« Avec » ou « Sans » ?

Il y a trois ans, j’avais posté une image avec le texte suivant : Il y a des jours « avec ». Il y a des jours « sans ». Et les jours « sans », Faut faire « avec ».

Mon Frère Léon avait répondu par : Il y a des jours « sans ». Il y a des jours « avec ». Et les jours « avec », Faut faire « sans ».

La réponse pourrait être perçue comme humoristique. Pourtant, il y a quand même un sens à ce que je pourrais nommer deux écoles, deux voies, deux chemins.

Dans la première école, dit d’une autre façon, ce serait : « Accueille ce qui manque ! ». Tout être humain s’est déjà dit, souvent voire toujours, qu’il y a quelque chose qui lui manque.

Accueillir ce qui manque c’est comme un espace ouvert dont la limite n’est pas connue. Pourtant le vide n’est pas un « échec », c’est une invitation. Là où quelque chose manque, quelque chose peut éclore.

Quand une réponse tarde, j’apprends la patience.
Quand un être cher n’est plus là, son absence crée un lieu pour un amour plus vaste.
Quand je me sens démuni, sans force ni certitude, je découvre que l’essentiel ne dépend pas toujours de ce que je possède.

Accueillir ce qui manque, c’est renoncer à combler trop vite. C’est écouter le silence entre deux mots, accepter la fragilité d’un jour sans bonheur et faire confiance à ce qui mûrit dans l’ombre. Car, souvent, ce qui est cherché n’apparaît qu’au moment où je consens à ne plus le saisir. Le manque devient alors un pont et non un fossé. C’est un passage vers plus de profondeur, de liberté, de vérité intérieure.

Dans la deuxième école, dit d’une autre façon, ce serait : « Ne t’accroche pas à ce qui abonde ! ». Tout être humain s’est déjà dit, souvent voire toujours, qu’il ne veut pas perdre ce qu’il a « durement » acquis.

Ne t’accroche pas à ce qui abonde car, même, l’abondance peut devenir un poids. Ce qui déborde aujourd’hui peut enchaîner demain si richesse et attachement sont confondus.

Quand les mots viennent trop facilement, j’apprends à me taire pour écouter.
Quand les biens s’accumulent, je partage pour ne pas m’alourdir.
Quand les succès se répètent, je garde l’humilité afin qu’ils ne ferment pas mon Cœur.

Ne t’accroche pas à ce qui abonde comme la reconnaissance, le confort, les certitudes. Tout ce qui est trop plein empêche parfois le souffle de circuler. L’eau stagnante finit par perdre sa clarté. Je laisse passer ce qui vient en excès comme dans une main ouverte pour que le sable s’écoule. Alors l’abondance cesse d’être une possession et devient un don, libre, vivant, capable de nourrir sans enfermer.

Chacun·e a déjà vécu des chemins où les jours, même des heures, se partagent dans une de ces deux écoles. Certains naissent pleins, d’autres semblent vides. Les premiers offrent leur souffle sans effort. Les seconds avancent avec un souffle plus court comme si le monde retenait sa respiration, comme si le monde était en manque de respiration.

Sur le chemin des jours pleins, l’Être apprend la Gratitude. Il demande. Il reçoit. Il s’ouvre. Il se laisse traverser par l’abondance (le chemin de l’abondance si cher à Judicaël). Il remercie. Cependant, Il découvre, aussi, que s’attacher trop fort peut transformer le bonheur en crainte de la perdre.

Sur le chemin des jours vides, l’Être apprend la patience. Il marche avec ce qui manque. Il écoute le silence. Il apprend à ne pas confondre le vide avec l’absence de sens. Cependant, il découvre aussi que se résigner trop vite peut refermer la porte à ce qui cherche à (re)naître.

Et puis, un jour, quelque chose s’éclaire. Ce n’est pas une troisième école, une troisième voie, un troisième chemin. C’est une nouvelle manière de marcher. Un peu comme l’enfant qui apprend à avancer un pas après l’autre. Dans un premier temps, de manière déséquilibrée. Puis de manière assurée.

Une manière où le plein n’enivre plus, où le vide n’effraie plus. Une manière où l’on cesse de compter ce que la Vie donne ou retire. Dans cette manière d’avancer, chaque jour offre de nouvelles couleurs. Ni attachement, ni détournement. Simplement, l’Accueil.

Alors le Cœur cesse de choisir, cesse de se séparer. Il ne dit plus « avec » ou « sans ».

Il dit simplement : « J’accueille ». Sans jugement, sans peur, sans crainte, J’accueille.

Et, dans cet Accueil, Tout se réconcilie. Tout s’assemble. Tout devient Uni.

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : The Winter Of Our Years – 2026 – Soundscapes II)

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