Du Boulevard de la Souffrance au Boulevard de l’Abondance
Avant d’aller plus loin dans le présent texte, je reprends ce que Judicaël disait (Merci à mon Frère Léon) : « T’aimes-tu ? Pourquoi es-tu encore sur le boulevard de la souffrance et non sur l’avenue (la venue) de la douceur ? ».
Alors, Âmie Lectrice, Âmi Lecteur, tu vas me dire qu’il parlait de l’Avenue de la Douceur et non de l’Avenue de l’Abondance. Oui, je le reconnais, ce n’est pas la même formulation. En même temps, est-ce si « important » sachant que c’est une base pour écrire un nouveau texte, un nouveau chapitre, une nouvelle compréhension voire une nouvelle acceptation.
Ainsi, abandonner le Boulevard de la Souffrance pour aller sur le Boulevard de l’Abondance, cette phrase m’est revenue plusieurs fois durant plusieurs jours. Elle s’en allait puis revenait comme s’il y avait une évidence à écrire sur ce sujet.
Avant d’aller plus loin en rédigeant ce texte, j’ai fait quelques recherches sur l’étymologie des mots « souffrance » et « abondance ».
Le mot « souffrance » vient de deux mots latins. Le préfixe « sub » qui signifie « en dessous » et le verbe « ferre » qui signifie « porter ». Le mot implique donc l’image d’un support, qui supporte tout ce qui se trouve dessus. Donc, souffrir c’est supporter quelque chose que ce soit physique ou mental voire même réel ou irréel.
J’ai lu sur le site « Nichiren Buddhism Library » 1️⃣ qu’il y avait huit sortes de souffrances universelles. Ma première réaction a été « Bigre ! Tout ça ! ». Ce sont les quatre souffrances de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort, plus la souffrance de devoir se séparer de ceux qu’on aime, la souffrance de devoir rencontrer ceux que l’on hait, la souffrance de ne pouvoir obtenir ce que l’on désire et la souffrance provenant des cinq composantes 2️⃣ qui constituent le corps et l’esprit.
Le mot « abondance » provient du latin « abundantia » signifiant « affluence », « richesse ». Il est dérivé du verbe « abundare » signifiant « déborder », composé du préfixe « ab-« signifiant « loin de, à partir de » et de « unda » signifiant « vague », « flot », « onde ». Littéralement, ceci évoque l’image d’une eau qui déborde symbolisant une quantité qui dépasse les besoins.
Voilà pour cette introduction étymologique.
À ce stade de l’écriture, je me dois de remercier une personne avec qui j’ai eu un échange, par commentaires interposés, sur le fait que ses prestations d’accompagnement sont à un prix que j’estimais exagéré (plusieurs milliers d’euros voire une dizaine de milliers d’euros). Ainsi, pour moi, et je reconnais que c’est un jugement, cette personne mettait l’argent en avant. Me dire, à demi-mots, que l’argent dans la matière n’était pas synonyme de « pertes » de spiritualité, n’est pas quelque chose qui me « heurte ».
Cependant, je constate que beaucoup de personnes sous le couvert de spiritualité, d’aide, de réconfort, d’accompagnement proposent des « services » à des prix défiant l’entendement. Quand j’échange avec ces personnes ou plutôt quand je « dénonce » ce fait à ces personnes, il y a toujours une « bonne » justification.
« C’est normal, j’ai des frais », « C’est normal, c’est mon salaire », « C’est normal, j’ai suivi des formations pour cela, je dois bien rentrer dans mes frais », « Moi aussi, je dois vivre ». « Oui mais j’offre aussi des services gratuits », « Oui mais j’aide aussi des associations », « Oui mais je donne aussi aux pauvres ». Bon d’accord. Pourquoi pas ! Est-ce que cela justifie de se faire de l’argent sur le dos de personnes qui, pour la plupart, sont en recherche d’aide, sont parfois en déshérence ?
Ma réponse a toujours été « Non ». Je ne suis pas bloqué sur l’argent. Je sais que nous vivons dans un monde où l’argent est un « vecteur » permettant, pour certain·e·s, de s’intégrer dans la société, pour y vivre voire y survivre, pour y trouver une place, pour y avoir un rôle, pour jouer un personnage ou, tout simplement, pour pouvoir manger au jour le jour quand c’est possible. C’est indéniable. Cependant, faire de l’argent sur le dos d’une certaine détresse, d’une certaine souffrance, pour « atteindre » une certaine « spiritualité », n’est pas dans ma conception de l’aide aux autres.
L’abondance dont je parle n’est pas une abondance matérielle, c’est une Abondance d’AMOUR. Dans le texte « L’Abondance », publié il y a plus de 3 ans (çà date), je parlais de l’abondance spirituelle. Dans le présent texte, si je peux m’exprimer ainsi, je vais plus loin puisque que je parle de cette abondance d’AMOUR.
D’encore développer plus d’AMOUR dans un monde où ce mot est de plus en plus galvaudé, mis à mal, par des puissances qui ne se nourrissent que de la peur, de la matérialité. Même certains Guides disent que l’AMOUR ne suffit plus (ce sera peut-être le sujet d’un autre texte) car le monde va tellement vite, car les énergies montent très fort, trop fort, très vite, trop fort.
Alors, je m’arrête un instant. Non pas pour fuir cette idée, simplement pour m’écouter pleinement. Car si l’AMOUR devient un mot vidé de sa substance, ce n’est pas qu’il a disparu, c’est que j’ai, peut-être à certains moments, cessé de l’habiter.
Quitter le boulevard de la souffrance ne consiste pas à nier ce qui me pèse, ni à rejeter ce qui me fait mal, ce qui me rend « malheureux » voire ce qui me rend « malade ». Ce serait encore une forme de lutte, une autre manière de « porter », de « supporter ». Or, si souffrir signifie « porter » alors peut-être que le véritable basculement commence lorsque j’accepte de déposer.
Déposer les attentes irréalistes.
Déposer les blessures que j’entretiens malgré moi.
Déposer les récits que j’ai répétés jusqu’à en faire une identité.
Et, dans ce geste, dans ce dépôt, dans cette mise à nu, il y a déjà un mouvement vers l’Abondance. Car l’Abondance d’AMOUR n’est pas quelque chose que j’acquiers. Elle n’est pas une récompense, une médaille, une place sur un podium. Elle n’est pas non plus une accumulation. Elle est ce qui reste lorsque je cesse de m’encombrer, de porter des bagages, qu’ils soient miens ou d’autres, qui ne me sont plus nécessaires.
C’est un Espace. Un Espace Intérieur où je ne cherche plus à mériter, à prouver, à convaincre. Un espace où je n’ai plus besoin de me comparer pour exister. Un espace où je peux simplement Être, sans me réduire à des manques. Un espace où je peux Être Présent à moi-même.
Alors oui, dans ce monde, certains monnaient des chemins, vendent des clés, valorisent des formations, proposent des raccourcis. Et il serait trop simple de réduire cela à du « bien » ou du « mal ». Car chacun·e agit depuis son propre Niveau de Conscience 3️⃣, depuis ses propres peurs, compréhensions, acceptations.
Cependant, une chose demeure, l’AMOUR véritable ne se conditionne pas. Il ne dépend ni d’un tarif, ni d’un statut, ni d’une formation, ni d’un accompagnement, ni d’une reconnaissance extérieure. Il circule, librement, comme une Source que rien ne peut réellement tarir sauf le refus d’y accéder. Cela ne signifie pas que tout doit être gratuit dans la matière. Cela signifie simplement que l’Essence ne peut être possédée.
Et c’est peut-être ici que s’ouvre le passage du Boulevard de la Souffrance au Boulevard de l’Abondance. C’est dans le rapport à ce que beaucoup croient devoir « payer » pour être complets. Combien de fois ai-je cherché à l’extérieur ce qui, silencieusement, attendait déjà en Moi ? Combien de fois ai-je pensé qu’il fallait devenir « quelqu’un de mieux » avant de m’autoriser à Aimer et à Être Aimé ? 4️⃣
L’abondance d’AMOUR ne demande pas que je devienne autre. Elle m’invite à revenir. Revenir à ce point simple, presque oublié, où je n’étais pas encore en train de me juger. Où je n’avais pas encore décidé que je n’étais pas assez. Et dans ce retour, il n’y a rien de spectaculaire. Il n’y a ni lumière aveuglante, ni feux d’artifices, ni « tralala », ni de révélation grandiose. Il y a quelque chose de plus Humble et de plus Vrai.
Une douceur. Peut-être est-ce pour ceci que Judicaël parlait de l’Avenue (La Venue) de la Douceur. Car l’Abondance d’AMOUR ne se crie pas, elle se ressent. Elle ne s’impose pas, elle se propose, elle s’offre. Elle ne conquiert pas, elle accueille. Et cette douceur n’est pas faiblesse. C’est une Force Tranquille, une Présence Stable qui ne dépend pas des tempêtes extérieures.
Ainsi, quitter la souffrance ne signifie pas que la Vie devient exempte d’épreuves, d’expériences de polarité « négative ». Cela signifie que je ne suis plus obligé de les porter seul·e, ni de les porter de la même manière.
Je peux les traverser sans m’y enfermer.
Je peux les accueillir sans m’y définir.
Je peux même, parfois, y découvrir une ouverture que je n’avais pas envisagée.
Alors, Âmie Lectrice, Âmi Lecteur, la question demeure, simple et profonde à la fois : « T’aimes-tu ? ». Non pas dans une idée, non pas dans un concept, uniquement dans le regard que tu poses sur toi lorsque personne ne te voit.
Car c’est là que commence véritablement le Passage. Non pas dans un ailleurs, non pas dans une promesse future. Simplement, ici et maintenant, dans cet instant précis où je choisis, peut-être pour la première fois, de ne plus me porter comme un fardeau, uniquement de m’accueillir comme une Présence.
Et peut-être qu’à cet instant, sans bruit, sans effort, peut-être même sans m’en rendre compte, je viens déjà de poser un pied sur le Boulevard de l’Abondance.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : United Progressive Fraternity (UPF) – 2023 – Planetary Overload pt.2 – Hope)
1️⃣ : https://www.nichirenlibrary.org ;
2️⃣ : Dans le bouddhisme, on désigne par-là les cinq agrégats ou facteurs (pañcaskandhī) psychophysiques constitutifs de l’individu : la forme corporelle (rūpa), la sensation (vedanā), la perception (saṃjñā), la formation mentale (saṃskāra) et la prise de conscience active (vijñāna) (merci Wikipedia) ;
3️⃣ : voir, notamment, les textes « Niveaux de Conscience », « Journées dans l’Au-Delà » ;
4️⃣ : voir, notamment, les textes « Avec un peu d’aide de mes Âmi·e·s », « Ô Miracle ! » ;

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