Brique après Brique
C’est étrange la Vie. Chaque jour vient avec son lot de questions, de réponses, de certitudes, d’incertitudes. Quand j’écris « réponses », ce sont parfois des réponses à des questions que je n’ai jamais posées. Ce serait un peu comme le jeu « Jeopardy » où la réponse est donnée et qu’il faut découvrir la question.
Comme disait Judicaël : « La Vie est un Jeu …. sans Enjeux ». Alors Jouons !
Réponse : « C’est le moment où je vois que rester immobile par peur de l’ombre m’éloigne davantage de la Lumière ».
Indice : « C’est l’attitude du marcheur qui refuse de bouger tant qu’il n’a pas la certitude absolue de la direction risquant ainsi l’immobilisme ».
Je laisse quelques secondes pour trouver une question possible donnant cette réponse. Normalement, les candidats doivent « buzzer » pour prendre la main le plus rapidement possible. Ici, difficile de buzzer sur un texte. Bon, j’imagine un instant que quelqu’un a buzzé. Candidat 2 : « Quelle est votre question ? ».
« Maître du Jeu, en fait, la réponse que vous avez donnée me fait dire qu’il y a deux questions potentielles comme réponses ». Ainsi, ma réponse est : « Dois-je avancer pour atteindre la Lumière ou Dois-je atteindre la Lumière pour avancer ? ».
« Félicitations, Candidat 2 ».
Tout ceci en guise d’introduction pour indiquer que la réponse précède toujours la question.
J’ai longtemps cru que je « devais » attendre, voire atteindre, la Lumière pour avancer. J’ai pensé qu’il fallait d’abord retrouver l’impulsion, l’élan, la confiance, la paix intérieure avant de poser un Acte. Pourtant, la Vie semble, souvent, me dire que son « fonctionnement » est inverse. Ce n’est pas toujours la clarté qui engendre le mouvement. C’est souvent le mouvement qui révèle la clarté.
Je reprends, comme souvent, l’exemple du jardinier. Lorsqu’un jardinier plante une graine, il ne voit encore ni fleur, ni légume, ni fruit. La terre paraît vide. Pourtant, il continue d’arroser chaque jour. Non parce qu’il voit déjà le résultat, simplement, parce qu’il honore, à sa façon, un processus invisible.
L’Être traverse parfois des saisons semblables. Certaines périodes ressemblent à un hiver intérieur où tout semble figé, silencieux, sans promesse apparente. Dans ces moments-là, attendre de se sentir mieux avant d’agir revient à attendre que la graine fleurisse avant de lui offrir de l’eau. Ainsi, la réponse est de poser un geste simple, un geste humble, un geste concret.
Construire un mur pierre après pierre. Balayer un sol. Préparer un repas. Tailler une branche. Ranger un espace. Ces actes paraissent insignifiants aux yeux du mental qui cherche de grandes solutions. Pourtant, ils possèdent une force discrète. Ils ramènent la Conscience dans le Présent. Ils reconnectent l’esprit dispersé à la réalité tangible du monde.
Un ruisseau ne retrouve pas son chemin en réfléchissant à son cours. Il le retrouve en coulant. De la même manière, certaines réponses ne naissent pas dans l’analyse, uniquement dans l’action. Les mains savent parfois ce que les pensées ignorent encore.
Lorsque les mains pétrissent une pâte, lorsqu’elles plantent une fleur, lorsqu’elles assemblent une pièce de bois, lorsqu’elles sculptent la pierre, lorsqu’elles composent une partition, quelque chose se réorganise à l’Intérieur. C’est comme si « l’ordre » créé à l’extérieur offrait un miroir à « l’ordre » cherchant à renaître à l’intérieur de Soi. Chaque geste, chaque mouvement devient une manière de dire à la vie : « Je suis Ici et Maintenant. Je participe à mon Œuvre ».
La rivière ne demande pas à ressentir la confiance avant d’avancer vers l’océan. Elle avance. C’est dans son mouvement qu’elle découvre sa propre force. L’oiseau ne vérifie pas d’abord la solidité du vent avant d’ouvrir ses ailes. Il les déploie. C’est le vol qui lui révèle que l’air le porte.
Il en va ainsi pour l’Être HUmain. J’ai longtemps cru que l’inspiration doit précéder l’action. Alors que, bien souvent, l’action devient la porte de l’inspiration. Un seul pas peut réveiller une énergie que mille réflexions ne parviennent pas à atteindre.
La Vie semble enseigner que je ne suis pas, uniquement, un Être fait pour penser. Je suis, aussi, un Être fait pour créer, toucher, bâtir, transformer, modeler. Mes mains prolongent ma Conscience dans le monde. Elles donnent une forme visible à ce qui cherche à renaître en Moi. Pas uniquement mes mains, tout mon Corps participe à cette renaissance.
Alors, lorsque le brouillard intérieur s’installe, il n’est peut-être pas nécessaire de chercher immédiatement une réponse. Il peut suffire de trouver une tâche, une mission, aussi simple soit-elle. Non pour fuir ce que l’on ressent, simplement pour offrir à l’énergie de la Vie un chemin où circuler.
Car parfois, ce qui est appelé « guérison » ressemble moins à une illumination soudaine qu’à une brique posée aujourd’hui, puis une autre demain. Un geste après l’autre. Un souffle après l’autre.
Et un jour, en regardant derrière Soi, je découvre que ce qui semblait n’être qu’un petit travail sans importance est devenu un pont. Un pont qui m’a permis de traverser la rivière alors même que je pensais être perdu sur sa rive.
Car la Vie ne me demande pas, toujours, de comprendre le chemin. Elle m’invite, souvent, simplement à faire le pas suivant. Et c’est dans ce pas que la Lumière commence déjà à revenir alors qu’Elle a toujours été là.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Le Silence)

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