L’Infini dans un battement de Cœur
Peut-être que le présent texte est une suite du texte précédent intitulé « Pluie du Matin n’arrête pas le Pèlerin ». J’y parlais de solitude, d’éloignement et, en même temps, d’accompagnement invisible et de rapprochement à l’intérieur de Soi.
En tant qu’ingénieur de formation après avoir fait des études techniques, j’ai appris à compter, à mesurer, à comparer, à mettre en perspective. Tout dans mes études m’a formaté à croire que la distance se mesure en kilomètres, que le temps se passe en heures, que la valeur d’une chose dépend de sa relative rareté.
Oui, je reconnais que dans le monde matériel, tout avance ainsi, tout fonctionne ainsi. Dans ce monde où tout semble obéir à des lois précises, presque rassurantes car elles sont « démontrables ». Ainsi, plus je m’éloigne, plus la distance grandit. Plus le temps passe, plus les choses se dissipent. Tout y est quantifiable, maîtrisable, enfermé dans des cadres visibles.
Par contre, ce que je n’ai pas appris durant mes études, c’est que le Cœur, lui, échappe à ces règles.
Le Cœur ne connaît ni la géométrie ni les horloges. IL ignore les unités. IL se moque des frontières. IL peut abolir des milliers de kilomètres en un seul élan. Il peut creuser un abîme dans la plus petite proximité. Là où le monde matériel impose la séparation, le Cœur montre la Présence. Là où tout semble s’éroder avec le temps, IL peut, au contraire, approfondir ce qui est Vrai, ce qui est Juste, ce qui est Idéal.
Dans ce monde intérieur, donner ne diminue rien. Donner ouvre, agrandit, multiplie l’espace invisible en Soi. Chaque geste sincère y devient une expansion silencieuse. Attendre n’y est pas une perte, ni une fatigue stérile, simplement une lente transformation, une purification presque secrète, comme si le temps y travaillait pour révéler plutôt que pour user.
Pourtant, pendant des décennies, j’ai continué à compter. Les années, les efforts, les répétitions. J’ai empilé les actes comme si la proximité des choses pouvait naître de l’accumulation, comme si avancer signifiait forcément ajouter. Pourtant, il existe un autre mouvement, plus discret, presque inverse. Celui qui ne consiste pas à prendre, plutôt à se délester, à de dépouiller.
Car à mesure que j’approche de l’Essentiel, de mon Essence-Ciel, quelque chose en Moi se simplifie. Ce n’est pas une progression qui s’alourdit. C’est un chemin qui allège. Plus j’avance, plus je laisse derrière moi ce qui encombre. Plus je cherche à saisir, à posséder, à enfermer, à retenir, plus je crée de distance avec ce que je désire vraiment approcher.
Le monde matériel répète à l’envi : « Ajoute encore, accumule, remplis. Plus. Toujours Plus ».
Le monde du Cœur, lui, murmure à peine : « Dépouille-toi ».
Et ce murmure est difficile à entendre. Il ne s’impose pas. Il ne se démontre pas. Il ne se prouve pas par des chiffres, des formules, des résultats. Il se devine dans le Silence, dans l’Expérience Intime, dans ces moments où j’accepte sans pouvoir expliquer.
C’est peut-être pour ceci que certaines réalités échappent à l’intelligence calculatrice. Elles ne peuvent être ni saisies par des mesures, ni traduites en formules. Elles proposent autre chose comme une Présence, une Écoute, une Disponibilité.
Elles ne se comprennent pas.
Elles s’acceptent.
Elles se vivent.
Il suffit d’un seul battement de Cœur pour accepter l’Infini.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Jakob Ludwig Felix Mendelssohn Bartholdy – 1845 – Violin Concerto in E minor, Op. 64)

Laisser un commentaire