Sortir de la Matrice ?

Récemment, j’ai été amené à regarder le film « Don’t Worry, Darling » (« Ne t’inquiète pas, Chérie »). Je ne vais pas en faire le résumé, je vais simplement donner l’indice que c’est un film bien différent de Matrix. Le même jour, j’ai réécouté la dernière cassette que j’avais concernant un échange avec Judicaël. Cette cassette date du 21.03.2003.

C’était la dernière fois que j’allais communiquer avec lui à travers Françoise. A part la lettre de Françoise/Judicaël envoyée fin avril 2003. J’en ai parlé à plusieurs reprises cette année. Cette année de la Présence.

Depuis plusieurs dizaines d’années et, encore plus maintenant, j’entends, je lis des informations sur « Sortir de la Matrice » d’où le presque titre de ce texte. J’y ai mis un point d’interrogation.

Pour moi, il est évident qu’il y a souvent une « erreur de compréhension » ou « un biais d’acceptation » de ce que représente « Sortir de la matrice ».

Ce fameux « Sortir de la matrice ». Beaucoup imagine une fuite spectaculaire, une porte secrète derrière le décor, un réveil brutal loin d’un monde dit faux. Pourtant ! Pourtant et si ce n’était pas une évasion, une échappatoire ? Et si, au contraire, c’était une immersion totale ? Non pas quitter le jeu, simplement enfin y Être Vraiment, Totalement, Intégralement.

Je sais que j’ai déjà écrit un texte sur « La Vie est un Jeu …. Sans Enjeux ». Ce texte que j’ai mis plus d’un an à finaliser. Ce serait un peu comme un jeu vidéo sur de longs mois. J’ai souvent pensé que, dans ce jeu, il y avait un gagnant et un perdant. C’est que l’on nous « inculque » quand on joue. Il y a forcément un gagnant et un perdant. Et pourtant, il n’y a aucun enjeu. Même si le fait de perdre permet d’apprendre, de progresser, de voir d’autres perspectives.

C’est, en quelque sorte, ce qui est « proposé » dans la dualité. En effet, chacun·e joue au jeu de la dualité. En même temps, « le Jeu de la Vie n’est point le Jeu de la Dualité » comme me l’avait dit Judicaël. « Le Jeu de la Vie c’est le Jeu de la Complémentarité et de l’Unité ». Comme quoi, plus de 20 ans plus tard, des messages prennent toute leur « signification ».

Ainsi la « matrice » vendue par certain·e·s comme un système extérieur dont il faut sortir, c’est surtout une manière d’être absent à sa Propre Vie. C’est boire son café le matin sans le goûter. C’est hocher la tête pendant qu’un proche parle tout en pensant à autre chose. C’est traverser ses journées comme on fait défiler un écran. C’est ne jamais toucher vraiment ce qui est là. On croit être dans la réalité et, en même temps, on vit en surface comme si on regardait sa propre existence derrière une vitre.

« Sortir de la matrice », ce n’est pas casser la vitre. C’est la traverser.

C’est sentir la chaleur de la tasse entre ses mains et réaliser que cet instant ne reviendra jamais sous cette forme précise. C’est entendre la fatigue dans la voix d’un ami et décider d’être là, vraiment là, pas seulement par politesse, simplement présent, Être Présent. C’est marcher dans la rue et, au lieu de penser à hier ou à demain, sentir le sol sous ses pas, le vent sur son visage, le poids de son corps Vivant. Rien d’extraordinaire et pourtant tout est là.

Des personnes vendent l’éveil comme étant quelque chose de spectaculaire. Cependant, la vraie sortie de la matrice ressemble plutôt à quelqu’un qui fait la vaisselle en pleine conscience. L’eau chaude, le bruit des assiettes, la mousse qui disparaît et soudain, ce n’est plus une corvée, c’est un moment d’Existence Pure. La matrice, c’était l’automatisme. La sortie, c’est la Présence.

Dans le texte « Noria », je reprenais le dicton Zen : « Avant l’illumination coupe du bois et transporte de l’eau. Après l’illumination coupe du bois et transporte de l’eau« . Dit d’une autre façon en citant Osho : « La différence est à l’intérieur. Avant, je faisais les choses dans un état de sommeil. Maintenant, je les fais avec conscience, c’est la seule différence. Les activités sont les mêmes mais je ne suis pas le même. Le monde est le même, mais je ne suis pas le même. Et parce que je ne suis plus le même, pour moi, le monde aussi n’est plus le même ».

« Sortir de la Matrice », c’est aussi oser ressentir entièrement. Dans la matrice, c’est comme une sorte d’anesthésie. La tristesse veut être évitée. L’ennui veut être fui. La peur veut être masquée sous du bruit, sous des distractions.

En sortir, c’est accepter que le Cœur vive tout le Spectre. La peine n’est plus un bug à corriger, c’est une vague à traverser. La joie n’est plus une distraction passagère, c’est une expansion qui prend toute sa place. Je ne cherche plus à modifier l’expérience, je la laisse me traverser, je la laisse me transformer.

C’est comme passer du rôle de spectateur à celui d’acteur puis réaliser que je suis aussi la scène, la lumière, le silence entre deux répliques. Quand quelqu’un me critique, au lieu de réagir comme un programme blessé, j’observe. Qu’est-ce que ceci touche en moi ? Quand quelque chose échoue, je ne vois plus une erreur dans le système. C’est une direction qui se redessine. La vie cesse d’être une série de problèmes à résoudre et devient un terrain à explorer.

« Sortir de la matrice », c’est arrêter de vivre dans le commentaire permanent de sa propre vie. C’est cesser de dire intérieurement « ceci devrait être autrement » et commencer à dire « voilà ce qui est ». Pas une résignation, uniquement une rencontre. C’est comme ouvrir les yeux sous l’eau, au début ça pique puis je découvre un monde que je ne voyais pas.

Même dans les choses simples comme faire son lit qui devient un geste d’ordre intérieur. Cuisiner devient un acte d’attention. Écouter quelqu’un devient un Acte d’Amour. Rien n’a changé à l’extérieur et, pourtant, tout est différent. Tout ceci parce que je ne suis plus divisé. Je ne suis plus une tête pleine de pensées « traînée » par un corps automatique. Je deviens un Être Entier qui Vit ce qu’il Vit pendant qu’il le Vit.

La matrice, au fond, c’est la séparation. Entre ce qu’on fait et ce qu’on est, entre le Corps et l’Esprit, entre l’Instant Présent et l’attention. En sortir, c’est réunifier même si l’on n’a jamais été séparé. C’est habiter son souffle, ses gestes, ses émotions, ses silences. C’est cesser de chercher la sortie de secours et découvrir que la porte était l’instant lui-même.

Alors je ne m’échappe pas du monde. J’y entre enfin.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Dayazell – 2025 – Hypnos)

Voici les derniers mots prononcés par Judicaël à mon égard.

Laisse-toi vibrer.
Laisse-toi aller.
Laisse-toi t’aimer.
Laisse-toi te recevoir.
Tu es déjà cette totalité.
Tu manifestes déjà ce tout.
Et en chaque être, tu le vois, tu le découvres aussi.
Sois remercié.
Ne crains point l’éloignement de tes outils.
Ne crains point de ne plus avoir d’outils.
Tu es l’outil.
Habite-toi dans ce corps terrestre qui est et manifeste cet outil, le seul indispensable dont tu as besoin.
Ce temple merveilleux pour ton incarnation présente, complète et entière.
Je t’aime et je te remercie.

Publié par

Categories: ,

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Ma Spiritualité

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture