Semer les graines de la Paix

Le monde actuel est empli de conflits, de luttes, de guerres. Il suffit de regarder la télévision, d’écouter la radio, de lire le journal pour s’en apercevoir. Et ceci pour autant que chacun.e puisse avoir accès à de l’information. Dans certains pays, il n’est pas possible d’avoir accès des informations non contrôlées par leur gouvernement. C’est que qui s’appelle une dictature où la censure et le contrôle font loi. Pourtant, même dans nos démocraties, il y a aussi de la dictature. Oh pas nécessairement répressive, simplement « contrôlante ». Winston Churchill 1️⃣ disait : « La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes ».

Le présent texte va parler de, justement, de changer de système pour semer les graines de la Paix. Baruch Spinoza 2️⃣, que j’ai cité dans le texte « Oppenheimer », disait : « La Paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice ».

Ainsi, je suis souvent étonné par la manière dont la Paix est abordée. Elle est proclamée, chantée, rêvée et, en même temps, elle est rarement cultivée dans les Cœurs. Pour beaucoup, la Paix représente une utopie, un idéal lointain, un horizon à atte(i)ndre patiemment, tout en marchant sur un chemin pavé de compétitions, de rivalités, de conquêtes. Comment espérer la Paix lorsque chaque pierre de ce chemin repose sur l’ambition, la lutte, la prise de pouvoir, l’intégrisme, le contrôle, la dictature ?

À mon sens, la Paix ne peut (re)naître que via un changement de modèle, de système. Elle n’est ni le fruit du hasard, ni un don providentiel qui descendrait du Ciel. La Paix est, à mon sens, une discipline, une éducation, une manière de vivre, de penser, d’agir, d’accepter, d’intégrer. Et pourtant, notre monde éduque à tout, sauf à ceci.

Dès les premières années de ma Vie, j’ai été confronté à ce paradoxe. À l’école, on m’a appris à résoudre des équations, à réciter des poèmes, à courir plus vite que mes camarades, à être dans le challenge. Mais personne ne m’a enseigné comment résoudre un conflit intérieur, comment tendre la main à celle ou celui qui trébuche. J’ai appris à lever la main pour répondre aux questions posées. Et si je ne levais pas la main avant de donner ma réponse, j’étais puni. Qui plus est, dans chaque succès, la victoire était encensée sur les autres et, dans chaque échec, c’était ressenti comme une défaite personnelle.

Je comprends, seulement, maintenant que cette éducation à la compétition, qui me semblait anodine, portait en elle les germes des guerres les plus dévastatrices. Au-delà des guerres armées, il y a aussi celles qui sont menées au quotidien comme contre des voisins, des collègues et, parfois, même contre soi-même. Comme le disait Jiddu Krishnamurti 3️⃣ : « Ce n’est pas signe de bonne santé mentale d’être bien adapté à une société profondément malade ».

La compétition est une frontière invisible, une barrière érigée entre chacun.e. Elle sépare les « gagnants » des « perdants », les forts des faibles, les dignes des indignes et, même dans le domaine spirituel, des personnes qui se déclarent « élues » et rejettent les « non-élues ». Pourtant, cette compétition, certains enseignements la considèrent comme une vertu. Les enfants sont souvent façonnés pour qu’ils s’intègrent dans un système qui valorise la domination, l’exclusivité, l’accumulation. Mais à quel prix ? À celui de leur Paix intérieure et de la Paix collective.

Pour ma part, la véritable révolution ne sera ni politique (trop sectaire), ni technologique (trop artificiel), ni économique (trop cher), elle sera spirituelle. Cette révolution commence par un changement dans la manière de concevoir l’éducation. Au lieu d’éduquer pour la compétition, il est nécessaire d’éduquer pour la coopération. Ce simple glissement de fonctionnement transformera ce monde.

Du livre « L’Éducation et la Paix » de Maria Montessori 4️⃣, Pierre Calame 5️⃣ disait : « La Paix est une science, un art, une culture. Pour Maria Montessori, la Paix s’apprend. Dans la construction de la Paix il n’est pas de petite chose et de petite échelle : ce qui se joue entre les femmes et les hommes, entre les enfants et les adultes, entre les enfants eux-mêmes, au niveau de la famille, de la classe, du quartier, se retrouve à l’échelle des rapports entre les nations. La tolérance, la capacité à reconnaître que l’autre est à la fois semblable à moi et digne des mêmes égards, et en même temps radicalement différent et digne du même respect, se pose à l’échelle des rapports interindividuels comme à l’échelle des rapports entre les civilisations et les religions. Il n’y a pas de petite échelle pour apprendre l’harmonie, il n’y a pas de petite échelle pour apprendre la tolérance ».

Je peux résumer ce qu’il en a dit en « La Paix est une œuvre d’éducation ». Ce n’est pas un hasard si cette femme, pionnière de la pédagogie, voyait dans l’éducation un levier pour bâtir un monde harmonieux. Lorsque j’apprends à collaborer, à partager, à cocréer, je désamorce les mécanismes menant aux conflits. Je deviens ainsi un bâtisseur de ponts et non un bâtisseur de murs.

Je ne parle pas ici d’une utopie naïve. Coopérer ne signifie pas gommer les différences, c’est plutôt les intégrer dans une mosaïque plus vaste. Cela implique d’apprendre à respecter l’autre quels que soient les accords et les désaccords. Dans la coopération, les graines de la solidarité, cette force discrète unissant les Cœurs, sont semées.

La solidarité est l’essence même de l’humanité. Elle transcende les barrières culturelles, religieuses, sociales. Pourtant, elle est souvent reléguée au second plan comme si elle était perçue comme une valeur secondaire face à l’individualisme triomphant. Mais si nous voulons éduquer à la Paix, nous devons réhabiliter cette vertu essentielle.

Je sais que la solidarité commence par une reconnaissance de notre interdépendance. Aucun être humain n’est une île. Comme l’écrivait le poète John Donne 6️⃣ : « Aucun homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ». Chaque action que j’entreprends résonne dans la toile du monde tissant des liens invisibles entre nous. Enseigner ceci aux jeunes générations, c’est leur donner les outils pour bâtir un monde plus uni.

La solidarité s’apprend, tout comme on apprend à lire, à écrire, à chanter, à jouer. Elle se cultive dans les gestes du quotidien comme aider un camarade en difficulté, partager son savoir sans attendre de récompense, écouter sans juger. Ce sont ces petits actes, répétés jour après jour, qui construisent la Paix.

Alors se pose une question. Comment mettre ceci en pratique ? Comment transformer un système éducatif entier pour qu’il devienne un terreau fertile pour la Paix ? Je n’ai pas toutes les réponses. Par contre, je sais que ceci commence par un retour à l’essentiel. L’éducation ne doit pas se limiter à l’acquisition de connaissances 7️⃣. Elle doit englober le développement de l’Âme, du Cœur, de l’Esprit.

J’imagine une éducation où l’art, la philosophie, même la méditation occupent une place plus grande qu’actuellement. Où l’on apprend à contempler la beauté du monde, à poser des questions profondes, à se connecter à soi-même et aux autres. Où les écoles ne sont plus des arènes de compétition, simplement des sanctuaires de créativité, de collaboration.

Je rêve d’un monde où les enfants grandissent en apprenant que leur valeur ne réside pas dans ce qu’ils possèdent, plutôt dans ce qu’ils partagent. Où ils découvrent que le vrai courage consiste à tendre la main, et non à brandir un poing. Où ils comprennent que la Paix n’est pas un but à atteindre, qu’elle est un chemin à parcourir ensemble.

Il serait facile de rejeter cette vision comme idéaliste. Mais l’idéal n’est-il pas ce qui pousse à dépasser mes propres limites, nos propres limites ? Éduquer à la Paix n’est pas l’affaire d’une seule personne, ni même d’une seule génération. C’est un projet collectif, un héritage à construire pour celles ceux qui viendront après moi, après nous.

Chacun.e porte une responsabilité dans ce processus. Les enseignants, bien sûr, aussi les parents, les artistes, les leaders communautaires. Chacun peut contribuer, à sa manière, à créer une culture de la Paix. Comme le disait Gandhi :  » Ma vie est mon seul enseignement. Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ! ». Si, ensemble, nous voulons un monde où la coopération l’emporte sur la compétition, commençons par incarner cette valeur dans notre propre vie.

Je ne prétends pas que ce chemin soit facile. Il demande du courage, de la patience et une FOI inébranlable dans la bonté humaine. Pour ma part, je sais que ceci en « vaut la peine » 8️⃣. Chaque pas vers la Paix, aussi petit soit-il, est un pas vers un avenir plus lumineux.

La Paix est ici, en chacun.e., à portée de main, dans chaque acte de bienveillance, dans chaque mot de réconciliation, dans chaque geste de solidarité. C’est à chacune.e de la cultiver, de l’enseigner, de la vivre. Et lorsque ce choix sera fait, je suis convaincu que le monde changera. Parce que la Paix, tout comme la guerre, commence dans le Cœur des Hommes.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD (20241229-1))
(Illustration : Microsoft Designer suivant mes directives)
(Musique lors de l’écriture : Tebahide – 2024 – Placid)

1️⃣ :  Winston Churchill est un homme d’État et écrivain britannique, né le 30 novembre 1874 à Woodstock et mort le 24 janvier 1965 à Londres (Merci Wikipedia) ;

2️⃣ :  Baruch Spinoza, né le 24 novembre 1632 à Amsterdam et mort le 21 février 1677 à La Haye, est un philosophe néerlandais d’origine séfarade. Son père, Miguel de Espinosa, est né à Vidigueira et sa mère, Ana Débora Gomes Garcês de Espinosa, à Ponte de Lima (Merci Wikepedia) ;

3️⃣ :  Jiddu Krishnamurti, né à Madanapalle le 12 mai 1895 et décédé à Ojai le 17 février 1986, est un penseur indien promouvant une éducation alternative (Merci Wikipedia) ;

4️⃣ :  Maria Montessori, née le 31 août 1870 à Chiaravalle près d’Ancône dans les Marches et morte le 6 mai 1952 à Noordwijk aan Zee, est une médecin et pédagogue italienne. Elle est connue pour la méthode pédagogique qui porte son nom, la pédagogie Montessori (Merci Wikipedia) ;

5️⃣ :  Pierre Calame est un ancien haut fonctionnaire français du ministère de l’Équipement, auteur de plusieurs essais sur le rôle et la place de l’État dans la société contemporaine, a été directeur général de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme de 1988 à 2009 et en préside aujourd’hui le Conseil de fondation (Merci Wikipedia) ;

6️⃣ :  John Donne, né le 22 janvier 1572 à Londres et mort au même lieu le 31 mars 1631, est un poète et prédicateur anglais du règne de Jacques Iᵉʳ, considéré comme le chef de file de la poésie métaphysique (Merci Wikipedia) ;

7️⃣ :  voir le texte « Qu’est-ce que la Connaissance ? » ;

8️⃣ :  L’expression « valoir la peine de » signifie, en parlant d’une personne, d’une action ou d’une situation, « avoir valeur de », « mériter que », « être digne de ». Notons l’emploi du terme « peine », à rapprocher de son sens matériel (synonyme de « travail, labeur, effort ») par opposition à son sens psychologique (« affliction, tristesse »). Notons par ailleurs l’emploi du verbe « valoir », « être d’égale valeur » (Site « linternaute.fr ») ; ;

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