Un peu plus haut, un peu plus loin

Le titre du présent texte est le titre d’une chanson, écrite en 1969, par Jean-Pierre Ferland 1️⃣. Selon les informations du Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens 2️⃣, la chanson aurait d’abord été inspirée par la fin d’une relation amoureuse et par le désir de s’éloigner d’un amour devenu impossible. Les images de l’ascension, de la distance et de la séparation traduisent cette tension entre l’envie d’aller vers un nouvel horizon et la difficulté de quitter quelqu’un que l’on aime.

« Est-ce que ceci parle à quelqu’un ? ». Et là, je lève le doigt et je réponds : « Moi, ça me parle ». Et une voix me dit : « Nous t’écoutons. Je t’écoute ».

Depuis longtemps, très longtemps, trop longtemps peut-être, il y a, en moi, un appel que je ne peux pas vraiment expliquer. Je n’ai pas de définitions. C’est comme une voix douce, presque silencieuse, comme un murmure, qui me pousse à avancer, à regarder au-delà de ce que je connais déjà. C’est comme une fleur qui cherche la lumière, je sens parfois qu’une partie de mon Être aspire à aller un peu plus haut, un peu plus loin (d’où le titre du présent texte). Ce n’est ni un désir de grandeur, encore moins un besoin. Ce n’est pas non plus par désir de dire que j’arrive, que je suis proche de quelque chose. Non simplement, pas à pas 3️⃣. À mon rythme, sans précipitations.

Au début de mon chemin, j’ai souvent avancé en tenant une main. Celle d’un parent, d’un ami, d’un Être aimé, celle de cette Présence invisible (de ces Présences invisibles) qui accompagne chacun de mes pas. Je n’avais pas besoin de tout comprendre. Il me suffisait de faire Confiance. Comme un enfant qui traverse un pont sans craindre le vide parce qu’il sent une main chaleureuse autour de la sienne.

Puis un jour, l’horizon a commencé à m’appeler. J’ai voulu voir par moi-même ce qui se trouvait derrière la montagne. J’ai voulu saisir ce que mes yeux n’avaient encore jamais contemplé. Alors j’ai avancé.

Encore un pas.
Puis un autre.

Parfois, le chemin ressemblait à un ruisseau paisible qui murmurait à mes côtés. Tout semblait simple et naturel. Parfois, une tempête se levait. Le vent secouait mes certitudes. Le soleil me faisait baissé les yeux. La pluie brouillait ma vision. Pourtant, à travers tous ces pas sages, j’ai découvert que les racines les plus solides naissent souvent dans les terres les plus battues par les orages. Comme l’arbre qui s’ancre profondément parce qu’il a appris à résister au vent, j’ai grandi à travers ce qui me semblait vouloir me freiner.

À mesure que je montais, il m’est arrivé de lâcher certaines mains. Non parce que je cessais d’aimer, simplement parce que toute croissance demande parfois d’oser marcher seul. L’oiseau ne peut découvrir le ciel tant qu’il reste accroché à sa branche. La rivière ne peut rejoindre la mer tant qu’elle demeure près de sa Source.

Alors j’ai continué.
Et du haut de certains sommets intérieurs, j’ai vu le monde autrement.

Ce qui me paraissait immense est devenu plus petit. Mes peurs, mes blessures, mes désirs, mes besoins, mes inquiétudes, mes peurs ont changé de dimension. Comme la mer observée depuis une montagne, elles étaient toujours là, et, en même temps, elles n’occupaient plus tout l’espace de mon regard. J’ai compris que la hauteur ne transforme pas le monde. Elle transforme la manière dont je le contemple.

J’ai accepté que chaque sommet porte aussi sa propre solitude.

Plus je m’élève, plus je découvre le Silence. Je regarde le chemin parcouru et je me demande comment je suis arrivé là. Je me demande aussi comment redescendre sans tomber, comment partager ce que j’ai accepté sans perdre ce que j’ai reçu.

Car je réalise peu à peu qu’aucune Ascension n’a de sens si elle m’éloigne de l’AMOUR.

Je peux contempler les plus beaux paysages de l’Âme, pourtant si mon Cœur se ferme, alors je suis encore au pied de la montagne. Les ailes ont besoin des racines. La sagesse a besoin de la tendresse. La Lumière a besoin d’être partagée pour devenir pleinement Lumière.

Alors j’apprends à monter sans me croire supérieur.
J’apprends à redescendre sans me sentir diminué.
J’apprends que chaque sommet n’est qu’une étape et non une destination.

Derrière chaque montagne apparaît une autre montagne.
Derrière chaque réponse surgit une nouvelle question.
Derrière chaque Lumière se révèle une Lumière plus vaste encore, plus vive, plus enveloppante.

Et ceci ne me décourage plus.
Au contraire.
Ceci me rappelle que la Vie est un chemin infini d’Émerveillement, d’Inattendu, de Bienvenu.

Je suis la graine qui cherche le soleil sous la terre sombre.
Je suis la rivière qui avance vers l’océan sans l’avoir jamais vu.
Je suis l’oiseau qui apprend le ciel, battement d’aile après battement d’aile.
Je suis ce voyageur qui avance sans tout connaître du chemin, et, qui continue malgré tout.

Et lorsque je regarde derrière moi, lorsque je contemple les tempêtes traversées, les mains tenues, les mains perdues, les chutes évitées, les leçons reçues, une seule parole monte naturellement de mon Cœur.

C’est beau.
C’est beau d’avoir osé avancer.
C’est beau de ne pas tout comprendre.
C’est beau de continuer à chercher.
C’est beau de découvrir que chaque fin cache un nouveau commencement.

Et tant que cet appel vivra en moi, je continuerai d’avancer, humblement, avec Confiance, vers cette Lumière qui m’invite toujours à aller un peu plus haut, un peu plus loin.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : King Of Sweden – 2026 – Interregnum)

1️⃣ : Jean-Pierre Ferland, né le 24 juin 1934 et mort le 27 avril 2024 à Saint-Gabriel-de-Brandon, est un auteur-compositeur-interprète québécois, ayant commencé sa carrière en 1958. Il est considéré comme étant un artiste d’envergure au Québec. Au cours de sa carrière de plus de 60 ans, Jean-Pierre Ferland a composé plus de 450 chansons et enregistré une trentaine d’albums (Merci Wikipedia) ;

2️⃣ : voir le site « https://www.cshf.ca/fr/song/un-peu-plus-haut-un-peu-plus-loin/ » ;

3️⃣ : Lao Tseu disait « Un voyage de mille lieues commence par un premier pas » (souvent formulée en « Tout voyage commence par un pas ».

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