Même Si …

Aimer la Vie lorsqu’elle offre ce que j’espère ressemble souvent à une évidence. Le Cœur s’ouvre, sans effort, comme une fenêtre que je pousse un matin de printemps pour ressentir la fraîcheur. Pourtant, la Conscience grandit véritablement lorsque la Vie ne correspond plus à mes attentes, lorsqu’elle me présente des détours inattendus, des retards incompréhensibles, des silences que j’aurais, parfois, préféré ne jamais rencontrer. Même si je sais que tout est Expérience.

À l’écriture du présent texte me vient cette question qui peut paraître existentielle : « Suis-je capable d’aimer, ce qui est, avant même qu’il ne devienne ce que je voudrais qu’il soit ? ». Une question intéressante, n’est-il pas ? Vous avez deux heures.

La plupart d’entre nous aiment les chapitres lumineux de leur histoire. Nous aimons les récoltes abondantes, les rencontres heureuses, les portes qui s’ouvrent au bon moment. Pourtant, la Sagesse ne naît pas uniquement dans les saisons de l’abondance. Elle se révèle aussi dans ces périodes où rien ne semble fleurir à la surface alors qu’en profondeur quelque chose se prépare.

Parfois, la Vie ressemble à un artisan travaillant derrière un rideau. Je n’aperçois ni son ombre, ni ses gestes, ni son intention, ni sa force. Je vois seulement des fragments épars de ci, de là, et je crois que tout est désordre. Pourtant, avec le temps, ce qui semblait être une confusion, une supposition, devient souvent une œuvre cohérente. Ce qui est appelé obstacle se révèle passage. Ce qui est nommé perte devient espace. Ce qui est vécu comme une fin se transforme en commencement.

Aimer, même si c’est incompréhensible, c’est accepter que le regard ne puisse embrasser l’ensemble de l’œuvre. C’est consentir à avancer avec une vision incomplète sans pour autant fermer son Cœur.

Choisir la Joie, même si elle ne signifie pas nier les difficultés. La Joie véritable n’est pas une distraction qui m’éloigne de la réalité. Elle est une manière d’habiter la réalité. Elle ressemble à cette petite lampe que l’on allume dans une maison lorsque l’orage éclate au-dehors. Elle ne supprime ni les éclaires, ni le vent, ni la grêle, ni la pluie. Elle empêche, à sa juste mesure, l’obscurité de tout envahir.

Rester soi-même est, peut-être, l’une des formes les plus profondes de Courage. Lorsque les circonstances deviennent exigeantes, il est tentant de se durcir, de se refermer, de se trahir, pour obtenir l’approbation, la sécurité voire le contrôle. Pourtant, ma Lumière ne grandit jamais lorsque je m’éloigne de ma Vérité. Elle grandit lorsque je demeure fidèle à ce qu’il y a de plus Vivant en Moi.

La « grandeur » spirituelle ne consiste pas à ne jamais tomber. Elle consiste à continuer d’Aimer après les déceptions, à continuer de faire Confiance après les doutes, à continuer de Semer après les saisons stériles. Elle consiste à ne pas laisser les circonstances définir la Qualité de ma Présence au Monde.

Aimer, même si.
Choisir la joie, même si.
Rester soi-même, même si 1️⃣.

Peut-être que la Lumière Intérieure se redécouvre précisément là, dans cet espace discret où l’Âme cesse de négocier avec la Vie et commence simplement à lui répondre par un Oui profond. Un Oui qui ne dépend ni des résultats, ni des garanties, ni des conditions. Un oui qui dit : « Je suis ici. Je demeure ouvert. Et quoi qu’il arrive, je choisis encore l’Amour ».

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Hypnoma – 2026 – High And Just Proceedings)

1️⃣ : voir « Lettre de la semaine de Sylvain du 20 Juin 2026 ».

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