Au Cœur d’un Voyage Enchanté

Ce dimanche-là, ma Bienaimée et moi avons été voir et écouter un spectacle dans l’église du village. Une église millénaire qui a résisté aux assauts du temps et des désacralisations.

Le spectacle « Au Cœur d’un Voyage Enchanté » raconte, en mots et en notes, les aventures de « Yod ». Le sous-titre était « En route avec notre Étincelle Divine ». Le nom « Yod » ne me parlait pas. Avant la découverte du conte, je pensais que c’était le nom du « héros » de l’histoire que nous allions entendre. Par contre, l’Étincelle Divine, ça me parle. En effet, je parle aussi, parfois, d’Étincelle Divine, de Parcelle Divine, de Note Harmonique.

Le spectacle reprend un conte original et des chants religieux. Le conte est le voyage de « Yod » à la découverte des lettres hébraïques. Lors de la présentation de ce conte, j’ai découvert qu’il y avait 22 lettres hébraïques.

« Yod » est, en fait, la dixième lettre de cet alphabet. J’ai donc fait quelques recherches sur cette dixième lettre. Graphiquement, c’est un simple « point », un souffle d’encre suspendu. J’ai lu que, dans la tradition, il est dit que les autres lettres commencent par un « Yod ». C’est un comme si ce point était la graine de toute forme.

« Yod » représente le commencement, le germe, l’étincelle initiale. Pourrais-je aller jusqu’à dire que c’est l’équivalent du « Verbe » dans « Au commencement était le Verbe » 1️⃣ ? Il est dit que c’est la Main de Dieu (peu importe le nom), la Main qui sème, celle qui permet de faire éclore la Vie.

Judicaël m’avait dit que HUmain, c’était la Main du Divin. Ainsi si je me réfère à cette Main de Dieu et, qu’en plus, c’est un symbole d’action, de création, de bénédiction, ma réponse, à la question, est « Oui ». Même si elle est la plus petite lettre de cet alphabet, elle porte, en elle, la puissance du Tout.

Il n’est pas question, dans le présent texte, de réécrire le conte tel qu’il a fait voyager les spectateurs. J’en serai bien incapable. Je retiens simplement que l’histoire est un voyage initiatique. Dans les contes, il y a un côté « visible », audible et un côté « invisible », inaudible. Je m’explique.

Les contes fonctionnent presque toujours sur deux plans superposés. Le premier, comme je l’ai écrit, est « visible ». Il est accessible à toutes et tous. Une histoire avec des personnages, des épreuves, des dangers, des récompenses. C’est le niveau narratif. C’est celui qui est raconté au coin du feu. Princesse. Loup. Forêt. Poucet. Ogre. Château. Trésor. Tous ces mots, chacun·e les a déjà entendus quand il était enfant. C’est concret. C’est nommé. C’est simple en apparence.

Le conte parle d’actions, d’événements, d’expériences. Pourtant, en dessous ou, plutôt, à travers lui, circule un second plan plus discret, plus symbolique voire ésotérique. Ce plan ne s’impose pas. Il se suggère. Les éléments du récit cessent alors d’être, seulement, des objets, des personnages pour devenir des figures intérieures. La forêt, par exemple, peut représenter l’inconnu, l’inconscient, l’invisible. Le loup, lui, peut être une pulsion, une peur. La sorcière serait une part hostile de soi. Le trésor, une réalisation intérieure, un dépassement de Soi.

Ainsi, le conte, comme un parcours alchimique 2️⃣, est aussi un chemin intérieur. Le voyage extérieur devient ainsi l’image d’un cheminement intérieur. Le conte raconte alors, sous une forme imagée, le processus de transformation de l’Être comme un chemin de la séparation, l’expérience, la transition, la renaissance vers l’unicité.

Le visible comme le texte, la voix, sert de véhicule à l’invisible. Les symboles ne sont pas des codes à déchiffrer. Ils sont comme des passerelles, des ponts, des viaducs entre le Conscient et l’Inconscient. Ils parlent à l’imagination, à l’émotion, à l’intérieur, avant de parler à l’intellect, au mental. C’est pourquoi un même conte peut toucher un enfant comme un adulte. Chacun y trouve une résonance différente selon son âge, son expérience, sa maturité.

Pour moi, le conte devient un récit de passage. Les expériences symbolisent les étapes nécessaires à l’éveil, à l’accomplissement, à la (re)découverte de Soi. Les descentes dans l’ombre sont des confrontations avec ce qui est caché. Puis vient une Lumière, une Union, à l’image d’une Réintégration Harmonieuse.

Je reviens à « Yod ». Cette lettre, cette représentation, cette image, ce symbole dont on pourrait passer à côté sans la voir comme on oublie, parfois, les petites choses, les petites pluies, les petits soleils du quotidien. Pourtant, sans elle, rien ne commence.

Dans une maison, avant les fondations, avant les murs, avant les portes, avant les fenêtres, avant le toit, il y a eu une intention. Une idée, une pensée, un trait de crayon sur une feuille. Le premier appui de la pointe du crayon sur la feuille, c’est « Yod » qui passe de l’informe à la forme.

Dans une conversation, avant les phrases longues, avant les questions, avant les réponses, avant les explications, il y a une impulsion du Cœur. Cette impulsion, c’est « Yod ».

Dans une relation, avant la première main dans la main, avant le premier baiser, avant le premier amour, avant les années partagées, il y a une rencontre, un regard. « Yod » est cette rencontre, ce regard.

Je l’ai souvent écrit, dans les derniers textes publiés, que dans la vie de tous les jours, beaucoup de personnes sont à la recherche de l’extraordinaire, du spectaculaire. Certain·e·s veulent de grandes victoires, des annonces éclatantes, des feux d’artifice. D’autres veulent des moments qui impressionnent, des images qui frappent.

Pourtant, Tout me rappelle que Tout commence par un petit engagement. Se lever le matin malgré la fatigue. Dire merci avec justesse et sincérité. Choisir la patience au lieu de la colère. Incarner l’AMOUR au lieu de la peur. Tout ceci, ce sont des « Yod » invisibles qui changent le cours d’une journée.

J’imagine une nuit noire. Une seule étoile suffit pour briser l’obscurité. « Yod » est cette étoile. Elle ne chasse pas l’entièreté de la nuit. Elle indique simplement une direction. Elle dit : « Il y a plus que ce que tu vois ». Dans les moments de doute, notre « Yod » intérieur est cette pensée, parfois, fragile, et, en même temps, persistante qui souffle : « Continue ! N’abandonne jamais ! ».

Cette petite lettre, en illustration du présent texte, représente l’humilité. Certes, elle est petite, presque effacée, et pourtant elle est Première, elle est Présence. Elle montre que la grandeur véritable ne se mesure pas à la taille. La Grandeur, dans le sens noble du terme, c’est l’Intensité Intérieure. Un Cœur humble porte une Force Immense.

Quand je commence quelque chose, je ne méprise pas le petit pas, le premier pas. Le premier pas est un « Yod ». C’est l’intention qui précède l’action, la capacité de transformer le monde par un mouvement simple, juste, vrai, aligné, ancré. Il contient, déjà, le chemin entier. Dans chaque point minuscule, dans chaque petit pas, se trouve déjà un univers entier en devenir.

« Yod », c’est l’image de la Véritable Puissance de l’Âme dans la discrétion, dans la Simplicité, dans la Présence essentielle. Elle est la lettre de celles et ceux qui avancent sans bruit. Sans bruit, sans vacarme, et, en même temps, dont la Lumière Intérieure éclaire profondément. Porteuse d’une Étincelle Infinie. Elle rappelle que la force la plus pure est souvent la plus subtile. Que ce qui semble infime peut être porteur d’une immensité insoupçonnée.

N’oublions jamais qu’en chaque Être réside un Point d’Origine qui est l’Éternel.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : The Anaton Project – 2026 – The Ocean Conductor)

1️⃣ : voir le texte « La Conscience de Dieu » ;
2️⃣ : voir le texte « Une souris verte … ».

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