Liens Toxiques
Ce texte est, me semble-t-il, la suite du texte « Limérence ».
Pourtant, le premier texte dans lequel j’ai fait référence aux liens toxiques est un texte sans titre. Bien que sans titre, il partait de la citation de William Sinclair M. a écrit : « Il y a des situations, même si on vous explique, la seule manière de comprendre, est de passer par là ». Ainsi, il se pourrait que les liens toxiques soient, d’une certaine façon, un passage.
En regardant dans mon document centralisateur, je constate que j’ai fait référence à un texte intitulé « Les Liens Toxiques » et, en même temps, je n’en trouve pas la trace. Étrange ! Bon, rien de grave en tant que tel. Le présent texte, si je peux m’exprimer ainsi, en prend la relève. Ainsi, ceci me permet d’introduire l’étymologie du mot « toxique ».
Le mot toxique vient du latin « toxicum » signifiant « poison », lui-même emprunté au grec ancien « toxikon » qui signifiait littéralement « poison pour les flèches ». Ce terme dérive de « toxon » signifiant « arc » car les anciens Grecs enduisaient leurs pointes de flèches de substances mortelles (merci Wikipedia).
Ici, je ne vais pas parler d’arcs et de flèches même si, d’une certaine façon, il y a cette notion d’empoisonner non seulement la vie des autres mais également sa propre vie. Car, dans un lien, il y a toujours un point de départ et un point d’arrivée. Si je me réfère aux flèches, il y a l’archer qui décoche la flèche et il y a la cible qui la reçoit. Oh, bien sûr, dans un lien toxique, ce n’est pas une flèche physique, c’est une flèche psychologique. Pourtant le résultat peut être le même, toucher, blesser, meurtrir la « cible » qui est l’Autre.
En fait, à regarder de plus près, les liens toxiques sont silencieux. Personne n’entend le son d’une flèche qui est décochée. Les liens toxiques s’installent doucement, subtilement, presque invisiblement voire même à l’insu. Au début, ils ressemblent à de l’attachement, à de la loyauté, à de l’amitié, parfois même à de l’amour, c’est dire qu’il y a une sorte de perversité. Puis, peu à peu, quelque chose en moi me fatigue, m’épuise, me pompe mon énergie, un peu comme un vampire énergétique 1️⃣.
L’esprit devient lourd, le cœur se contracte. Je sens, un peu confus, qu’une Énergie Primordiale, un Courant Vital, est en train de s’échapper, de se perdre. C’est un peu comme dans une installation électrique avec un défaut à la terre. La seule différence, c’est que, dans l’installation électrique, il y a des différentiels qui protègent l’installation directement.
Dans les relations humaines, un lien toxique naît souvent d’un déséquilibre invisible. L’un donne sans cesse, l’autre prend sans Conscience. L’un espère être reconnu, l’autre ne voit même plus ce qui lui est offert. La relation cesse alors d’être un Espace d’Élévation et devient un lieu d’épuisement aussi bien physique que psychologique. Je s’accroche pourtant, par habitude, par peur du vide, par fidélité à une image passée de ce que la relation était ou aurait pu être.
Les amitiés aussi peuvent devenir toxiques. Non pas parce qu’il y aurait forcément de la méchanceté, simplement parce que certains êtres avancent à des rythmes différents. Une amitié qui nourrissait hier peut aujourd’hui maintenir dans des anciens schémas. Les conversations tournent en rond, les plaintes remplacent l’élan, et je me rends compte que je repars, de ces rencontres, plus fatigué, plus épuisé que nourri, que revigoré. Pourtant, chacun·e cherche toujours, il me semble, des relations qui élèvent, qui ouvrent, qui agrandissent l’Horizon Intérieur. Qui rechercherait volontairement des amitiés toxiques ?
Dans l’amour, la toxicité est encore plus subtile. L’Amour Véritable libère, il agrandit l’Être, il donne de la force pour devenir davantage soi-même. Pourtant certains attachements emprisonnent. J’aime avec peur. J’aime avec dépendance. J’aime avec le besoin d’être sauvé·e, d’être reconnu·e. Alors l’autre devient une source de validation voire un miroir fragile. Ce n’est plus une Présence Libre. L’amour cesse d’être un mouvement vibrant, vivant. Il devient un champ de tension, d’exaspération.
Et, en Spiritualité, existe-t-il des liens toxiques ? Eh bien, pour moi, la réponse est : « Oui ! ». Ils sont peut-être les plus difficiles à reconnaître. Parfois, une croyance, une « autorité », un « maître », un groupe ou une vision du monde promet la Lumière et, en même temps, installe la peur. J’apprends à douter de moi, à réprimer mon intuition, à me sentir coupable d’exister autrement. Là où la Spiritualité devrait ouvrir l’Âme à la Paix et à la Liberté, elle devient un système qui enferme. Que dire des gourous qui excellent dans cet art de la manipulation aussi bien humaine que spirituelle !
Le signe le plus profond d’un lien toxique, qu’il soit humain ou spirituel, est la perte progressive de notre Centre Intérieur, de notre Voie Intérieure, de notre Voix Intérieure. Je me sens éloigné de Moi. J’agis pour maintenir la relation plutôt que pour rester fidèle à la Vérité du Cœur. Et plus le temps passe, plus mon Âme murmure doucement qu’elle aspire à autre chose. Cette autre chose qui est un Espace où l’on peut respirer, où l’on peut Vibrer.
Se libérer d’un lien toxique n’est pas toujours un acte de rupture violente. C’est souvent un acte de retour à Soi. Il faut d’abord reconnaître ce que je ressens vraiment, sans jugement, ni pour Soi, ni pour l’Autre. Ensuite accepter que toutes les relations n’ont pas vocation à durer éternellement dans la même forme. Certaines viennent pour enseigner, pour révéler, pour réveiller, d’autres pour accompagner un temps, puis elles doivent être laissées derrière nous. Cette libération peut passer par une prise de Conscience en disant avec le Cœur : « Bienvenue (Merci) – Je constate – J’accueille – Je Libère ».
Bien que cet « outil » soit simple en apparence, il demande d’avoir un Regard Intérieur et de pouvoir exercer le Pardon. Cet « outil » qui commence par « Bienvenue (ou Merci) » dit, « simplement », pour moi que je remercie CE QUI EST. Puis que je constate qu’il y a une situation, peu importe, la situation, même si je ne connais pas son rôle, son importance, la situation, l’expérience est là et bien là. Peu importe la compréhension que je peux avoir. Il n’y a pas de raisons à (re)chercher. Simplement un constat sans jugement. L’accueil se fait avec le Cœur pas avec la tête. C’est un accueil ressenti, intégré. Ensuite pour finir par la libération, laisser partir, laisser « mourir » l’ancien 2️⃣.
Cet « outil », que j’utilise au quotidien, m’a apporté une certaine fluidité dans ma Vie. Je sais que ce n’est pas toujours facile, aisé et, en même temps, c’est comme un apprentissage. Plus les « gestes » sont répétés, plus ils sont « précis ». Cet « outil » n’est pas réservé aux liens toxiques. Il peut être utilisé à tous moments lorsqu’il y a une pensée « perturbante ».
Pour terminer ce texte, je dirais que, Spirituellement, chaque relation est une rencontre entre deux chemins d’évolution. Quand ces chemins cessent de se soutenir mutuellement, l’Univers lui-même semble inviter au détachement. Non pas avec colère, uniquement avec lucidité, avec clairvoyance. Car la Liberté Intérieure est une Condition Essentielle de la Croissance de l’Âme.
Ainsi, quitter un lien toxique n’est pas rejeter l’Autre. C’est simplement reconnaître que l’Amour Véritable ne se nourrit ni de la peur, ni de la culpabilité, ni de l’épuisement, ni de l’attachement. L’Amour Véritable circule Librement. Et lorsque l’on retrouve cet Espace de Liberté, quelque chose en Moi se réveille. Il y a la sensation paisible d’être centrée, aligné avec la Vérité Profonde de mon Être, avec le Chemin de Vie que mon Âme, via sa Conscience Supérieure, a choisi d’emprunter.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Le Silence)
1️⃣ : voir le texte « Vampire énergétique ? Vous avez dit Vampire ? » ;
2️⃣ : voir le texte « Laisser mourir l’ancien ».

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