Le Jour où la Béquille tombe
En relançant la lettre que Françoise/Judicaël m’avait envoyée fin avril 2003, elle me parle, entre autres, de l’attachement que l’on peut avoir avec des Êtres de Lumière. Attachement dans le sens où l’on peut devenir « accro » aux rencontres que l’on a avec eux. A l’époque, j’avais déjà été « mis en garde » à ce sujet. Dans la lettre, Françoise/Judicaël me parlait aussi de « béquilles ». D »où le titre de ce texte car quand la béquille tombe, on peut perdre l’équilibre et chuter lourdement.
Et je me suis souvenu d’une réplique dans le film Nanny McPhee : « Il y a quelque chose que vous devez comprendre dans ma façon de travailler. Quand vous avez besoin de moi mais que vous ne voulez pas de moi, alors je dois rester. Quand vous voulez de moi mais que vous n’avez plus besoin de moi, alors je dois partir. C’est assez triste, en réalité, mais c’est ainsi ».
Sans le savoir, sans le vouloir, c’est ce que je vis dans ma Spiritualité.
Dans ma vie, il y a eu des présences ressemblant à des orages, des tornades, des tempêtes. Des évènements qui, au final, se sont révélés être des Passages. Bien évidemment quand ces évènements étaient là, je ne les ai pas perçus comme tel. Ce n’est qu’après, parfois, bien après que j’en ai accepté le Sens. Les tempêtes arrivent sans qu’elles soient invitées. Qui voudrait inviter des tempêtes chez soi ? Elles dérangent les habitudes, bousculent les certitudes et s’installent exactement là où il y a de la résistance en moi.
Je ne les veux pas. Je les « juge » sévères, injustes, intrusives voire destructrices. Pourtant, si elles sont là, bien là, c’est qu’il existe dans un endroit profond, invisible pour moi, quelque chose qui les appelle. En fait, tant que j’ai besoin d’une aide que mon « orgueil » refuse, elle demeure. En même temps, lorsqu’enfin mon Cœur s’ouvre à elle, c’est que leur Œuvre est déjà accomplie. C’est ceci l’esprit de la réplique de Nanny McPhee.
L’Âme grandit, rarement, dans le confort même si beaucoup de personnes aimeraient que ça se passe ainsi,. Elle grandit comme une pierre polie par le courant. Lentement la Source réalise son Œuvre. L’eau ne demande pas à la pierre si elle accepte d’être transformée. Elle passe, encore et encore, même si ce n’est jamais la même eau. Ce qui était rugueux devient lisse. Sur le moment, la pierre pourrait croire qu’elle est attaquée, que quelque chose cherche à la détruire, alors qu’en réalité, se révèle sa forme cachée. Ainsi sont les épreuves, les rencontres difficiles, les vérités qui dérangent, les expériences étranges. Pour moi, même si j’apprécie les inattendus, les « bienvenus », de temps en temps, j’aimerai ne pas en avoir. Pourtant, tout est Ici parce que je ne sais pas, encore, m’aider moi-même. « Aide-toi et le Ciel t’aidera » me vient à l’Esprit.
Il y a une grande illusion humaine : « Croire que ce qui nous aime doit toujours nous soulager ». Or, l’Amour Véritable ne cherche pas à être agréable, il cherche à faire grandir, à s’épanouir. Comme le jardinier qui taille la branche pour que l’arbre vive mieux, comme le maître qui exige plus que l’élève ne pense pouvoir donner, comme la vie elle-même qui ferme une porte que l’on s’acharnait à garder ouverte. Sur le moment, on parle de perte, d’injustice, d’abandon voire de trahison. Plus tard, on parle de tournant, de révélation, de renaissance et on en vient à remercier. Merci la Vie ! Merci ma Vie !
Quand enfin nous « voulons » cette présence, quand nous l’avons accepté, quand nous reconnaissons ce qu’elle nous a apporté, c’est que nous n’avons déjà plus besoin qu’elle fasse le travail à notre place. La force qu’elle représentait à l’extérieur s’est éveillée à l’intérieur. La béquille devient inutile lorsque la jambe a guéri. Le guide s’efface lorsque la Lumière est trouvée. Ce départ n’est pas une punition, c’est une Consécration Silencieuse, c’est reconnaître que je peux marcher Seul·e maintenant.
Dans le détachement, Il y a une Force Immense. Ce qui est Juste pour moi ne s’accroche pas. Cela vient, accomplit son rôle, puis se retire sans bruit. Seul l’ego veut rester « indispensable ». La vie, elle, veut me rendre Libre, nous rendre Libres. Chaque « Nanny McPhee » de mon Existence, une épreuve, une personne, une période difficile, est une force de transition. Elle ne vient pas pour s’installer. Elle vient pour me faire traverser. Elle vient pour Laisser la Vie me traverser, nous traverser.
Ainsi, lorsque quelque chose dans ma vie me « dérange » profondément, au lieu de seulement demander « Comment m’en défaire ? », il y a peut-être une autre question, plus intime, plus intérieure : « Qu’est-ce que cela est en train de faire naître en moi ? ». Car le miracle n’est pas que l’aide arrive. Le miracle, c’est qu’un jour, elle puisse partir et que Je reste debout, transformé, porteur moi-même de ce que je cherchais autrefois à l’extérieur.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Supertramp – 2026 – Crime Of The Century (2025 Remastered))

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