Bénédictions

Avec le temps, je me suis reconnu comme un enfant de la Lumière, un enfant de l’AMOUR. Bien que ce phrasé puisse paraître étrange, je me salue moi-même dans ce que JE SUIS profondément.

Comme beaucoup de personnes, j’ai traversé, à certains moments de ma Vie, des paysages intérieurs difficiles. C’est comme si j’avais marché dans une vallée sombre où chacun de mes pas demandait un effort. Pourtant, c’est précisément là que quelque chose en moi a accepté de s’élever. Je sais que toutes les expériences que j’ai vécues ne sont pas une fin en soi, elles sont uniquement un passage. À leur rythme, elles se sont invitées pour me guider à grandir vers la Lumière.

Aussi avec le temps, je me suis rendu compte que mes croyances étaient comme des lunettes. Je les avais portées si longtemps que j’avais oublié qu’elles existaient. Les croyances colorent le monde, elles donnent forme à ce que je vois, à ce que j’attends, à ce que j’espère. Si je crois que la vie est dure, je reconnais partout des preuves de cette dureté. Si je crois que tout est possible, je commence à entrevoir des chemins là où je ne voyais que des murs. Mes croyances sont des histoires, soit que m’ont été induites, soit que je me raconte, et qui sont répétées jusqu’à devenir familières, jusqu’à sembler vraies.

Ainsi se pose la question que je me suis souvent posée : « Est-ce que la FOI est aussi une croyance ? ». Dit d’une autre façon, ai-je la FOI parce ce que je crois. Et quand j’écris « crois », je peux le voir comme le verbe « croire » ou le verbe « croître ». Et quand je crois, n’est-ce pas une histoire que je me raconte.

Car, pour moi, la FOI ne ressemble pas à une histoire. Elle ressemble à un silence plein. Un silence plein, c’est un peu comme si les mots s’effaçaient parce qu’ils ne sont plus nécessaires, pas parce qu’il n’y a rien, mais parce qu’il y a déjà « Tout ». La FOI est comme cette certitude étrange que j’éprouve, parfois, sans pouvoir l’expliquer. Elle est comme lorsque je sais, au fond de Moi, que tout ira bien, même si rien ne semble le confirmer. La FOI ne cherche pas de preuves, elle ne négocie pas avec le Temps. Elle est immédiate comme un battement de cœur. Personne ne demande à son cœur de battre, il bat tout simplement. Elle ne dit pas « Je verrai pour croire ». Elle murmure « Je sais déjà ».

Quand je fais un acte de FOI, ce n’est pas moi qui « force » le monde à changer. C’est plutôt comme si je m’alignais avec un courant invisible, comme un nageur qui cesse de lutter contre la rivière et se laisse porter par elle. Et, dans cet abandon, quelque chose se réorganise. Les choses trouvent leur place. Ce que je portais comme un fardeau devient plus léger, comme si je ne le portais plus seul·e.

Ainsi, j’ai appris à déposer. Déposer mes inquiétudes, mes douleurs, mes incompréhensions, comme on dépose un sac trop lourd au bord du chemin. Je ne les rejette plus, je les offre. Et, dans ce geste, il y a une transformation subtile. Ce que j’abandonne ne disparaît pas toujours immédiatement. Il cesse de m’écraser. Il entre dans un espace plus vaste où il peut être éclairé, apaisé, transformé.

J’ai compris, peu à peu, que la FOI n’est pas tournée vers quelque chose d’extérieur, lointain, inaccessible. Elle est une ouverture intérieure. Une reconnaissance. La FOI est comme si une porte existait déjà en moi et que je n’avais qu’à cesser de la garder fermée. Ce que j’appelais « Dieu » (peu importe le nom) n’est pas seulement au-dessus de moi, il respire en Moi, il agit à travers Moi, il vit dans chacun de mes gestes lorsque je suis aligné avec l’AMOUR.

Dire « Je crois en moi » ressemble à un bilan, à une somme de preuves accumulées. Dire « J’ai FOI en moi » est tout autre chose. C’est me tendre la main même lorsque je doute. C’est continuer à avancer même lorsque je ne comprends pas. C’est me faire confiance au-delà de mes résultats, au-delà de mes réussites, au-delà de mes échecs.

J’ai découvert aussi que la FOI grandit à mesure que j’apprenais à AIMER. Aimer ce qui est là Ici et Maintenant. Pas seulement ce qui est beau, facile, attirant. AIMER aussi ce qui résiste, ce qui dérange, ce qui fait peur. Aimer l’instant présent 1️⃣ comme j’accueille un invité imprévu. Car cet instant est le seul endroit où la Vie se crée réellement. Ni hier, qui n’est plus, ni demain, qui n’est pas encore. Juste maintenant, cet Espace Vivant où tout prend Forme.

Lorsque je pose la main sur un objet, je ne doute pas de son existence. Je ne me demande pas s’il est réel. Je le sais. Cette évidence tranquille, cette certitude sans effort, c’est cela que la FOI cherche à réveiller en moi à un niveau plus profond encore. Une évidence de la Présence, une évidence du Lien, une évidence de l’UNité.

Alors j’ai laissé tomber, peu à peu, l’idée d’un monde hostile, d’une force, d’une ombre qui voudrait me punir. Ce que je découvre est bien plus simple et, en même temps, plus « exigeant » aussi. C’est une Présence patiente en attente d’être accueillie. Elle ne force rien. Elle ne s’impose pas. Elle frappe doucement, encore et encore, jusqu’à ce que j’ouvre.

Et quand j’ouvre, même un peu, je sais déjà que je ne suis plus seul·e. Quelque chose marche avec Moi, respire avec Moi, agit avec Moi. Je ne suis plus seulement celui qui avance, je deviens aussi le passage à travers lequel la Vie circule 2️⃣.

Je me rappelle alors que la force que je cherche est déjà là. Que la paix que j’attends existe déjà en germe en moi. Et que la FOI n’est pas quelque chose que je dois construire de toutes pièces. Elle est quelque chose que je reconnais, que je laisse émerger, comme une Source qui n’a jamais cessé de couler.

Je suis cet Espace où la Lumière entre.
Je suis ce Cœur où l’AMOUR grandit.
Je suis ce Chemin où la Paix s’installe.

Et, pas à pas, dans cette Présence retrouvée, je me bénis moi-même dans la Lumière, dans l’AMOUR et dans la Paix.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Dominic Sanderson – 2023 – Impermanence)

1️⃣ : Judicaël disait : « Vois-tu l’instant présent est sans cesse présent. Peu importe ce qui se passe dans ton présent qui, lui, change sans arrêt car tout est mouvement …/… Vois-tu l’instant présent que tu cherches à vivre à toujours été là, seul toi a été persuadé que tu n’étais pas dans l’instant présent …/… L’instant présent est que tout est parfait, tout est juste …/… Unis-toi à l’instant présent qui a toujours été présent » ;

2️⃣ : voir le texte « C’est ma Prière ».

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