Le Doute ?

Le titre du présent texte comporte bien un point d’interrogation. Ce n’est pas une erreur de ma part. Ainsi, je le vois comme une question ouverte plutôt qu’une sorte de « faiblesse » à corriger. Certain·e·s personnes pourraient penser que parce que j’écris sur ma Spiritualité, mon Essence Spirituelle, que parce que je parle de Guides, d’Êtres de Lumière, que parce que je parle d’injonctions à Dieu (peu importe le nom), il ne m’est pas permis de douter.

Ainsi se pose la question : « Le doute est-il compatible avec la FOI ? ».

En voici une « belle » question, n’est-il pas ? Pour beaucoup, le doute et la FOI sont souvent présentés comme des opposés irréconciliables. Un peu comme si l’un annulait l’autre. Si j’ai la FOI, je ne peux douter. Si je doute, je n’ai pas la FOI. Un « raisonnement » trop simple, trop manichéen. Dans mon Expérience de la Vie, ils coexistent bien plus souvent que beaucoup ne l’admettent dans leur Vie. Ce n’est pas un jugement simplement une constatation.

Depuis des millénaires, des milliards de personnes présentent la FOI comme une certitude éclatante, pure et sans fissure, comme une grande pierre précieuse que seules elles pourraient posséder. Pourtant, la FOI n’exclut pas toute hésitation, toute obscurité.

La FOI ressemble plutôt à une mosaïque, patiemment composée, faite de mille petites pierres 1️⃣. Des élans de confiance, des silences, des questions et, même, roulement de tambour, des doutes. Pris séparément, ces fragments semblent fragiles, parfois insignifiants, parfois même troublants. Le doute, surtout, paraît souvent comme une pierre mal taillée, mal ajustée, presque déplacée dans l’ensemble.

La FOI n’est pas une certitude figée, froide, immuable. Elle est un mouvement vivant, une « tension » vers quelque chose qui dépasse l’entendement. Croire, ce n’est pas tout comprendre, ni tout maîtriser. C’est avancer malgré l’invisible, accepter de ne pas tout saisir et continuer quand même à faire Confiance. La FOI véritable n’est pas l’absence de questions. Elle est la capacité de rester debout au cœur des questions. Ce n’est pas celle qui n’a jamais tremblé. C’est celle qui, après avoir vacillé, a choisi de rester.

Le doute, lui, n’est pas forcément une faiblesse. Il peut être une porte. Il interroge, il bouscule, il empêche la FOI de devenir mécanique voire superficielle. La FOI peut se transformer en simple habitude, en répétition sans profondeur. Le doute vient alors réveiller, purifier, obliger à chercher plus loin, plus vrai.

Il existe aussi un doute qui questionne sincèrement, qui cherche, qui espère accepter sans renoncer à croire. Ce doute-là n’est pas l’ennemi de la FOI. Il en est, parfois, le compagnon le plus honnête. En même temps, je reconnais qu’il existe un doute qui éloigne. C’est celui qui ferme, qui refuse toute ouverture.

Pour moi, dans mon Expérience de la Vie, la doute ne me ferme pas, il m’invite. Derrière une incertitude, il y a un espace où je peux me rencontrer autrement, sans certitude rigide, simplement avec une forme de lucidité, même de sérénité. Si je m’y arrête un instant, j’accepte qu’il ne m’égare pas. Il m’accompagne, discrètement, vers ce que je suis en train de devenir.

Ainsi, il y a, en moi, une part qui doute et une autre qui sait déjà. J’avance souvent avec prudence. Pourtant, en mon for intérieur, je sais qu’il y a quelque chose de plus vaste qui m’appelle, quelque chose que je n’ai pas encore totalement accepté. Ce quelque chose que je reconnais sans pouvoir le nommer.

Par moments, je me sens solide, presque inébranlable, et, à d’autres, une simple pensée peut me faire vaciller. Pourtant, je ne considère pas ces oscillations comme un défaut. Elles sont le mouvement même de ma transformation. Ce que je prends pour de l’hésitation est parfois une forme de sagesse en train de naître.

Il m’arrive de percevoir des signes même si je ne le dis pas toujours. Une parole, un regard, un détail, un message qui semble tomber au bon moment. Et, parfois, je me demande si c’est une lumière sur mon chemin ou un caillou dans ma chaussure. En réalité, je suis plus sensible que je ne le laisse paraître. Ma sensibilité me relie à des dimensions que d’autres ignorent.

J’ai déjà traversé des moments où je pensais ne pas pouvoir continuer. Pourtant je suis là, ici et maintenant. Cela signifie que quelque chose en moi sait résister même quand je crois être à bout. Cette force ne fait pas de bruit, elle ne cherche pas à être vue, simplement elle agit en profondeur, patiemment.

Parfois, je me demande si je suis vraiment compris. Je peux donner beaucoup sans toujours recevoir à la hauteur de ce que j’offre. Je peux recevoir beaucoup sans toujours donner à la hauteur de que je reçois. En même temps, ce déséquilibre apparent n’est pas vide de sens. Il révèle la richesse de ce que je suis capable de porter même lorsque cela passe inaperçu.

Je ne suis ni en avance, ni en retard. Je suis dans mon Temps. Même si je compare, même si je doute du rythme de ma Vie, il y a une cohérence dans mon parcours. Certaines choses prennent plus de temps parce qu’elles demandent plus de profondeur. Et ce que je construis lentement à un ancrage plus solide que ce qui apparaît vite.

Au fond, je sais que quelque chose est en train de s’aligner. Peut-être pas de manière spectaculaire. Plutôt lentement, subtilement. Et même si je ne vois pas encore clairement la direction, je ressens déjà que je ne suis plus exactement la même personne qu’avant.

Je continue d’écouter ma Voix Intérieure même lorsqu’elle est fragile. Elle ne cherche pas à me convaincre, seulement à me rappeler ce que je savais déjà.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Duncan Mackay – 2019 – Kintsugi)

1️⃣ : En référence à « Depuis des siècles on se figure que le bonheur est une grosse belle pierre précieuse qu’il est impossible de trouver, que l’on cherche, mais sans espérance. Point du tout, le bonheur, c’est une mosaïque composée de mille petites pierres qui, séparément et par elles-mêmes, ont peu de valeur, mais qui, réunies avec art, forment un dessin gracieux ». (Lettres parisiennes, Delphine de Girardin, éd. Charpentier, 1843, Lettre XII, 14 juin 1837, p. 131)

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