La Stratégie du Fou

Ce matin en prenant mon petit déjeuner. Je me suis mis à penser à D.T. des états que l’on dit unis. Je sais qu’il occupe l’espace médiatique et, en même temps, je me suis dit qu’elle est la stratégie de ce fou (oui, je sais c’est un jugement). En même temps, c’est fou que je mette dans la même idée « stratégie » et « fou ».

C’est paradoxal, n’est-il pas ? D’un côté, la stratégie implique, normalement, une anticipation, une planification, de la rationalité. De l’autre, le mot « fou » suggère plus quelque chose d’imprévisible, d’irrationnel voire de chaotique. L’association des deux pose la question : « Comment peut-on prévoir ou manipuler en adoptant un comportement que l’on dit ‘fou’ ? ». Et si c’était ça, l’enjeu de la stratégie du fou, la manipulation. La manipulation des masses, la manipulation des émotions.

Je sais convaincu que tout le monde a son propre avis sur ce personnage. Peu importe l’avis, le personnage marque par ses décisions, par ses volte-face, par ses mensonges, par ses vérités.

J’avais lu un article se posant la question si D.T. était un génie ou un fou, s’il était abruti, idiot, ou, au contraire, stratège, intelligent. J’ai même lu qu’il se disait missionné par Dieu en disant « Je pense que Dieu est très fier de mon boulot ». Se perçoit-il, alors, comme le nouveau messie ou d’autres le perçoivent-ils comme le messie tant attendu ? Ou, pour certain·e·s, est-il l’antéchrist ? Je ne sais pas. Je ne suis pas dans sa tête.

Et puis je me rappelle de cette citation faussement attribuée à Albert Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent ». Cette citation que je croyais réellement prononcée ou écrite par Albert Einstein avant que je ne fasse des recherches et me rendre compte qu’il ne l’a jamais prononcée. Peut-on s’attendre à un résultat différent dans les décisions de D.T.

Je me souviens également de la phrase de Salvador Dali : « La seule différence entre moi et un fou, c’est que je ne suis pas fou ! ». Je perçois cette phrase comme une provocation poétique. Dali sait que sa personnalité, son art peuvent être perçus comme Dali comme « fous ». En même temps, il affirme, d’une certaine façon, sa Conscience de Soi dans son œuvre. Il explore la frontière entre l’irrationnel et la raison, entre le rêve et la réalité.

J’entends la question : « Mais Michaël, quel est le lien entre D.T. et Salvador Dali ? ». Il y a dix ans, j’ai été voir l’exposition « De Salvador à Dali » à Liège. Salvador Dali utilisait souvent l’absurde, l’exagération, la provocation dans son art, dans son œuvre, dans ses déclarations publiques. En fait, il utilisait une stratégie jouant sur l’impact médiatique et, notamment, la rupture avec les normes établies. Je réponds à la question, n’est-il pas ?

En fait, c’est un peu comme si je disais : « Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi » 1️⃣. N’est-ce pas ce qui se passe avec D.T. ? Occuper l’espace médiatique. Allumer des contre-feux quand la situation ne lui plaît pas. Perdurer dans le mensonge. Ne jamais dire que l’on s’est trompé. Ne jamais avouer. Je sais que ce n’est pas récent. Beaucoup d’hommes, de femmes politiques ou non utilisent cette stratégie.

Ainsi, pourquoi ai-je intitulé ce texte « La Stratégie du Fou » ?

Voici ce qui est dit sur Wikipedia concernant la « Stratégie du Fou » ou « La Théorie du Fou » : « La théorie du fou (en anglais : madman theory), aussi appelée la stratégie du fou, est une théorie politique associée à la politique étrangère du président américain Richard Nixon. Ce dernier, avec son administration, a tenté de faire croire aux dirigeants des pays hostiles du bloc de l’Est qu’ils ont en face d’eux un dirigeant au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction. Ainsi, ces pays hostiles ne devaient pas être tentés de provoquer les États-Unis, craignant une réponse américaine inattendue ». Une bien belle définition !

Cependant, est-ce que cette théorie se limite, uniquement, à une stratégie médiatique ou politique ?

Humainement, elle me dit que celui qui semble agir sans logique, sans peur des conventions, atteint, paradoxalement, soit des résultats attendus, soit des résultats inattendus.

Je m’explique avec deux exemples. Dans le genre d’un résultat attendu, j’imagine un parent qui fait semblant de perdre patience avec ses enfants pour que ceux-ci écoutent plus vite. Il ne s’agit pas d’être vraiment « fou » plutôt de créer une peur, une perception de punition, pour obtenir un résultat d’obéissance.

Pour un résultat inattendu, j’imagine un enfant qui, en construisant un château de sable, détruit une tour, puis découvre qu’en le faisant, il a créé une sorte d’effet visuel, de « déconstruction » que personne n’avait imaginé. De l’extérieur, cela paraît chaotique, irrationnel, « fou ». Pour l’enfant, c’est un jeu, une expérimentation, un acte de créativité pure.

Ce groupe, ce site parle de Spiritualité. Où serait la Spiritualité dans cette « Stratégie du Fou » ?

J’y viens. Bien que ce soit une théorie, elle invite à voir ce qui dépasse la propre logique. Le « Fou » pourrait être celui qui ose écouter sa Voix Intérieure, son Intuition. Celui qui marche là où la raison n’ose pas. Combien de personnes ont pensé que j’étais « fou », « zinzin », que j’avais un « grain » quand je parle de ma Spiritualité ? J’en connais quelques-uns.

Est-il « fou » celui qui décide de transformer un terrain vague en jardin partagé ? Est-il « fou » le collègue qui propose une idée jugée farfelue et qui finit par changer la dynamique de toute l’équipe ? Est-elle « folle » cette personne qui choisit le pardon là où tout le monde s’attend à la rancune. À travers mes quelques exemples, ce qui semble « fou » à première vue est souvent le chemin vers un monde plus Lumineux, plus Vivant.

En fait, je peux voir dans « La Stratégie du Fou » comme une sorte d’impermanence 2️⃣. Parfois, il est nécessaire d’accepter de rompre les routines, les habitudes, les schémas et de se tenir au bord de l’inattendu 3️⃣, pour découvrir la beauté et sa vérité qui se cachent derrière l’apparence irrationnelle.

C’est un peu comme un peintre qui jette des couleurs sur la toile sans plan précis, au « pif », au « hasard », il est le « Fou » conscient de sa mission qui transforme le chaos en art, l’absurde en révélation, l’ordinaire en extraordinaire.

Ainsi, aussi fou que je sois, je me suis amusé à (re)trouver des expressions comportant cette « folie ». Je suis convaincu qu’il y en beaucoup qui trouveront un écho. Il/Elle est fou/folle à lier. Être fou de joie. Être fou amoureux. Fou furieux. Ça me rend fou. Il/elle est fou/folle de quelqu’un. C’est fou ce que tu viens de me dire. C’est fou ce que tu viens d’écrire. Eh oui ! La folie peut représenter aussi bien la colère, l’enthousiasme, l’exagération, l’absurde et même l’Amour.

Ainsi, que ce soit dans la politique, dans l’art, dans la vie quotidienne, « La Stratégie du Fou » me rappelle que ce que l’on perçoit comme « folie » peut en réalité être une manifestation de courage, de créativité, de Lumière. Peut-être que, dans chaque « Fou/Folle », il y a une petite Étincelle Divine qui nous montre la Voie que notre raison ne peut encore concevoir.

Soyons Fous !

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Avenues & Oceans – 2025 – And the Crows Flew Away)

1️⃣ : Léon Zitrone (1914-1995) ;
2️⃣ : voir le texte « L’impermanence de l’ignorance » ;
3️⃣ : voir le texte « Inattendu ».

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