Message Personnel

Ce matin-là, je me suis réveillé avec cet extrait de chanson en tête :

Mais si tu crois un jour que tu m’aimes
Ne crois pas que tes souvenirs me gênent
Et cours, cours jusqu’à perdre haleine
Viens me retrouver
Si tu crois un jour que tu m’aimes
Et si ce jour-là tu as de la peine

Et ce n’est pas qu’une fois que cet extrait est revenu entêtant. Au départ, je ne sais pas pourquoi j’ai pensé que c’était France Gall qui chantait. En fait, c’est Françoise Hardy qui l’a créée avec Michel Berger. Ceci expliquant peut-être l’amalgame que j’ai fait avec France Gall. Cette chanson s’appelle « Message Personnel » d’où le titre de ce texte.

Bien que la chanson s’intitule « Message Personnel », elle ne dit pas à qui ce message est adressé. D’après ce que j’ai pu lire, c’est qu’en 1973, Françoise Hardy traverse une période de grande fragilité émotionnelle. Elle vit une relation compliquée et instable avec Jacques Dutronc. Leur histoire est marquée par la distance, les silences, les absences. Elle doute, elle souffre, elle aime encore. L’introduction parlée donne l’impression d’un message laissé sur un répondeur, fragile, direct, presque improvisé d’où le titre de la chanson.

La Vie invite, parfois, à retirer les masques, à parler avec cette voix un peu tremblante, un peu troublée et, en même temps, sincère, authentique, vraie. Une voix qui ne cherche ni à séduire, ni à convaincre.

La société incite à envoyer mille signaux comme des e-mails rapides, des sourires polis, des réponses automatiques. C’est un peu comme si chacun·e vivait dans un ancien standard téléphonique permanent, saturé de bruits, d’attentes. Un peu comme une opératrice, débordée, chargée de brancher les fils pour réaliser la multitude de connexions des communications.

Pourtant, au fond de moi, il existe un message plus discret. Il ressemble à ces petits papiers collés, tôt le matin, sous la planche à pain, sous la tasse, au dos du smartphone, sur l’assise de la chaise, glissés dans l’étui à lunettes, dans la poche d’un manteau. Un petit papier avec quelques mots simples, quelques mots d’Amour, quelques mots qui tiennent chaud longtemps, qui apportent de la Lumière.

Spirituellement, nous sommes Toutes et Tous porteurs d’un « Message Personnel ». Il y a quelques semaines, j’avais changé ma photo de profil sur FB pour placer une image d’un Phare illuminant l’espace environnant avec des milliers de Cœurs comme rayons lumineux. Une personne, qui me suit depuis longtemps (elle se reconnaîtra), a placé en commentaire : « Es-tu ce phare solide, géant qui dirige les bateaux(êtres) perdus ! ». Je lui ai répondu : « Ne sommes-nous pas toutes et tous des phares pour quelqu’un ? »

C’était mon « Message Personnel » même si beaucoup de personnes l’ont lu. Ce n’est pas le message que le monde attend, c’est mon Âme qui a murmuré. C’est un peu comme une fleur qui s’ouvre, qui s’offre alors que la veille elle était encore dans son cocon protecteur. La Présence invisible finit toujours par éclore. De la même façon, les gestes quotidiens, aussi ordinaires soient-ils, peuvent être des fragments d’éternité.

Dans la chanson, la voix hésite, avance, recule, puis ose. La FOI ressemble à ceci. Elle n’est pas toujours un halo lumineux, un cri triomphant. Elle est parfois une confidence chuchotée. Elle dit : « Je ne suis pas sûr de tout et, en même temps, je ressens quelque chose ». Et ce quelque chose suffit pour continuer. C’est comme marcher dans le brouillard. Je ne vois pas la route et, pourtant, je distingue assez pour faire un pas, un petit pas de plus.

Beaucoup cherchent des révélations spectaculaires dans les messages personnels. La plupart du temps, le Divin se présente comme un tintement doux, léger dans le silence de l’après-midi. Il attend une réponse. Il ne force pas la ligne. Il espère seulement que le destinataire prendra le temps d’écouter. Quitte à resonner plus tard si le message personnel n’est pas passé.

J’imagine un instant que chaque rencontre soit un message laissé sur mon répondeur intérieur. Que si je ne réponds pas au message, la même rencontre se présente sous d’autres visages, sous d’autres évènements, sous d’autres expériences.

La vie n’est jamais une suite d’événements isolés. Elle est une correspondance discrète, épistolaire entre l’Âme et le monde. Chaque jour des messages sont envoyés. Chaque jour des réponses sont transmises, parfois, sans s’en rendre compte.

Être Spirituel, ce n’est pas s’élever au-dessus du quotidien. C’est descendre profondément en lui. C’est reconnaître que la vaisselle faite avec attention peut devenir prière, que le pardon murmuré dans une cuisine vaut parfois plus qu’un grand discours. Le Sacré se cache dans la répétition patiente des gestes simples.

Comme dans « Message Personnel », il y a une sorte de vulnérabilité. Oser dire « Je pense à toi », « Tu me manques », « J’ai besoin de te parler ». Sur le plan intérieur, c’est la même chose. Oser dire à la Vie : « Me voici ». Oser dire à Dieu (peu importe le nom), à l’AMOUR : « Je suis prêt·e à entendre ce que Tu as à me dire ».

Peut-être qu’une « mission » n’est rien d’autre que ceci : « Devenir un message clair dans un monde bruyant. Un message non pas parfait, simplement authentique, sincère. Un message non pas spectaculaire, simplement Présent ».

Alors ce soir, quand le silence reviendra, prête attention. Il y a peut-être un message qui t’attend. Pas un grand discours. Juste quelques mots essentiels, justes, adressés à Toi depuis toujours.

Nous avons Toutes et Tous, un jour, eu envie de laisser un « Message personnel » à quelqu’un qui comptait plus que Tout.

Mais si un jour tu doutes de Toi
Ne laisse pas l’ombre parler plus fort que ta Lumière
Et cours, cours jusqu’à perdre haleine
Viens me retrouver

Si un jour tu doutes de ta Valeur
Rappelle-toi que quelqu’un, quelque part, a été profondément heureux juste parce que tu existais
Et, si ce jour-là, tu as de la peine
N’écoute pas le silence te mentir

Cours, même avec le cœur fragile
Même si la nuit semble trop vaste
Viens me retrouver

Et si tu crois, un jour, que tu m’aimes
Ne laisse pas la peur décider pour toi
Cours, cours jusqu’à perdre haleine
Il y aura toujours un endroit
Où je t’attends
Où tu me retrouveras.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Rocking Horse Music Club – 2025 – The Last Pink Glow)

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