Pomalo
Un bien étrange titre pour le présent texte : « Pomalo ». À ne pas confondre avec le fruit « Pomelo » qui est le croisement entre un pamplemousse asiatique et une orange douce. Quoique, en termes de fruits, ce texte, sans mauvais jeux de mots, portera, peut-être, ses fruits. Qui sait ?
Dans le tumulte d’un monde qui court sans cesse après le temps, qui hurle avec les loups, qui gronde avec les guerres, il arrive un moment où l’Être, silencieusement, demande autre chose. Non pas davantage, simplement moins. Moins de bruit, moins de vacarmes, mois de cris, moins d’urgence, moins de dispersion. Comme si une voix douce murmurait que la véritable richesse ne se trouve pas dans l’accumulation, simplement dans ce que l’on ressent pleinement.
Ralentir devient alors un acte presque sacré. Un Retour à l’Essentiel. Certain·e·s y parviennent en façonnant la matière de leurs mains, dans la patience d’un geste répété, d’autres en laissant les couleurs se déposer lentement sur une toile, d’autres en écrivant des mots qui se (re)lient, d’autres encore en marchant longtemps, très longtemps, jusqu’à ce que le Corps s’accorde au rythme de leur Monde Intérieur. Chaque pas, chaque souffle devient une Prière adressée à l’Instant Présent.
C’est dans cet esprit que vient, de Croatie, le Pomalo. C’est une invitation à habiter le temps plutôt qu’à le fuir. Ce n’est pas seulement ralentir, c’est consentir à être là, pleinement, totalement, intégralement. Sentir l’air entrer et sortir de ses poumons, écouter une conversation sans vouloir la hâter, savourer un café comme s’il contenait toute la journée, marcher sans but dans une forêt. Le luxe n’est plus dans l’excès, simplement dans la Présence. Être ici, maintenant, sans chercher à être ailleurs, sans penser à être ailleurs.
C’est une forme de Confiance en Soi. La vie n’a pas besoin d’être accélérée pour être vécue intensément. Au contraire, c’est en lui laissant de l’espace qu’elle révèle ses nuances les plus fines. Dans un rayon de soleil sur la peau, dans un rire partagé, dans le silence qui n’a plus besoin d’être comblé.
C’est aussi une forme de paix qui murmure qu’il y a une justesse entre trop et pas assez. Un point d’harmonie où le désir cesse de tirer et où le besoin trouve sa place. Rien n’est à rejeter. Tout est à ajuster.
Ceci libère d’un poids invisible qui est celui de la comparaison. Comme les arbres qui fleurissent chacun à leur rythme, je n’ai pas à me mesurer aux autres pour Exister. Il y a une dignité profonde à suivre son propre tempo, à éclore, à fleurir, quand le moment est venu, ni avant, ni après.
Et puis, parfois, il y a ce presque rien qui devient Tout qui se présente. S’autoriser à ne rien faire, à laisser l’esprit dériver sans objectif, sans performance. Dans ce vide apparent, quelque chose se répare. Le mental relâche son emprise. L’Être retrouve un espace de respiration. Ce n’est pas une perte de temps, c’est un Retour à Soi.
L’instant présent est un refuge toujours accessible, pour peu que l’on accepte de s’y arrêter. Et que, dans cet arrêt, loin d’être une pause inutile, se cache une Reconnexion Essentielle.
Alors, doucement, presque imperceptiblement, on apprend à vivre autrement. À marcher sans se presser, à écouter sans interrompre, à Être sans chercher à devenir autre chose. Et dans cette simplicité retrouvée, quelque chose s’apaise. Comme si, enfin, je cessais de courir après la Vie pour commencer à la rencontrer.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Le Silence)

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