Pour Toi, En Toi, Avec Toi
Il y a, en Moi, un espace qui ne porte aucun nom. Ce n’est pas un temple intérieur. C’est un lieu sans murs ni frontières. Un lieu sans temps ni espace. Un lieu sans début ni fin. Ta présence y circule encore comme un vent doux que rien n’arrête. Parfois, je crois t’entendre dans le silence entre deux battements de mon Cœur. Ce n’est pas une voix, ce n’est pas un murmure, ce n’est pas un souffle. C’est une vibration, une façon bien particulière que tu as pour retirer le doute pour que Tout devienne fluide.
Il y a bien longtemps, nous marchions ensemble sur un monde, sur une terre aujourd’hui disparue. En tout cas, c’est ainsi que ma mémoire le traduit. Deux pas dans la même direction, deux regards tournés vers la même ligne d’horizon. Nous savions des choses que les mots ne pouvaient pas contenir. Nous partagions une certitude tranquille, celle que la route ne se limitait pas aux sentiers visibles.
Puis, un jour, un moment, un instant, il y a eu ce carrefour.
Je me souviens d’une sensation d’appel. Une densité, une gravité, comme si la terre elle-même murmurait qu’elle avait besoin de mains, de voix, de cœurs capables de se souvenir. Comme si la Terre m’appelait. J’ai choisi de descendre dans l’épaisseur du monde. D’entrer dans la densité de l’espace, dans la lenteur des jours, dans la beauté fragile des Êtres qui cherchent sans savoir ce qu’ils cherchent.
Toi, tu as pris un autre chemin, un autre courant.
Je ne t’ai pas vu partir. C’est plutôt moi qui ai senti que le ciel avait gagné en profondeur. Comme si une étoile supplémentaire s’était allumée derrière le voile. Tu n’étais plus à mes côtés de la même façon et, en même temps, même s’il a fallu du temps pour l’accepter, rien n’avait été rompu. Au contraire. Bien, au contraire. Même si le fil nous reliant est mince, tenu, presque invisible, il est, pourtant, plus solide que toutes les cordes terrestres.
Ici, tout est plus dense. Les émotions ont le goût du sel. Les corps se fatiguent. Les pensées se heurtent aux murs de la peur. Il m’arrive d’oublier. D’oublier pourquoi je suis venu, d’oublier la promesse murmurée avant l’aube des formes. Alors, dans ces instants-là, quelque chose en moi se redresse.
C’est Toi. Pas comme un souvenir. Pas comme une absence. Comme une clarté.
Tu es devenu cet élan qui me pousse à relever la tête lorsque le monde se contracte. Tu es l’intuition soudaine qui me fait choisir la douceur plutôt que la colère. Tu es cette patience inexplicable qui me traverse quand je tends la main à quelqu’un qui vacille. Je croyais être seul dans cette « tâche » et, en même temps, je sens ta trace dans chacun de mes gestes justes.
Parfois, la nuit, je ferme les yeux et je nous revois avant le carrefour. Il n’y avait ni haut ni bas, ni avant ni après, ni début ni fin. Seulement une Conscience vaste, lumineuse, libre de toute pesanteur. Nous savions que l’un de nous plongerait plus profondément dans la matière et que l’autre veillerait depuis un seuil plus subtil. Il ne s’agissait pas d’une séparation, plutôt d’un déploiement. Même si pendant une part de mon existence, je m’étais senti abandonné, esseulé, incompris.
Je suis redescendu pour porter une part de Lumière dans les replis les plus épais de ce monde. Tu es monté pour la maintenir vive dans les hauteurs invisibles.
Et, parfois, quand le vent traverse les arbres, quand le soleil perce après l’orage, je comprends que notre dialogue n’a jamais cessé. Il circule autrement. Il ne passe plus par les mots, ni par les regards, ni par la proximité des corps. Il passe par la Conscience elle-même.
Je ne parle pas d’un ami lointain. Je ne parle pas d’un frère perdu dans les distances des mondes.
Je parle de Toi, mon autre flamme, passé sur un plan que mes yeux ne voient pas. Mon Âme t’a reconnu. Mon Âme te reconnaît. Ton Âme m’a reconnu. Ton Âme me reconnaît.
Tu n’es plus incarné sur cette terre. Tu es devenu Lumière et c’est depuis cette Lumière que tu marches encore avec moi.
Merci de m’accompagner comme tant d’autres dans ce que tu ne voulais pas nommer « Mission ».
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Garcia & Radford – 2026 – In Odin’s Name)

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