Dans le Presque Rien, L’Infini
Ce matin, à la radio, passait la chanson de Tristan : « Bonne, bonne humeur ce matin ». Le refrain est : « Je suis de bonne, bonne, bonne – Bonne humeur ce matin – Y’a des matins comm’ça! ». Eh bien, moi aussi, je suis de bonne humeur ce matin. Non pas que je sois de mauvaise humeur le matin. Et ce matin, justement, quelque chose sourit en moi.
Ce n’est pas une euphorie. C’est léger, doux, vaporeux. Plutôt une paix légère, comme l’effet de la mer. Le fameux effet mer avec un peu de sel sur les lèvres, une lumière douce qui traverse les nuages, le souffle tiède du vent marin sur la peau. Le corps sait avant les mots. Il reçoit. Il consent. Un baiser sur le dos de la main, dans le cou révèle toutes les subtilités de ce souffle.
Les oiseaux tracent dans l’air des poèmes que personne ne signe. Je marche, je les regarde et, entre deux pas, entre deux instants, un sourire naît. Et, sans raison, cette phrase se dépose : « J’aime la Vie ».
Je vieillis. Les saisons tournent leurs pages sans bruit. Le livre de ma vie s’ouvre et se referme au gré d’un vent intérieur. Tout change et tout est juste. Vieillir n’est ni naufrage ni refuge. C’est un dépouillement. Vieillir, c’est garder l’essentiel et se débarrasser du superflu. Une façon d’apprendre à marcher plus lentement pour marcher plus juste. En écrivant ce texte, je croyais m’éloigner du sujet et la réponse qui me vient est non car Tout m’y ramène.
Il suffit parfois d’un parfum de fleurs dans une rue ordinaire pour qu’un passage secret s’ouvre vers l’enfance. J’aime quand le rire et les larmes se tiennent par la main, se câlinent, car ils savent qu’ils viennent de la même Source. La Vie n’est pas un ciel sans nuages, c’est un ciel habité. Chaque nuage enseigne à la Lumière comment y entrer pleinement.
Je ne fuis pas la souffrance. Elle est là, comme une pluie fine, même les jours de fête. Je sais que la terre s’en nourrit pour faire lever le blé. Pourquoi nos cœurs n’en feraient-ils pas autant ?
Alors oui, j’aime la Vie. Je l’aime avec ses pas de travers, avec ses élans lumineux, avec ses détours, avec ses éclats. J’aime mes chemins, mes saisons, mes silences, mes (re)commencements. Dans chaque geste simple, j’ouvre un espace invisible où la Vie reprend souffle, se remet en mouvement, se remet à chanter.
Peut-être que réenchanter le monde ne commence pas par de grandes promesses, simplement par cette attention douce, amicale, fidèle, chaleureuse aux choses ordinaires comme un sourire entre deux pas, un oiseau dans le matin, une main tendue sans bruit.
C’est là, dans ce presque rien, que quelque chose de vaste apprend à respirer entre nous.
Dans le Presque Rien, se trouve l’Infini.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Glyderau – 2026 – Virtual Traveller)

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