Burn-out

Récemment une connaissance m’a informé qu’elle sortait d’un burn-out de 3 mois.

J’ai fait quelques recherches et la première, quand j’entends parler de maladie, c’est d’aller lire ce que Jacques Martel en dit dans son livre « Le Grand Dictionnaire des Malaises et des Maladies ». Voici les première lignes concernant le burn-out.

Le burnout se manifeste généralement après l’abandon d’une lutte où j’aurais voulu exprimer un certain idéal mais sans succès. Le temps et les énergies consacrés à vouloir réaliser cet idéal sont tellement importants que je « brûle la chandelle par les deux bouts ». Je m’épuise et me rends malade. C’est un vide intérieur profond parce que je refuse une situation dans laquelle je veux voir un changement vrai, concret et durable, que ce soit au travail, dans ma famille soit dans mon couple.

Bien évidemment, je n’ai pas à savoir ce qu’a vécu cette connaissance. Ceci lui appartient et je la respecte. J’ai été plus loin dans mes recherches et voici ce qu’un célèbre « ami » en dit en synthèse.

Le terme « burn-out » (littéralement « brûlé de l’intérieur » ou « consumé ») a été popularisé au début des années 1970, notamment par le psychanalyste Herbert Freudenberger, pour décrire l’épuisement physique et mental des soignants et bénévoles confrontés à une charge de travail excessive. Il métaphorise l’usure, comme un circuit électrique ou une bougie qui se consume.

Le verbe « to burn out » signifie littéralement « griller » (un circuit électrique, une prise), « brûler » ou encore « s’user », « s’épuiser » en raison de demandes excessives d’énergie, de force ou de ressources. À l’origine, « burn-out » est un terme de l’industrie aérospatiale. Il désigne une fusée qui décolle, dont le carburant vient à s’épuiser avec comme conséquence la surchauffe du moteur et le risque d’explosion de l’engin.

Pour reprendre l’image de la chandelle, de la bougie, c’est comme si cette bougie brûlait trop longtemps. Au début, la flamme éclaire, réchauffe, donne du sens. Je travaille. J’ai des responsabilités. J’aide. Je console. Je veux bien faire. Puis, lentement, la cire diminue. Oh, bien sûr, je ne le remarque pas tout de suite. Je continue d’éclairer les autres et, en même temps, j’oublie de regarder « combien » il reste de Lumière en Moi. Non, pas qu’il y ait un quota de Lumière défini, simplement qu’à force de trop donner, je me suis oublié moi-même.

Cet oubli de soi-même se retrouve dans le quotidien de la vie. Ceci commence par des choses très simples. Le matin, le réveil sonne et le corps se lève et, en même temps, l’Âme reste un peu allongée. Les gestes deviennent mécaniques presque robotiques comme la préparation du café, la lecture et la réponse à des messages, même l’échange dans le couple : « Tu as bien dormi ? », « Oui ! Et toi ? », « Moi aussi ».

En fait, c’est d’une certaine façon remplir des « obligations ». Ces « obligations » ne sont pas nécessairement des impositions de l’extérieur, c’est quelque chose d’intérieur à trop vouloir bien faire. Tout fonctionne encore, comme une horloge, une machine bien réglée et, en même temps, quelque chose à l’intérieur se dérègle, se fatigue. C’est un peu comme une batterie de téléphone qu’on recharge chaque nuit mais qui, avec le temps, ne tient plus toute la journée.

Je sais que le burn-out dit « psychologique » est souvent décrit comme un épuisement du mental, une mise en berne des émotions. En même temps, il arrive qu’un autre niveau soit touché, plus silencieux, plus profond, c’est celui du Sens. En fait, de la perte de Sens. Quand ce qui me portait, autrefois, commence à sonner creux, vide, faux. Quand les « raisons » qui me faisaient avancer semblent soudain trop fragiles pour soutenir mon poids intérieur.

Cet autre niveau de lecture du burn-out, c’est le burn-out spirituel. C’est évident que j’allais venir sur ce sujet.

Le burn-out spirituel ne signifie pas forcément perdre son idéal, ses convictions, sa Foi. Il ressemble plutôt à un jardin qui a été trop cultivé sans être laissé en repos. Pendant longtemps, j’ai semé, arrosé, travaillé ma terre. J’ai voulu que tout pousse vite, que tout soit fertile. Et un jour, ma terre est devenue dure. Elle ne refuse pas la vie. Elle réclame du Silence, de l’Équilibre, un retour à l’Essentiel.

Tant que je suis dans les images, les métaphores, ce serait celle d’un musicien. Tant qu’il joue avec inspiration, la musique circule. S’il joue sans pause, concert après concert, répétition après répétition, ses doigts continuent de bouger alors que sa musique intérieure se tait. Le geste reste. La vibration disparaît.

Ainsi, le burn-out spirituel peut survenir quand je suis dans le trop. Donner trop de mon temps. Donner trop d’attention. Avoir trop de responsabilités. Avoir trop de compassion. Avoir trop d’empathie. Trop vouloir faire à la place de, au lieu de faire avec.

Pourtant, paradoxalement, ce trop, cet épuisement peut aussi être un (r)appel. Dans la nature, l’hiver n’est pas la mort de la forêt. C’est la saison où la sève descend dans les racines. Les arbres semblent nus et, pourtant, ils préparent une autre forme de Vie.

En fait, le burn-out peut être ce moment où la Vie m’oblige à (re)descendre vers mes racines. Là où je ne produis plus. Là où je n’impressionne plus. Là où je ne prouve plus rien. Là où j’apprends simplement à respirer à nouveau.

Je peux commencer par marcher sans but précis, boire un café en regardant le soleil se lever, dire non à certaines demandes, accepter de ne pas être « utile » pendant un moment, redécouvrir les bienfaits du Silence. En fait, c’est (ré)apprendre à (re)devenir un Être Humain avant de (re)devenir une fonction.

Car l’Âme, c’est comme un feu de cheminée. Elle ne demande pas seulement du bois. Elle demande aussi de l’Air. Trop de bois étouffe sa Flamme. Trop de devoirs, trop de responsabilités, trop d’exigences peuvent finir par étouffer le Sens même de ce que je faisais par Amour.

La Vie me murmure que ma Valeur ne vient pas uniquement de ce que je fais. La Vie c’est aussi ce QUE JE SUIS quand je cesse de faire. Dans ce silence forcé par les circonstances de la Vie, une nouvelle Flamme apparaît. Plus petite. Plus tranquille. Plus vraie. Comme une bougie que je protège enfin du Vent.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Le Silence)

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