Arc-en-Ciel
Je m’émerveille, comme un enfant, depuis toujours devant un arc-en-ciel, encore plus si je le vois dans son entièreté. C’est magnifique presque magique de constater que de simples gouttelettes d’eau en suspension dans l’air puisse offrir un tel enchantement. Une légende dit qu’il y a un trésor aux pieds de l’arc-en-ciel et que ce trésor ne peut être découvert que par un Être HUmain au Cœur Pur !
Je sais que c’est la « décomposition » de la lumière blanche du soleil à travers les gouttelettes, agissant comme un prisme 1️⃣, qui donne les sept couleurs : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet. En fait, ce n’est pas tout à fait vrai.
En réalité, l’arc-en-ciel comporte une infinité de nuances. C’est un véritable dégradé continu de couleurs, impossible à distinguer à l’œil nu. En préparant cette introduction, j’ai trouvé que c’était Sir Isaac Newton 2️⃣ qui a simplement choisi de diviser ce spectre en sept parties pour des raisons pratiques et musicales 3️⃣. Il faut également savoir que l’ordre des couleurs, lui, ne change jamais. Du rouge à l’extérieur au violet à l’intérieur. C’est toujours le même schéma. En fait, c’est une histoire de longueur d’onde allant de la plus grande (le rouge à l’extérieur) à la plus petite (le violet à l’intérieur). Personne n’a jamais vu un arc-en-ciel inversé.
Dans certaines régions du monde, l’arc‑en‑ciel ne se déploie pas en sept couleurs éclatantes. Il apparaît plus discret voire plus secret. Parfois trois teintes seulement, parfois deux. Et, pour certains peuples, il n’est qu’un souffle pâle dans le ciel, une présence presque incolore qui est plus devinée que vue. Étonnant, n’est‑il pas, qu’un même phénomène puisse naître si différemment dans les yeux des humains ? En fait, pas si étonnant que çà.
Le monde n’est vu que comme une perception 4️⃣. La terre, les histoires, les traditions, les habitudes, la langue, tout ceci colore le regard avant même que la Lumière ne le fasse. Ainsi, dans certaines langues, le bleu n’existe pas. Le ciel et l’herbe partagent alors le même mot. C’est un peu comme si le monde refusait de se découper en frontières trop nettes. Les couleurs ne sont pas seulement dans la Lumière. Elles sont aussi dans la manière dont chacun·e a appris à nommer ce qui les entourait.
J’imagine un enfant qui ouvre sa boîte de peinture pour recréer l’arc-en-ciel. Il a cette croyance que les couleurs qu’il va mélanger lui donnera de la couleur blanche. Pour lui, c’est naturel. Si la lumière blanche donne les couleurs de l’arc-en-ciel, s’il mélange ces mêmes couleurs, il va recréer la lumière blanche. Alors il mélange le rouge à l’orange, puis il ajoute dans l’ordre le jaune, il mélange, il ajoute le vert, il mélange et ainsi de suite pour le bleu, l’indigo et le violet. Son enthousiasme fait de lui, celui qui veut contenir tout le ciel dans le creux de sa main.
Pourtant, peu à peu, il se rencontre que sa palette de couleur se trouble. Les couleurs perdent leur chant singulier. Elles se chargent les unes des autres jusqu’à devenir une matière dense, ténébreuse, noirâtre. C’est le noir qui apparaît et non le blanc. Il se dit, peut-être, qu’il aurait du faire un autre mélange. Alors, au lieu d’en prendre une et d’ajouter une par une puis mélanger, il décide de prendre une touche de chaque couleur, de les déposer une à une l’une sur l’autre et tout mélanger. Une sorte de mélange global. Et le même résultat se présente, toujours le noir. En fait, peu importe la « méthode », c’est toujours le noir qui apparaît.
Il en est de même s’il utilise des filtres colorés et qu’il fait passer une lumière à travers ces filtres, ce sera toujours du noir. Pourtant, si j’ai sept lumières correspondant aux couleurs de l’arc-en-ciel et que je les projette en un même point, j’ai du blanc et non du noir. C’est comme si toutes les couleurs, unies sans se posséder, révélaient une clarté plus vaste qu’elles-mêmes.
À ce stade de l’écriture, un peu de science pour éclairer toute cette introduction. Une peinture colorée n’émet pas de lumière. Elle absorbe une partie du spectre lumineux et ne renvoie que ce qu’elle n’a pas absorbé. Ainsi, pour simplifier, en utilisant trois couleurs : la peinture rouge absorbe le vert et le bleu, la peinture bleue absorbe le rouge et le vert, la peinture verte absorbe le rouge et le bleu. On parle de synthèse soustractive car il y absorption.
Par contre, une lumière colorée émet une longueur d’onde précise. Ainsi, si je reprends les trois couleurs de l’exemple précédent en tant que lumière : le rouge et le vert donne du jaune, le rouge et le bleu donne du magenta, le vert et le bleu donne du cyan, le rouge et le vert et le bleu donne, roulement de tambour, du blanc. Dans ce cas, on parle de synthèse additive car il y a addition.
Pourquoi cette longue introduction pour un texte qui parle de Spiritualité ?
La question qui peut être posée est : « Comment la totalité peut-elle produire l’obscurité dans un monde et la lumière dans un autre ? ». Car c’est bien de ceci dont je veux parler.
Il existe des Êtres qui vivent comme des pigments. Ils absorbent tout. Les blessures, les peurs, les désirs, les identités, les mémoires, les colères, que sais-je d’autres ? Chaque rencontre devient possession. Chaque expérience laisse un dépôt, une trace, une empreinte. À force de vouloir tout retenir, ils s’épaississent intérieurement. Leur cœur devient lourd comme une toile saturée de peinture. Et, de cette accumulation, naît parfois une nuit intérieure. Ce n’est pas une punition. C’est, d’une certaine façon, la conséquence naturelle d’une Conscience qui ne laisse plus passer la Lumière.
À l’inverse, d’autres vivent comme des rayons. Ils traversent sans capturer. Ils accueillent sans enfermer. Ils savent que l’Amour, ce n’est pas posséder la couleur de l’autre. L’Amour, c’est laisser sa Propre Lumière s’unir avec la sienne. Ceux-là peuvent rencontrer mille différences sans perdre leur clarté. Ils ne cherchent pas à absorber le monde, ils cherchent à le révéler.
Pour autant, le noir n’est pas le « mal », même si beaucoup lui attribue cette « caractéristique ». Il est la matrice, le mystère, le ventre fertile où tout retourne lorsqu’il a trop voulu être séparé. Dans la noirceur de la terre, la graine se défait de son enveloppe avant de germer. Dans le ciel nocturne, les étoiles deviennent visibles. Le noir est l’espace où les formes cessent de se battre pour redevenir Silence.
Le blanc, lui, n’est pas l’effacement des différences. Il est leur réconciliation. C’est une infinité de couleurs vivant ensemble sans conflit. La Lumière blanche contient l’arc-en-ciel entier. Aucune couleur n’y réclame le trône.
Alors que cela est à l’image de la dualité ?
Oui ! Oui car la Création semble aimer les miroirs. Le dedans et le dehors. La matière et la lumière. La forme et l’informe. Le visible et l’invisible. Absorber et rayonner. Posséder et traverser. La Vie se révèle souvent par des opposés qui se répondent comme les deux battements d’un même Cœur. Contractions et Relâchements.
Pourtant, ce n’est pas seulement la dualité.
C’est aussi la complémentarité. Le noir donne une profondeur à la Lumière. La Lumière révèle la profondeur du noir. Sans la nuit, l’aube serait invisible. Sans le silence, la musique ne serait qu’un bruit continu. Même dans l’Être HUmain, il existe une part « pigment » et une part « lumière ». Une part qui retient et une autre qui rayonne.
Plus profondément encore, c’est l’UNité. Car le noir absolu et le blanc absolu naissent du même geste. Tout rassembler. Quand l’enfant, dont je parlais en introduction du présent texte, mélange ses pots de peinture, quand il mélange les lumières colorées, il ne faut que rassembler, il ne retire rien.
Lorsque la matière rassemble toutes les couleurs, elle devient noire.
Lorsque la Lumière rassemble toutes les couleurs, elle devient blanche.
C’est un peu comme si l’UNivers murmurait : « Selon la manière dont TU unis les choses, TU créeras soit l’opacité, soit la transparence ». Ainsi, certaines unions étouffent. D’autres révèlent. Certaines veulent posséder toutes les couleurs pour elles-mêmes. D’autres les laissent exister ensemble dans une harmonie plus grande.
Peut-être qu’une certaine sagesse spirituelle consiste à apprendre à devenir Lumière plutôt que possession. Ne plus accumuler les Êtres, les amours, les savoirs, les expériences comme des couches de peinture sur l’ego, plutôt devenir assez transparent pour que Tout puisse circuler à travers Soi.
Alors l’Être HUmain cesse d’être une surface couverte de couleurs mortes. Il devient Prisme. Et, à travers lui, l’UNité recommence à se disperser en arc-en-ciel pour éclairer le Monde.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Violin Sky – 2026 – Violin Dreams, Vol. 4)
1️⃣ : voir la célèbre pochette de l’album « The Dark Side of the Moon » de Pink Floyd ;
2️⃣ : En optique, il a développé une théorie de la couleur fondée sur l’observation selon laquelle un prisme décompose la lumière blanche en un spectre visible ;
3️⃣ : Tout comme il y a sept notes dans une gamme musicale, ainsi, selon lui, il doit y avoir sept couleurs dans le spectre des couleurs ;
4️⃣ : voir le texte « Perspectives ».

Laisser un commentaire