(Et si Dieu était) L’un de nous
Hier matin, je me suis réveillé avec la chanson « One of Us » en tête. Quand j’écris « en tête », ce n’était que « One of Us » sans rien d’autre, rien que le « refrain » et le titre de la chanson. Je sais que le titre de cette chanson se traduit par « L’un de Nous ». Jusque-là, rien de surprenant à part que je me réveille avec cette chanson en tête au réveil.
(aparté : à la relecture du texte, je constate que cette chanson n’est qu’un prétexte pour (r)établir le lien vers le Sacré).
Donc, tel un détective, je me suis mis en conquête de cette chanson et j’avoue que j’ai été surpris et bien surpris. Quand j’écoute une chanson dans une langue étrangère, je retiens surtout la mélodie et la voix du chanteur et de la chanteuse.
Je me souviens qu’étant jeune, je prenais le texte des chansons des 33 tours et, avec l’aide d’un dictionnaire français-anglais, je les traduisais (pas d’internet à l’époque). J’étais étonné de certaines traductions. Je me suis dit, c’est quand cette « idiotie » qui est chantée. Pas de profondeur, pas de message, pas d’engagement. Non pas que je souhaite que toutes les chansons aient un message politique, spirituel ou autre et, en même temps, un petit message d’encouragement, un petit message à faire passer.
Bon, je reconnais que la chanson « La Danse des Canards » ou « Il est beau, le lavabo » sont des chansons entraînantes mais de là à recevoir un prix Nobel de littérature, il y a un énorme fossé. Point de jugement de ma part, simplement un constat, ces chansons ont fait aussi la part belle à toute une génération par leur rythme soutenu. N’est-ce pas le but d’une chanson, toucher les personnes d’une manière ou d’autre ?
Je reviens à « One of Us ». En fait, le refrain est « What if God was one of us » traduit par « Et si Dieu était l’un de nous ». Je sais que j’ai déjà écrit que nous sommes toutes et tous Dieu (peu importe le nom). Je n’ai aucun doute sur cette particule Divine que chacun·e possède. Au-delà de cette affirmation, la question posée dans la chanson est « Et si Dieu était l’un de nous » avec, sous-entendu pour moi, la question « Est-ce si Dieu s’incarnait en tant qu’entité en l’un de nous ? ».
Je ne parle pas d’une Âme ou d’une Conscience Supérieure issue de Dieu. Je parle de Dieu lui-même qui fait l’expérience lui-même de l’incarnation sans passer par les « strates » des Êtres de Lumière (ange, archange, séraphin, elohim, enta, ….). Pour parler plus direct, c’est le cas de le dire, une incarnation directe sans passer par tout le parcours décrit dans le livre « Pardonner à la Mort » 1️⃣ de Sylvain Didelot.
Cette chanson a pour thème central une réflexion aussi bien spirituelle qu’humaniste. Et si Dieu était l’un de nous, qu’est-ce je ferais si je le rencontrais ?
Est-ce que je le considérerais comme une entité toute-puissante ou plutôt comme une personne « ordinaire », vulnérable, confrontée aussi bien à la solitude, aux doutes, au rejet, à la souffrance, à la douleur qu’aux certitudes, à la joie, à l’amour, à l’accompagnement ?
Est-ce que je le considérerais comme un marginal, un étranger, un « type bizarre » ou est-ce que je l’accueillerais dans la bienveillance avec attention et respect ?
En fait, cette chanson questionne aussi bien sur la FOI que sur le rapport au Sacré sans donner de réponse. Donc, chanson ouverte ? Oui et, en même temps, est-il possible que cette chanson parle plus de nous que de Dieu ? De notre capacité (ou incapacité) à reconnaître le Sacré dans l’ordinaire et le Divin Humain (ou Humain Divin) dans l’autre.
Et si, derrière chaque visage croisé dans la rue, se cachait une étincelle du divin ? Non pas un Dieu lointain, inaccessible, simplement une présence (oh ! oh ! mon maître-mot pour cette année) humble, fragile, presque maladroite. Une présence qui trébuche, qui doute, qui cherche encore son chemin.
En fait, l’idée de cette chanson, en tout cas pour moi, est de ne pas réduire le Sacré à l’HUmain, simplement de rappeler que l’HUmain est déjà traversé par le Sacré. Que la « transcendance » ne se tient pas au-dessus de moi, simplement au Cœur même de mes hésitations, de mes failles, de mes élans, de ma Vie.
J’imagine un instant que le Divin marche à côté de moi, sans éclat, sans halo, sans certitude. Qu’il serait comme le dit la chanson, un voyageur fatigué, un inconnu dans un bus, un regard perdu dans la foule. Et si ce visage ordinaire portait en lui la même Lumière que celle qui est moi depuis le début ?
Alors la question change. Ce n’est plus où est Dieu ? C’est comment puis-je reconnaître le Sacré dans ce qui semble insignifiant, banal, ordinaire, quotidien ? Dans la main tendue, dans le silence partagé, dans la vulnérabilité d’un Être qui, comme moi, avance malgré tout.
En fait, cette chanson au réveil me rappelle que la Spiritualité n’est pas une ascension vers un ciel lointain. C’est un retour vers la Simplicité. C’est un retour avec cette vérité qui est mienne : « Nous sommes tous des fragments d’Infini, des éclats de Lumière se frôlant sans toujours en avoir Conscience ».
Et si Dieu était « L’un de nous » alors chaque rencontre devient une évidence, chaque geste une offrande, chaque respiration un miracle.
Le Divin cesse d’être une réponse et devient une Présence. Une Présence qui invite à regarder autrement, à aimer autrement, à vivre avec cette Conscience que rien n’est banal, que tout est traversé par une Lumière qui ne demande qu’à être reconnue.
(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Joan Osborne – 1995 – Relish (Expanded Edition))
1️⃣ : voir le texte « Rev(u)es de Vie »

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