Faber est suae quisque fortunae

Il m’est arrivé souvent de confondre profondeur et complexité.

Je ne vais pas en faire l’étymologie. Ce que je peux dire, c’est que « profondeur » fait penser à aller au fond, à simplifier, à toucher l’Essence. Et que « complexité » fait penser à multiplier, relier parfois embrouiller.

Je m’explique.

Descendre en Soi, c’est, d’une certaine façon, traverser les couches du bruit mental, des pensées parfois incessantes, des rôles, des personnages, des croyances héritées ou non, jusqu’à toucher ce qui ne change pas. En fait, la profondeur ne demande pas d’effort, uniquement de la présence à Soi, de la sincérité envers Soi. Elle invite à ralentir, à rester présent, à consentir à ne plus fuir vers l’extérieur. Plus on va au fond, moins il y a de formes, moins il y a de mots. Ce qui demeure est simple, stable, silencieux.

Aller en profondeur, c’est se rapprocher de la Source, là où Tout est déjà connecté.

La complexité, elle, n’est pas « mauvaise » en soi. Elle est le reflet de la manifestation. Le monde est riche, multiple, tissé de relations, d’enchevêtrements. Cependant, lorsqu’elle devient une fin, elle éloigne du centre. La complexité excessive naît souvent d’une peur du vide comme la peur du silence, la peur d’être seul·e, peur de ne pas savoir, peur de lâcher le contrôle, peur d’avancer, peur de ne pas être aimé, peur d’aimer. Alors le mental tresse des systèmes, des explications, des hiérarchies, des labyrinthes, croyant ainsi sécuriser l’Expérience Intérieure.

Ainsi la complexité n’ouvre plus, elle freine, elle retarde. Elle donne l’illusion de progresser alors qu’elle maintient à la surface.

Lorsque des chemins intérieurs deviennent chargés de règles, de symboles obscurs, de savoirs réservés à quelques-uns, ce n’est pas forcément parce que la vérité s’y cache. C’est parce que l’essentiel s’est parfois voilé sous des couches d’interprétations. Certain·e·s y trouvent un sentiment de maîtrise, d’autres une forme de légitimité. Pourtant, la Lumière ne s’alourdit jamais. Elle circule librement.

Ce qui élève réellement ne demande pas d’initiation interminable, d’enseignement complexe, de formations alambiquées. Blaise Pascal a dit : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ». La base est simple, presque désarmante, c’est se relier, accueillir, respecter la liberté de chacun. Là où l’AMOUR circule, rien n’a besoin d’être forcé.

Les outils, les méthodes, les rituels peuvent soutenir un chemin. Cependant, ils ne sont que des appuis. Un ami dirait des béquilles. Sans une intention claire et humble, ils deviennent vides. Tout commence dans un espace intérieur dépouillé, un espace où l’on cesse de vouloir contrôler, expliquer ou posséder la vérité.

Le monde donne souvent l’impression que tout doit être structuré, justifié, validé. Cette densité fatigue l’Âme. Elle nourrit l’idée que l’on ne peut avancer qu’en se conformant, qu’en maîtrisant chaque étape, qu’en respectant un protocole. Pourtant, une part de Soi aspire à respirer, à relâcher, à se confiancer, à faire confiance à la Vie.

Je m’accorde ce droit. Je laisse tomber, ne fut-ce que quelques instants, le besoin de comprendre. Je regarde sans analyser. J’écoute sans interpréter. Je suis là, Présent, pleinement Présent, totalement Présent, devant un ciel changeant, un rire d’enfant, un oiseau chantant. Dans cette Simplicité retrouvée, quelque chose se réaccorde.

C’est souvent dans ces moments silencieux que je me synchronise naturellement avec ce qui me soutient comme la terre sous mes pas, comme les élans subtils qui me guident, comme les inspirations discrètes qui murmurent la bonne direction. Rien de spectaculaire, juste une évidence tranquille.

La voie la plus juste n’est pas celle qui impressionne, c’est celle qui apaise. Elle ne sépare pas, elle relie. Elle ne contraint pas, elle ouvre. Et elle commence toujours par un retour à l’essentiel.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Le Silence)

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