Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes
Cette phrase, cette citation est souvent attribuée à Nicolas Machiavel 1️⃣. Pourtant, d’après mes recherches, elle ne se trouve dans aucun de ses textes. C’est donc plus une citation apocryphe reflétant sa « pensée ».
Par contre, dans mes recherches, j’ai trouvé cette phrase issue du livre « Le Prince » 2️⃣ paru en 1513 : « Il est plus sûr d’être craint que d’être aimé ». Ce n’est pas tout à fait la même chose, même s’il y a une notion de craintes donc de peurs.
Ainsi, en partant de cette citation dans « Le Prince », la peur est un levier plus constant, plus fort, plus puissant que l’amour. En effet, la peur peut être entretenue, dirigée, contrôlée. C’est dans la nature humaine d’avoir des mécanismes de domination. Domination religieuse, politique, relationnelle, parentale, sociétale, que sais-je d’autres ?
Alors, oui, je sais que j’écris souvent que l’AMOUR est la réponse, que l’AMOUR est la clé, que l’AMOUR est Source de toute chose. Je le sais aussi bien intellectuellement que spirituellement. Je le sais dans mon Temple Intérieur. En même temps, la nature humaine est ainsi faite. L’ego est puissant chez certain·e·s, il domine l’Être. L’ego apprécie faire peur, ceci lui donne un sentiment de toute puissance.
J’imagine, un instant, un enfant qui hésite à lever la main en classe lorsque le professeur pose une question. Je prends l’hypothèse que cet enfant n’a pas la réponse à la question posée. Si cet enfant est dans l’Amour de lui-même, il ne lèvera pas la main et se respectera, il n’est pas dans le paraître, il n’est pas dans la peur. En même temps, s’il est dans la peur, dans la peur des autres, dans la peur du regard des autres, il pourrait lever la main et faire croire qu’il connaît la réponse. Alors, dans ce cas, la peur devient une sorte de marionnettiste silencieux tirant les fils de ses gestes, de ses silences, de ses choix.
Métaphoriquement, la peur agit comme un brouillard matinal. Comme le brouillard, elle ne change pas le paysage. Le paysage même caché à la vue est toujours présent. Ainsi, comme le brouillard, elle ne fait qu’en déformer la perception. Ainsi, une simple réunion au travail peut devenir une montagne à gravir. Un message non répondu devient une source d’angoisse. Un regard neutre devient une menace imaginaire. Un sourire en coin devient un danger potentiel. Celle ou Celui qui comprend ce brouillard, surtout celle ou celui qui sait l’épaissir ou le dissiper, détient un pouvoir subtil s’il en est. Car ce n’est pas un pouvoir visible, c’est un pouvoir agissant dans l’intériorité des personnes.
J’image un instant une personne qui a peur d’être abandonnée, qui a peur d’être rejetée, qui a peur de ne pas être à la hauteur. Si une autre personne joue sur ces peurs, elle n’a pas besoin d’imposer quoi que ce soit directement. Elle suggère, elle insinue, elle laisse l’autre combler les silences avec ses propres inquiétudes. Et, peu à peu, sans chaînes, sans attaches, sans boulets, sans murs ni prisons, une forme de dépendance se crée. La peur devient alors une cage sans barreaux.
Existe-t-il un renversement, un retournement possible, quelque chose de presque spirituel comme une Prise de Conscience ? Si la peur peut être un instrument de contrôle, elle peut aussi devenir un point de réveil. Comme lorsque je réalise soudain que ce qui me retenait, me bloquait, m’empêchait d’avancer, n’était pas une réalité. Ce n’était alors qu’une projection mentale. C’est un peu comme entrer dans une pièce sombre et découvrir, en allumant la lumière, que les formes inquiétantes n’étaient que des objets ordinaires 3️⃣. La maîtrise change alors de camp.
Celle ou Celui qui observe ses propres peurs, qui les nomme, qui les accepte, reprend, peu à peu, possession d’elle-même, de lui-même. La peur n’est pas supprimée pour autant car elle fait partie de la condition humaine. En même temps, chacun·e peut cesser de lui obéir aveuglément. Et, à cet instant précis, la citation apocryphe de Nicolas Machiavel révèle son envers. Si quelqu’un peut devenir maître des âmes en contrôlant la peur alors chacun·e peut redevenir maître de la sienne en cessant de lui être soumis.
Ainsi, dans le tumulte du quotidien, dans un silence gênant, une décision repoussée, un regard évité, se joue quelque chose de profondément Spirituel. La question n’est pas seulement qui contrôle la peur. La question est qui choisit de ne plus s’y abandonner. Et, dans ce choix intérieur, naît une forme de Liberté que nul pouvoir extérieur ne peut totalement saisir.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Le Silence)
1️⃣ : Théoricien de la politique, de l’histoire et de la guerre, mais aussi poète et dramaturge, il a été pendant quatorze ans fonctionnaire de la république de Florence pour laquelle il a effectué plusieurs missions diplomatiques, notamment auprès de la papauté et de la cour de France. Durant toutes ces années, il observe de près la mécanique du pouvoir et le jeu des ambitions concurrentes. Machiavel est à ce titre, avec Thucydide, l’un des fondateurs du courant réaliste en politique internationale. Deux livres majeurs ont surtout assuré sa célébrité : Le Prince et Discours sur la première décade de Tite-Live (Merci Wikipedia) ;
2️⃣ : Le Prince, traduction française de l’ouvrage Il Principe ou De Principatibus est un traité politique écrit au début du XVIe siècle par Nicolas Machiavel, homme politique et écrivain florentin, qui montre comment devenir prince et le rester, analysant des exemples de l’histoire antique et de l’histoire italienne de l’époque. Parce que l’ouvrage ne donnait pas de conseils moraux au prince comme les traités classiques adressés à des rois, et qu’au contraire il conseillait dans certains cas des actions contraires aux bonnes mœurs, il a été souvent accusé d’immoralisme, donnant lieu à l’épithète machiavélique. Cependant, l’ouvrage a connu une grande postérité et a été loué et analysé par de nombreux penseurs (Merci Wikipedia).
3️⃣ : voir le texte « La caverne de l’ignorance » parlant, entre autres, de la Caverne de Platon.

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