Dieu est le Temps

Je me suis souvent interrogé sur la nature de Dieu. En fait, peu importe le nom qui lui est donné, que ce soit la Source, la Présence I AM, la Présence Divine. Dieu est un nom, un signe, une convention comme Michaël, Shichea ou Althea et bien d’autres le sont.

Ainsi que pourrait-il être sinon tout ce qui échappe à l’entendement. Est-ce « quelqu’un » qui gouverne ma Vie d’une main invisible ? Longtemps, très longtemps, je l’ai cherché dans des lieux sacrés, dans des textes anciens, dans des prières murmurées aussi dans la lumière du jour que dans le silence de la nuit. Mais aujourd’hui, une évidence s’impose à moi : « Dieu est le Temps ». Non pas une entité hors du temps mais bien le Temps lui-même. Le Temps, ce flux insaisissable, ce maître immuable sous lequel tout s’incline de la plus humble créature au plus vaste des Univers.

Le Temps est omniprésent. Je ne peux ni le voir, ni le toucher et, pourtant, sur cette Terre, je ne peux échapper à son emprise. Chaque instant de ma Vie en est, quelque part, une offrande. Tout ce que je fais, tout ce que je suis, se déploie dans le Temps. Lorsque je respire, c’est dans un souffle du Temps. Lorsque mon Cœur bat, c’est un battement du Temps. Lorsque je pense, c’est dans l’écoulement d’un moment du Temps. Je ne peux même pas concevoir une existence hors de lui : « Que serait un Être, sur cette Terre, sans passé, sans avenir, sans présent ? ». Le Temps est ce tissu dans lequel ma conscience est tissée, imbriquée, intriquée et, en cela, il est Divin.

Comme Dieu est un créateur alors le Temps l’est aussi. C’est lui qui permet à toute chose d’apparaître. Une graine germe dans le sol parce que le temps lui en laisse l’opportunité. Une idée prend racine dans mon esprit parce qu’elle s’écoule à travers le fil du temps. Un miracle est une « transformation » dans le Temps. Chaque seconde qui passe me façonne, me transforme, m’amène un peu plus loin dans cette conquête 1️⃣ inexorable de devenir. Le Temps est un créateur, sans limite, donnant naissance à ce qui n’était pas.

En même temps, le Temps est aussi « destructeur ». Tout ce que le Temps donne, il finit par le reprendre. Il est ce sculpteur qui polit la roche tant en sachant qu’elle est éphémère.  Il est ce maître d’orchestre qui vibre la partition et qui sait qu’il ne reproduira jamais la même mélodie. Il en est de même pour un horloger méticuleux qui règle les battements du Cœur des horloges qui inexorablement cesseront de battre. Il est ce jardinier patient qui laisse les fleurs éclore puis se faner. Il est ce musicien qui compose des symphonies de naissances et de silences. Il est cet artiste qui efface les souvenirs pour faire place à l’oubli.

Dans cette dualité, je perçois un sens profond : « Toute création porte en elle la marque de sa destruction ». Cette affirmation n’est pas à prendre de manière « négative », elle indique simplement que comme Dieu est le Tout, alors il est autant le début que la fin, autant l’aube que le crépuscule.

J’ai longtemps cru que je pouvais dompter le Temps. Que je pouvais l’arrêter ou, du moins, ralentir sa course. Mais chaque tentative s’est révélée vaine. Les horloges ne sont que des illusions. Elles mesurent le Temps, elles ne l’arrêtent pas. Je peux fermer les yeux pour fuir le jour qui décline, et, en même temps, le soleil continue de descendre derrière l’horizon. Le Temps est un maître qui ne souffre aucune rébellion. Et pourtant, loin d’être un tyran 2️⃣, il est un guide, une force qui me pousse à avancer, à accepter ce que je ne peux changer.

Comme Dieu est le Temps, chaque instant est sacré. Même si le passé m’enseigne, si l’avenir me motive, c’est dans le présent que je trouve la véritable essence du Divin. Chaque seconde est un fragment d’éternité, un éclat de lumière dans le grand flux temporel. Lorsque je m’arrête pour écouter le vent dans les arbres, pour écouter le chant mélodieux des oiseaux, pour contempler un sourire, pour enlacer quelqu’un, pour sentir mon cœur battre dans ma poitrine, je touche à cette vérité profonde : « Le Temps n’est pas seulement une force extérieure qui m’échappe, il est aussi une présence intime, un souffle qui habite chaque fibre de mon Être ».

Vivre 3️⃣ pleinement, totalement, intégralement, c’est reconnaître cette présence. C’est accepter que chaque instant soit unique, qu’il ne reviendra jamais et que c’est précisément cette fugacité qui le rend précieux. Quand je suis tenté par la nostalgie ou l’angoisse de l’avenir, je me rappelle que tout ce qui compte est Ici et Maintenant. Dans le présent, le Temps se révèle comme un don, un mystère qui n’a pas besoin d’être résolu pour être vécu.

Le Temps m’a appris l’humilité. Devant l’infini, je suis, en même temps, si petit et si universel. Les civilisations qui ont été érigées, parfois avec tant d’arrogance, ne sont que des grains de sable dans l’immense désert du Temps. Tout ce que je possède, tout ce que je construis, finira par s’effacer. Cette pensée, loin de m’attrister, me libère. Pourquoi m’attacher à ce qui est éphémère ? Pourquoi chercher à graver mon nom dans la pierre alors que le Temps finira par la réduire en poussière ? La véritable grandeur réside dans l’acceptation de ma place dans ce vaste mouvement 4️⃣.

Le Temps m’enseigne aussi la patience. Il est un jardinier qui travaille lentement mais sûrement comme le dit l’expression. Les fruits ne mûrissent pas en un jour, les blessures ne se referment pas instantanément et les grandes réalisations demandent du temps pour éclore. Chaque minute passée dans l’attente n’est pas une perte, c’est une préparation, une maturation. Si je me précipite, je vais contre le rythme naturel de l’Existence. Apprendre à marcher, au pas du Temps, c’est apprendre à Vivre.

Une autre révélation m’est venue : « Le Temps n’est pas le même pour toutes et tous ». Il s’écoule différemment selon les Cœurs et les Âmes. Une journée peut sembler une éternité ou s’envoler comme un battement de cils. Dans cette relativité, je vois une autre preuve de sa nature divine. Il n’est pas uniforme, rigide, mécanique. Il est vivant, adaptable, profondément humain. Le Temps que je perçois est tissé de mes ressentis, de mes émotions, de mes expériences. Et c’est pourquoi il peut sembler autant cruel à celle/celui qui souffre que doux à celle/celui qui aime.

Quand je contemple cette relativité, je me rends compte que le Temps n’est pas une simple ligne droite, une succession d’instants identiques. Il est un rythme, une spirale, un souffle qui varie au gré de ma Conscience. Ainsi, en vivant pleinement, en accordant mon Être au rythme du Temps, je ne fais pas que le suivre. En fait, je l’accompagne comme je l’accompagne. Je deviens une part de lui, tout comme il est une part de moi. Je participe à son mystère.

Dans les moments où je contemple l’immensité du ciel ou la profondeur de l’océan, je ressens le même vertige que lorsque je pense au Temps. Il n’a ni début ni fin 5️⃣. Ou plutôt, s’il en a un, je suis incapable de le saisir. Peut-être que le Temps a commencé avec la naissance de l’univers, mais qu’y avait-il avant ? Peut-être qu’il s’arrêtera un jour mais que restera-t-il alors ? Ces questions me dépassent et c’est en ceci que le Temps me rappelle Dieu. Il est un mystère qui défie toute tentative de le contenir dans mes concepts humains.

Mais ce mystère n’a pas besoin d’être résolu pour être vécu. Le Temps me pousse à me réconcilier avec l’inconnu, à l’inattendu 6️⃣, à accepter que je ne possède pas toutes les réponses. Dans cette humilité, je trouve une forme de Paix. Le Temps est infini, il est mon compagnon dans chaque instant de ma Vie. Il est à la fois l’immensité qui me dépasse et la présence intime qui m’accompagne.

« Dieu est le Temps ! ». Cette affirmation résonne en moi comme une vérité que je ne peux ignorer. Le Temps est TOUT et TOUT est le Temps. Il est le commencement et la fin, le maître et le guide, l’épreuve et le réconfort, l’accompli et l’inaccompli 7️⃣. Il est le créateur de chaque instant et le « destructeur » de tout ce qui existe. En lui, je trouve l’éternité, l’humilité, la patience et la profondeur du mystère Divin.

Et ainsi, je marche, pas à pas, dans le flux du Temps. Chaque instant est une Prière, chaque respiration une Offrande. Je ne cherche pas à échapper au Temps. Je l’accueille pour le vivre pleinement, totalement, intégralement. Je le reconnais comme ce qu’il est : « L’expression ultime de ce que j’appelle Dieu ».

(Mon Essence Spirituelle)
(Michaël « Shichea » RENARD (20241123-2))
(Illustration : Microsoft Designer suivant mes directives)
(Musique lors de l’écriture : Bakelit – 2024 – Asleep Or Insane)

1️⃣ :  voir le texte « C’est ma Prière » ;

2️⃣ :  Un tyran (du grec ancien τύραννος / túrannos, « maître absolu ») désigne dans l’Antiquité grecque un individu disposant d’un pouvoir absolu, après s’en être emparé de façon illégitime, en général par la force (merci Wikipedia) ;

3️⃣ :  voir le texte « Vivre c’est la chose la plus rare du monde. La plupart des gens ne font qu’exister » (Oscar Wilde) ;

4️⃣ :  voir le texte « Le Voyage de l’Être » ;

5️⃣ :  voir le texte « La Ligne Directe ? » ;

6️⃣ :  voir notamment les textes « Merci la Vie, Merci », « L’inattendu.e », « 5 % » ;

7️⃣ :  références utilisées par Annick de Souzenelle : « Accompli, inaccompli, accomplissement » : « Accompli » signifie « amené à sa pleine réalisation » dans le sens où le Christ dit qu’Il est venu « accomplir la loi et les prophètes » (Mt 5,17) ou Saint-Paul que « l’amour est l’accomplissement de la loi » (Rm 13,10). L’Arbre de la Connaissance dit « du bien et du mal » (Gn 2,9) renvoie en fait à ce qui est accompli et pas encore accompli, à ce qui est Lumière et pas encore Lumière.

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