« La seule indication de ce que l’Homme peut faire, est ce qu’il a déjà fait »

Récemment, j’ai vu le film « Nuremberg ». Un film très intéressant sur la préparation du Procès de Nuremberg. J’y ai vu des échos de l’état du monde actuel.

À la fin du film, il est repris une citation de R.G. COLLINGWOOD (philosophe et historien britannique) : « The only clue to what man do is what man has done ». La traduction en est le titre de ce texte.

J’ai fait quelques recherches et elle provient d’un passage plus large où R.G. Collingwood explique que l’histoire est essentielle pour comprendre la nature humaine car elle révèle nos capacités réelles à travers nos actions passées.

La citation est reprise dans : « History is for human self-knowledge … the only clue to what man can do is what man has done. The value of history, then, is that it teaches us what man has done and thus what man is ».

La traduction est : « L’histoire sert à la connaissance de soi… la seule indication de ce que l’Homme peut faire est ce qu’il a déjà fait. La valeur de l’histoire réside donc dans le fait qu’elle nous enseigne ce que l’Homme a fait et, par conséquent, ce qu’il est ».

Cette phrase pourrait sembler d’abord refermée sur le passé d’une seule incarnation. Un peu comme si l’avenir n’était qu’une répétition, une simple variation de ce qui a déjà été accompli. Pourtant, si je lui prête une écoute plus intérieure, elle ne parle pas de limites. Elle parle de traces, d’indications, de possibilités. Elle ne dit pas : « L’Homme ne peut que répéter ». Elle dit : « L’Homme porte en lui la preuve vivante de sa propre capacité ». C’est une autre compréhension, une autre perception.

Ce que l’Homme a déjà fait n’est pas seulement gravé dans la pierre, inscrit dans les livres d’histoire ou sauvegardé sur des supports informatiques. Tout ceci vit aussi dans la mémoire silencieuse de l’Humanité, dans ses gestes, ses élans, ses freins, ses réussites, ses erreurs, ses joies, ses peines. Chaque acte accompli est une empreinte laissée dans le sable du réel. C’est une preuve que quelque chose a été possible sous une forme ou sous une autre.

De mon point de vue Spirituel, cette citation peut être entendue comme un rappel de « Rien de ce que je suis capable de traverser ne m’est totalement étranger ». Une autre façon de le dire est que les expériences que j’ai vécues, dans ma présente incarnation, sont à la « hauteur » de ce que je peux vivre. Dit encore d’une autre façon, c’est qu’il n’y a pas d’expériences que j’ai choisies dont je n’ai pas la solution. Dit encore d’une autre façon, une expérience vient toujours avec sa « solution » (même si la « solution » est déjà ici avant l’expérience choisie).

Si l’Être Humain a aimé, c’est que l’Amour est en lui. S’il a créé, c’est que la créativité n’est pas un miracle réservé à quelques élus, simplement une potentialité inscrite au cœur de l’Expérience Humaine. S’il a chuté et s’est relevé, c’est que la chute et le relèvement font partie d’un même mouvement de Vie.

Ainsi, le passé n’est pas un fardeau qui enferme. C’est une mémoire qui éclaire. Il ne dicte pas ce que je « dois » être, il témoigne de ce que je peux être. Ce que l’Homme a déjà fait devient alors un miroir, non pas pour s’y figer, uniquement pour y reconnaître ses propres chemins, ses propres possibles.

Cette citation, cette phrase m’invite à regarder l’Humain tel qu’il est, non tel que je « rêverai » qu’il soit. Et, dans cette lucidité, naît ma propre espérance. Car si l’Homme a su traverser la nuit, il porte déjà, en lui, la mémoire de l’aube. Car si j’ai su traverser la nuit, je porte déjà, en moi, la mémoire de ma Lumière.

Sur mon cheminement intérieur, cette phrase devient comme un enseignement, même si je n’apprécie pas le terme « enseignement », je préfère le terme « expérience ». Je dirai qu’elle me dit : « Le seul indice de ce que je peux faire, c’est ce que j’ai déjà traversé en Conscience » aussi bien dans cette présente incarnation que dans toutes « mes » autres incarnations.

Autant la peur surmontée, le pardon accordé, le silence habité, l’Amour, la Joie, La Paix sont des preuves de capacité. Rien n’a besoin d’être ajouté. Rien n’a besoin d’être idéalisé. Ce qui a été vécu pleinement devient un socle, un repère, un phare.

Et peut-être est-ce ici le Cœur Spirituel de cette pensée : « Reconnaître que le possible n’est jamais séparé du réel ». Le possible n’est pas ailleurs dans un futur idéalisé. Il est déjà, ici et maintenant, contenu dans l’Expérience Humaine elle-même. Ce que l’Homme a été capable d’incarner, même un instant, révèle que l’Être Humain est toujours plus vaste que ses peurs, plus ancien que ses limites, plus ouvert que ses propres croyances sur lui-même.

Alors, regarder ce que l’Homme a déjà fait, ce n’est pas se tourner vers le passé par nostalgie, c’est par reconnaissance. Reconnaissance d’un chemin déjà foulé, d’une capacité déjà éprouvée, d’une humanité qui, malgré ses errances, n’a jamais cessé de chercher, de créer et d’Aimer.

Et, dans ce regard apaisé, quelque chose se dénoue : « Le futur n’a plus besoin d’être prouvé. Il se déploie, naturellement, porté par la Mémoire Vivante de ce qui a déjà été ».

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD)
(Illustration : Image générée)
(Musique lors de l’écriture : Afenginn – 2025 – Movements I)

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