dans cette œuvre magnifique, très introspective, qui aborde la dépression, le deuil, la reconstruction de soi, le personnage principal, Marco, traverse une crise existentielle profonde.
Ainsi, le plus beau cadeau qu’un Être puisse offrir ne se dépose pas dans les mains, n’a pas besoin d’emballages, de décorum. Il ne s’enferme dans une boîte, dans un écrin. Il se glisse dans l’espace invisible entre deux Présences. Là où les mots deviennent presque inutiles. C’est un regard qui ne fuit pas. Une écoute qui ne cherche pas à corriger. Une manière d’être là, simplement, comme un arbre demeure au bord du chemin sans demander à être remarqué.
Faire (res)sentir à quelqu’un qu’il n’est pas seul, c’est comme allumer une Lumière dans une maison où toutes les fenêtres semblaient closes. La maison n’est pas changée, les murs ne sont pas déplacés, les portes sont toujours au même endroit, pourtant, quelque chose respire à l’intérieur. Et celle/celui qui croyait habiter l’ombre découvre qu’il y avait déjà une pièce ouverte, quelque part, vers le monde.
C’est aussi la main posée sur une épaule au moment précis où le Cœur hésite à tomber. Non pas pour retenir la chute, uniquement pour rappeler qu’il existe une terre sous les pas, même quand elle n’est plus (res)sentie. Comme un phare qui ne retire pas la tempête, et, en même temps, qui rend possible la traversée.
Parfois, ce cadeau prend la forme d’une Présence silencieuse. Deux personnes assises dans une chambre d’hôpital, dans une maison de repos ou, simplement, deux personnes assises sous la pluie, sans chercher à (s’en)fuir. L’une ne dit rien, l’autre non plus, et, pourtant, quelque chose se passe, se dévoile, se dénoue. Car la solitude la plus lourde n’est pas celle d’être seul·e, c’est celle de se croire invisible au regard du monde.
C’est ainsi que les Âmes se rejoignent sans bruit, comme deux rivières souterraines qui finissent par reconnaître qu’elles avancent dans la même direction. Elles ne fusionnent pas forcément, elles se comprennent. Et dans cette reconnaissance, une chaleur discrète naît, presque imperceptible, discrètement suffisante pour continuer.
Offrir cela, ce n’est pas résoudre la nuit de l’Autre. C’est lui rappeler que même la nuit a des étoiles, même si elles sont cachées derrière les nuages. Et parfois, il suffit d’un seul souffle partagé pour que le Ciel recommence à exister.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : O – 2025 – L’Âme Idéale (Bande originale du film))

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