La Juste Distance

Pour cette année, j’avais déjà indiqué que mon « maître-mot » est « Présence ».

Un mot simple, en apparence, qui rime avec évidence, conscience, patience, bienveillance, confiance, résonance, essence et, aussi, avec silence, absence, souffrance. Il y en a bien d’autres comme innocence, naissance, abondance. Je m’arrête ici. En même temps, tant que je suis dans les rimes, voici un petit poème :

Présence dans le Silence,
Éveil de la Conscience,
Ni emprise, ni absence,
Juste souffle en reliance.

Présence en Patience,
Offerte sans défense,
Une main qui se confiance
Pour laisser naître l’évidence.

Présence sans Souffrance,
Pure Bienveillance,
À la Juste Distance
Où l’AMOUR devient Essence.

« Michaël, Reviens à Présent ! ». « Oui ! Oui ! Je reviens à l’esprit du présent texte ».

En faisant une recherche dans le document contenant tous mes textes, j’ai retrouvé cette citation : « Être présent pour quelqu’un ne signifie pas le maintenir à nos côtés, mais lui donner les ailes nécessaires pour qu’il puisse se libérer de nos bras et atteindre les sommets qui lui sont destinés ».

Je suis toujours en accord avec cette citation que j’avais écrite.

En fait, « Être Présent » contient déjà Tout. C’est une qualité d’attention, une manière d’habiter l’instant, une disponibilité qui ne cherche pas à saisir, plutôt à accueillir, à accompagner. « Être Présent » n’est pas une posture extérieure, n’est pas un rôle, n’est pas un personnage. C’est un état intérieur, souvent silencieux et tellement vivant.

En même temps, dans cette période de ma Vie, je me pose la question : « Quelle est la Juste Distance dans la Présence à l’Autre ». Une Juste Distance qui ne serait ni de l’attachement, ni du détachement. Une Juste Distance qui ne serait ni d’en faire trop, ni de ne pas en faire assez. Une Juste Distance qui ne soit ni en excès, ni en absence déguisée.

Il y a là un paradoxe subtil, très subtil, entre Être Profondément 1️⃣ Présent tout en laissant l’Autre Entièrement Libre.

Ce paradoxe, je le perçois comme un fil tendu entre deux extrémités. D’un côté, l’attachement. Cette peur de perdre la relation à l’Autre. Une peur qui pousse à enlacer trop fort. Un peu comme on tiendrait un oiseau dans ses mains en croyant le protéger au risque de l’étouffer. De l’autre côté, le détachement. Il ressemble, parfois, à une porte laissée entrouverte, à travers laquelle on jette un regard discret, sans jamais vraiment la franchir. Une manière de rester à l’abri, de ne pas s’exposer, de ne pas (res)sentir.

La Juste Distance ne serait alors ni cette proximité, parfois, envahissante qui tend à conseiller, à anticiper tout à la place de l’Autre, ni cette distance qui se cache derrière le « Je te laisse Libre » pour ne pas s’impliquer.

Je la vois aussi dans des gestes simples du quotidien. Comme lorsqu’on apprend à un enfant à faire du vélo. On tient la selle au début, on rassure, on accompagne puis vient le moment presque imperceptible où la main se retire. Ni trop tôt, ce serait l’abandon. Ni trop tard, ce serait l’empêcher de découvrir son propre équilibre. L’enfant pédale seul. La Présence reste là aussi invisible que confiante.

En même temps, la Juste Distance ne se détermine pas une fois pour toutes. Elle se ressent, s’adapte, s’écoute. C’est un ajustement permanent, un équilibre entre deux Libertés. Certains jours, elle demande de s’approcher, d’autres, de faire un pas de côté. Elle est comme la Position Juste quand je marche à côté de quelqu’un. Être assez proche pour entendre sa respiration. Être assez libre pour que chacun·e garde son propre rythme. Si l’un·e accélère, l’Autre n’est pas obligé de courir. Si l’un·e s’arrête, l’Autre n’est pas contraint de s’immobiliser.

Et peut-être que se poser cette question, sans vouloir la figer dans une réponse définitive, est déjà une forme de Juste Présence. Une Présence qui écoute avant d’agir et qui Aime sans retenir.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Charlie Floriano, Bruno Saullo & John Hanson – 2026 – Storybook)

1️⃣ : voir le texte « Faber est suae quisque fortunae ».

Publié par

Categories: ,

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Ma Spiritualité

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture