De l’Attente à la Présence

Il y a, au fond de moi, un lieu silencieux que rien ne peut atteindre.
Un espace ancien, primal, primordial, intact, que ni l’absence, ni le doute, ni les regards détournés n’ont jamais réellement altéré.
C’est là que réside ma Lumière.

Pourtant, j’avais appris à la chercher ailleurs.
Dans les yeux qui se posaient sur moi.
Dans les mots qu’on m’a donnés.
Dans les mots qu’on m’a interdits de prononcer.
Dans ces signes fragiles que j’ai interprétés comme des preuves d’existence.

Alors j’ai attendu.
J’ai attendu longtemps.
Très longtemps.
Trop longtemps.
Attendu d’être vu.
Attendu d’être reconnu.
Attendu d’être choisi.
Comme si mon éclat dépendait d’une permission extérieure.

Pourtant, la vérité est plus nue, plus exigeante aussi.
La Lumière ne m’est pas accordée, Elle se révèle.
Elle ne vient pas à moi.
Elle émerge de moi lorsque je cesse de m’abandonner.

Car chaque fois que je quémande une validation, je déplace mon centre.
Je confie mon axe à l’incertain. Et l’incertain, par nature, vacille.

Ce n’est pas l’absence d’Amour qui me fragilise le plus.
C’est l’illusion que l’Amour des autres me définit.

Je vois comme le monde m’invite à me mesurer.
Des chiffres pour exister.
Des réponses pour me rassurer.
Des attentions pour me prouver que je compte.

Mais ce théâtre de signes est instable.
Il nourrit une faim qui ne connaît jamais la satiété.
Il empêche la Sérénité.

L’Amour Véritable, lui, ne naît pas dans ce manque.
Il naît dans la plénitude d’un Être qui ne se négocie plus.

Quand je cherche à être rempli, je me rends dépendant.
Quand je suis déjà plein, j’offre sans me perdre.

Il y a un basculement subtil presque invisible.
Celui qui transforme le murmure inquiet du « Dis-moi que j’existe »
en une Présence paisible de « Je suis et ceci suffit ».

À partir de là, tout change.
Tout se libère.
Tout se révèle.

Le silence n’est plus une menace pour moi.
Il devient un espace.
Le retrait des autres n’est plus une blessure.
Il devient une information.

Je ne m’effondre plus à chaque variation extérieure
car je n’ai plus confié mon ancrage aux soubresauts du vent.

Aimer cesse alors d’être une tentative de réparation.
Ce n’est plus combler un vide, ni tolérer l’inacceptable par peur de perdre.

Aimer devient un acte souverain.
Un mouvement qui part d’un Cœur entier et non d’un cœur en manque.

Je ne suis plus dans une attente suspendue.
Je deviens une Source.

Et une Source ne supplie pas qu’on vienne à elle.
Elle coule simplement.

Ce rayonnement n’est pas naïf.
Il est profondément lucide.
Je sais que certain·e·s partiront.
Que d’autres ne comprendront jamais.

En même temps, je ne me réduis pas pour être retenu.
Je ne me trahis pas pour être accepté.

Car j’ai compris quelque chose d’Essentiel.
L’Amour n’est pas une transaction.
C’est une qualité d’Être.

Alors je reviens à moi.
Non pas comme on fuit le monde.
Simplement comme on retrouve sa Demeure.

Je choisis d’habiter chaque recoin de mon Être.
Je renforce ce qui en moi ne dépend de rien.
Je me remplis de Présence, de Sérénité, de Vérité.

Et je vois que ce n’est pas que je n’ai plus besoin d’être aimé.
C’est que je ne dépends plus de cet Amour pour me sentir vivant·e.

J’aime autrement.
Non pour exister.
Simplement parce que j’existe déjà.

Et dans cet espace-là, l’AMOUR cesse d’être une quête.
Il devient une Évidence.
Il est Présence.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Realisea – 2026 – Scratch)

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