La Bonne Pioche
Si je m’en réfère aux dictionnaires, la bonne pioche serait une chose avantageuse obtenue par chance ou par un choix judicieux. Bon d’accord ! C’est aussi l’idée que je m’en faisais.
Après quelques recherches, je découvre que la source la plus solide rattache l’expression au vocabulaire des jeux de cartes et de dominos, à partir de la fin du XIXᵉ siècle. Dans ces jeux, on tire des cartes ou des tuiles dans un tas appelé la pioche (attesté dès 1867). Ainsi, quand un joueur tire un élément qui l’aide à gagner, on dit qu’il a fait une bonne pioche 1️⃣.
Pourtant, en poursuivant les recherches, il existe une autre source qui fait remonter l’expression au domaine des mines où la pioche est un outil essentiel. Une bonne pioche désignait alors un outil efficace ou un coup de chance permettant de découvrir un bon filon. Bien que cette origine soit moins répandue dans les dictionnaires classiques, elle est attestée dans certains travaux étymologiques modernes 2️⃣.
Et bien moi dans ce présent texte, c’est bien l’outil, la pioche qui m’intéresse. Parler de cet outil dans un texte spirituel, en voilà une drôle d’idée, n’est-il pas ? Moi, j’apprécie ce décalage, cette perspective qui permet à celle ou celui qui lit un texte d’être un peu « déconcerté ». Je ne dirai pas que ceci crée une page blanche et, en même temps, ceci permet d’ouvrir une porte vers un nouvel espace, un nouveau monde de découverte. Ainsi, je vous emmène avec moi.
C’est un peu comme dans le jeu Minecraft 3️⃣. Ce jeu repose sur un concept central de liberté totale dans un monde où tout est fait de blocs que le joueur peut casser, transformer et réassembler pour vivre, survivre, explorer ou créer. Dis comme ça, c’est un peu bizarre. Ainsi, je vais le « reformuler » de manière plus spirituelle.
Dans le jeu 4️⃣, chaque monde naît d’une graine minuscule. Ainsi en est‑il de mon Être. Une étincelle suffit pour que l’infini prenne forme. J’avance dans un univers fait d’énergies, de vibrations, de Lumières. Ces vibrations (par simplicité) sont les pensées, les gestes, les choix que je pose, la Vie que j’ai choisi de Vivre. Je peux les briser, les transformer, les replacer autrement. Rien n’est figé. Tout peut être (re)construit.
Dans la Vie, la nuit tombe parfois et les ombres se lèvent. Elles ne sont pas là pour me vaincre, uniquement pour m’apprendre à allumer ma propre Lumière. Chaque acte que je pose est un Acte de Conscience. Et lorsque je creuse profondément, je découvre que les cavernes les plus sombres cachent souvent les minerais les plus précieux. Ce que je trouve dans les profondeurs est toujours le reflet de ce que je suis prêt à rencontrer. Créer, explorer, vivre, survivre, transformer, ce n’est pas un jeu en tant que tel, c’est une manière d’habiter mon Monde Intérieur. Un rappel que je suis le bâtisseur de mon Propre Royaume.
Comme dans le jeu, il y a des moments dans ma Vie où j’ai cru avoir perdu le Chemin. Alors qu’en réalité, il ne me restait qu’un dernier mur à traverser, une dernière paroi à percer. J’étais comme un mineur avançant dans les profondeurs de la terre, couvert de poussière, les mains fatiguées, le souffle court. Pendant longtemps, j’ai creusé dans l’obscurité. Avant moi, d’autres ont ouvert des passages. D’autres ont tenu la lampe quand je ne voyais plus rien. Certains ont quitté le tunnel. D’autres marchent encore derrière moi dans le silence des galeries.
Et pourtant dans ma Vie, il est arrivé un instant étrange. Il ne me restait presque plus rien à faire. Un seul mètre. Un tout petit mètre. Une seule paroi entre l’ombre et la Lumière. Une aide s’est présentée. Une pioche parfaite. Un outil juste. Une connaissance. Une méthode. Une parole lumineuse. Peut-être même une évidence spirituelle capable de briser la dernière roche. Mais à quoi sert l’outil lorsque les bras n’ont plus la force de le soulever ?
C’est là que beaucoup se jugent injustement. Ils pensent manquer de volonté, manquer de Foi, manquer de discipline. Pourtant, le problème n’est pas toujours l’absence de Lumière. Le problème est parfois l’épuisement de l’Être. Même la plus belle clé ne peut ouvrir une porte dans les mains de quelqu’un qui n’a plus la force de tendre le bras.
Alors la sagesse ne consiste pas toujours à avancer davantage. Parfois, la sagesse consiste à s’arrêter un instant dans la mine. À s’asseoir contre la pierre froide. À respirer. À boire un peu d’eau intérieure. À laisser le cœur retrouver son rythme naturel.
Un arbre ne donne pas de fruits en hiver. Non parce qu’il a oublié comment faire, simplement parce qu’il est en train de refaire circuler sa sève en silence. De la même manière, certains passages de la Vie ne sont pas des « retards » spirituels. Ce sont des saisons de recharge.
Le monde moderne pousse souvent les Êtres à chercher sans cesse de nouvelles techniques, de nouveaux enseignements, de nouveaux outils sacrés, comme si « l’éveil » dépendait d’une méthode encore inconnue. Pourtant, l’Âme sait déjà. Elle connaît déjà la direction. Elle possède déjà la pioche. Elle a déjà la bonne pioche.
Ce qui manque, ce n’est pas la connaissance. C’est l’Énergie Vivante. Voilà pourquoi la nature est si importante. Une pierre chauffée par le soleil depuis des siècles porte une stabilité que l’esprit humain a oubliée. Les arbres enseignent l’enracinement sans prononcer un seul mot. Les animaux rappellent la présence pure, sans masque ni conflit intérieur. Une nourriture consciente peut devenir une lumière lente déposée dans les cellules du corps. Tout dans la Création cherche à nourrir lorsque j’accepte de ralentir suffisamment pour recevoir. Même le silence nourrit.
Et lorsque l’énergie revient, quelque chose de simple se produit. Ce qui semblait impossible redevient naturel. La pioche paraît soudain légère. Le dernier mètre n’est plus une montagne. La roche cède presque d’elle-même.
Alors Chacun·e comprend que la Lumière n’était pas loin. En fait, Elle a toujours été là. J’étais simplement trop épuisé pour avancer vers elle, pour la ressentir derrière ce rocher, ce mur, cette paroi. Il ne faut donc pas toujours chercher davantage. Parfois, il suffit seulement de redevenir Vivant Intérieurement. Car un Être rempli d’Énergie Consciente reconnaît immédiatement les outils que la Vie lui tend depuis toujours.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Violin Sky – 2025 – Elysian Horizons)
1️⃣ : voir « https://www.expressio.fr/expressions/une-bonne-pioche » ;
2️⃣ : voir « https://www.questce.fr/expressions/une-bonne-pioche-17 » ;
3️⃣ : Minecraft plonge le joueur dans un monde créé de manière procédurale, composé de voxels (voir ci-après) représentant différents matériaux (terre, pierre, eau, fer, charbon, etc.). Le monde est formé de diverses structures (arbres, cavernes, montagnes, villages, etc.) et est peuplé par des animaux (vaches, moutons, etc.) ainsi que des monstres (zombies, araignées, squelettes, etc.). Le joueur peut modifier son monde à volonté, soit dans le but de survivre, soit pour créer. Le voxel, mot-valise créé en contractant « volume » et « pixel » (contraction de « picture » et « element »), est à la 3D ce que le pixel est à la 2D (Merci Wikipedia) ;
4️⃣ : Je rappelle ce que Judicaël disait : « La Vie est un Jeu …. sans Enjeux. Le Jeu de la Vie n’est point le Jeu de la Dualité. Le Jeu de la Vie c’est le Jeu de la Complémentarité et de l’Unité ».

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