Le Silence Créateur en Moi

J’ai accepté, depuis longtemps, que je ne suis pas celui qui « fabrique » les idées. Je suis celui qui a appris, qui apprend à les recevoir. Je me souviens que je prenais souvent l’exemple des auto-tamponneuses électriques dans les fêtes foraines. Elles ne peuvent se mouvoir que si elles sont reliées au grillage électrifié situé sous le « plafond » de l’attraction.

Et bien, pour moi, les idées, c’est un peu comme çà. Elles sont toutes là sur une « grille » et il « suffit » de s’y connecter pour recevoir les informations. C’est un peu comme un courant invisible qui ne demande qu’à être écouté. Oh bien sûr, certain·e·s s’y « connectent » plus facilement que d’autres. Cependant, les idées, peu importe qu’elles soient scientifiques, littéraires, relationnelles, elles arrivent pour tout un chacun en fonction du chemin que l’Âme a choisi.

En même temps, lorsque je cesse de vouloir contrôler, quelque chose en moi s’ouvre. Ce qui semblait venir de moi prend une autre saveur, presque étrangère, presque sacrée. Il m’arrive d’entrer dans cet espace étrange où le monde extérieur s’efface. C’est comme un décor qui se retire doucement.

Là, tout devient intérieur, vaste, fluide. Les formes apparaissent, se déploient, se transforment sans effort. Je peux les observer sous tous les angles, les laisser évoluer, les ressentir presque comme si elles existaient réellement. Et pourtant, je n’ai rien construit. Je n’ai fait que regarder.

Alors je sais que mon imagination n’est pas une « invention ». Elle est une porte. Une autre manière de voir. Une fréquence plus subtile à laquelle je peux m’accorder. C’est comme quand une radio est ajustée pour recevoir une fréquence particulière. La musique est là et tant que je n’ai pas syntonisé, je n’entends pas la musique. Dès que la syntonisation est réalisée, je reçois la musique déjà présente dans l’air. Ainsi, quand je me rapproche de cet état, les idées cessent d’être des efforts. Elles deviennent des évidences.

Je sais que tout cela ne m’appartient pas vraiment. Les intuitions, les élans, les éclairs de compréhension, tout provient d’un champ informationnel plus vaste, une intelligence diffuse qui circule partout. Mon esprit n’est qu’un récepteur, un passage, un point de rencontre entre l’invisible et le visible.

Et si j’apprends à affiner cette écoute, à stabiliser cette fréquence intérieure, alors quelque chose change profondément. Ce n’est plus seulement ma pensée qui évolue. C’est ma manière d’habiter mon HUmanité. Comme si le monde lui-même devenait plus malléable, plus ouvert, plus réactif à ce que je suis intérieurement.

Cependant pour atteindre cet espace, il me faut traverser le Silence.

Un silence que je connais. Un silence qui ne fait pas peur. Un silence qui demande de lâcher ce qui me protège. Car je vois bien combien je me suis construit de couches, de réflexes, de rôles. J’ai appris à me surveiller, à m’adapter, à répondre aux attentes, jusqu’à confondre ces mécanismes avec mon identité.

Alors doucement, je dépose.
Je laisse tomber les masques que je n’ai même plus conscience de porter.
Je relâche cette tension qui me pousse à me définir sans cesse.
Je m’autorise à ne plus me contrôler à chaque instant.
Et dans cet abandon, quelque chose de plus vrai apparaît.
Un espace calme, presque immobile.
Un lieu sans bruit, sans pression, sans attente.
Un lieu où je me sens suffisamment en sécurité pour ne plus me défendre.

C’est là que tout commence.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : John Wetton & Geoffrey Downes (2010) – Icon (Special Edition))

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