La Totalité de mon Être
Dans le texte précédent intitulé « L’UNion fait la Force », je parlais de l’UNion Intérieure comme une des clés pour construire un monde véritablement uni. J’avais écrit certains mots volontairement en utilisant « UN » en majuscules. Le « UN » pour représenter l’UNité.
J’ai déjà beaucoup écrit sur cette UNité comme étant un État d’Être. Cet état que j’ai beaucoup cherché à l’extérieur de moi alors qu’il était déjà ici à l’intérieur de moi. Cependant, en écrivant à l’intérieur de moi, ce n’est pas comme si j’ouvrais mon corps et que j’y découvrais l’UNité. Cette UNité, ce n’est pas dans le Corps, c’est dans la Vie traversant mon Corps 1️⃣.
Je prends l’image d’un ruisseau. L’eau qui y coule, qui y circule représente la Vie et les contours du ruisseau représente mon Corps. Dans ce Corps, il y a des reliefs, des mini-récifs, des aspérités parfois même des « intrus ». Et malgré toute cette « non-linéarité », la Vie trouve toujours son Chemin. Parfois, il y a des rétrécissements, des « goulots d’étranglements » et la Vie trouve toujours son Chemin.
Ce ruisseau, mon ruisseau n’est pas parfait 2️⃣. Car, pour moi, ce n’est pas être parfait, ce n’est pas être un Être Parfait. Comme Carl Gustav Jung le disait : « Il ne s’agit pas d’atteindre la Perfection, mais la Totalité ». En d’autres, Être dans la Totalité de son Être aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur.
Quelle est donc cette Totalité dont parlait Carl Gustav Jung ? En fait, c’est plutôt que représente cette Totalité pour moi ? Carl Gustav Jung a sa vision et moi j’ai la mienne comme chacun a la sienne.
Pour moi, atteindre la Totalité, c’est d’Embrasser pleinement, entièrement, intégralement CE QUE JE SUIS. J’ai bien écrit CE QUE JE SUIS et non QUI JE SUIS. CE QUE JE SUIS est l’image que je représente. C’est quelque part mon personnage avec mes qualités et mes défauts, mes joies et mes peines. En fait, tout ce qui est « duel » ramené dans une sorte d’espace unitaire. Comme si l’un n’existait pas sans l’autre. Ce n’est pas une question d’équilibre « parfait », 50% de qualités, 50% de défauts, 50% de joies, 50% de peines. D’ailleurs, à mon sens, c’est impossible car que représente une qualité, que représente un défaut. C’est une question de perspectives. Tout est une question de perspectives 3️⃣.
Une qualité, chez moi, peut être un défaut chez un.e autre. Un défaut, chez moi, peut être une qualité chez un.e autre. Une « vérité », chez moi, peut être un « mensonge » chez quelqu’un d’autre. Un « mensonge », chez moi, peut être une « vérité » chez quelqu’un d’autre.
Je pourrais, comme certain.e.s le proposent, choisir de développer ce qu’il y a de « meilleur » en moi. Ce « meilleur » ne sera jamais « parfait » et, en même temps, il serait suffisant si je suis dans ma « vérité ». Oui Mais ! Oui Mais, c’est quoi le « meilleur » en moi, c’est quoi ma « vérité ». Je pourrais écrire toutes les qualités que j’estime avoir et aussi les défauts. Et forcément, ce n’est que ma « vérité ». Ma « vérité » car, avec certaines personnes, je pourrais avoir tendance à me « magnifier », à me « survendre », à me « surcoter » alors qu’avec d’autres, je pourrais avoir tendance à me « rabaisser », à me « décoter ».
C’est un peu comme jouer en bourse, un jour j’ai une « surcote », un autre, j’ai une « décote ». Je serai comme une courbe d’investissement où certain.e.s « parient » sur moi en fonction de mon bilan quotidien, hebdomadaire, mensuel, annuel voire décennal. Un jour, je monte dans leur estime, un autre je descends. Une sorte d’ascenseur avec, parfois, des arrêts oubliés à certains étages.
Je pourrais analyser mes propres failles pour le connaître vraiment et m’accepter pleinement. Est-ce « réellement » ceci Être dans ma Totalité ? Faire une sorte de bilan. « Oh, aujourd’hui je suis à 70% de ma Totalité. Hier, j’étais à 65%, chouette » ou « Zut, aujourd’hui je suis à 70% de ma Totalité. Hier, j’étais à 75%, que s’est-il passé ? ». Non, ce n’est pas un bilant et, encore moins, un bilan budgétaire avec ses pertes et profits.
J’entends parfois que certain.e.s apprécient quelqu’un pour ses qualités et qu’ils l’aiment pour ses défauts. Avec cette petite « subtilité » entre « aimer » et « apprécier ».
Je lisais récemment une citation de « Manjushiri », personnage inconnu de moi. Manjushri est un bodhisattva, un être sur le chemin de l’éveil. Bon D’accord, pourquoi pas ! Cette citation est « La réalité ne peut être saisie au moyen de mots, d’enseignements, de débats ou de spéculations intellectuelles. Pour l’atteindre, il faut transcender toute question et toute réponse. Voilà comment on fait l’expérience directe de la réalité ».
C’est intéressant comme citation car je peux la transposer à la Totalité en écrivant : « La Totalité de mon Être ne peut être saisie au moyen de mots, d’enseignements, de débats ou de spéculations intellectuelles. Pour l’intégrer, il est nécessaire de transcender toute question et toute réponse. Voici comment on fait l’expérience directe de la Totalité de mon Être ».
J’entends la question « Mais Michaël ! Comment faire pour Être dans la Totalité de son Être ? ». Plutôt que de répondre directement à cette question. Je vais citer Friedrich Nietzsche.
« Par bien des chemins et bien des manières, je suis parvenu à ma sagesse : ce n’est pas par une seule échelle que je suis monté à la hauteur, d’où mon œil plonge dans mes lointains. Et ce n’est que de mauvais gré que je demandais mon chemin, cela allait toujours contre mon goût! Je préférais interroger et essayer les chemins moi-même.
Une tentative et une interrogation, voilà ce que fut ma marche, et en vérité il faut aussi apprendre à répondre à une telle interrogation ! Mais cela, c’est mon goût, ni bon, ni mauvais goût, mais mon goût, dont je n’ai plus honte et que je ne cache plus.
‘Or ceci est mon chemin, où est donc le vôtre ?’ Voilà ce que je répondais à ceux qui me demandaient ‘le chemin’. Le chemin, en effet, il n’existe pas ! »
À ce stade de ma Vie, moi, qui ai toujours parlé de chemin, de trajectoire, de cheminement, en fait, je perçois qu’il n’y a pas de chemins ou de trajectoires. Oui, je sais que j’ai écrit que mes Âmes, ma Conscience Supérieure avait un « plan » pour moi dans mes présentes incarnations. En fait, ce n’était qu’un leurre 4️⃣, ce n’étaient que des carottes 5️⃣ pour me faire avancer. Et j’ai tellement bien avancé qu’il n’y a plus de chemins. Cependant, il n’y a pas méprise quand je parle qu’il n’y a pas de chemins, de trajectoires. C’est simplement « formuler » que le chemin se découvre en même temps qu’il se crée. En d’autres termes, il n’y a pas de chemins. Uniquement une création qui s’estompe au prochain pas et qui se crée au pas suivant. L’illusion c’est de croire qu’il y avait un chemin derrière moi, peu importe les carrefours que j’ai traversées; et qu’il y a un chemin devant moi, peu importe les carrefours à traverser.
J’entends aussi « Oui Michaël ! Là tu me perds. Une fois, tu parles de ton chemin, maintenant tu dis qu’il n’y a pas de chemin. En fait, je suis perdu.e ». Oui, et c’est très bien d’être « perdu.e ». Car quand on est « perdu.e », que fait-on « généralement » ? Soit j’appelle à l’aide, quelque part je fais mon « Jean-Pierre Foucault », j’appelle un.e ami.e; soit je me centre sur moi-même (moi-m’aime). L’expérience des autres ne restent que l’expérience des autres , j’en ai déjà souvent parlé. Faire sa propre expérience, quitte à « se tromper », est aussi ne pas être « perdu.e ». Et quand j’écris « se tromper », c’est aussi une expérience.
Combien de fois me suis-je « trompé » de routes que ce soit à pied, à vélo, en voiture même en train ? Souvent. Ah je reconnais que, sur le moment même, je ne montrais pas une qualité d’écoute vis-à-vis de moi-même. J’étais même dans le jugement de moi-même. J’ai bien écrit « j’étais » car, maintenant, je dis « Merci ! », je pourrais dire comme disait Judicaël « Merci la Vie ! Merci ! ». Je dis simplement « Merci ! », ni plus, ni moins, pas la peine d’en rajouter. Oh, je sais que c’était difficile au départ de dire « Merci ! ». Est-ce que j’y arrive tout le temps ? Ce serait mentir que de répondre « Oui ». Par contre, si je n’y arrive pas sur le moment même, je sais que je peux dire « Merci ! » à posteriori.
Oui, parfois, je suis en colère, « Merci ! ». Oui, parfois, je suis découragé, « Merci ! ». Oui, parfois, je doute, « Merci ! ». Oui, parfois, je suis heureux , « Merci ! ». Oui, parfois, je suis dans l’action, « Merci ! ». Oui, parfois, je suis … ou j’ai … . « Merci ! ». Peu importe, comme le dit l’expression « mon état d’Âme », je dis « Merci ! ».
Pour revenir à cette Totalité de mon Être, c’est en fait un voyage au-delà des questions qui fragmentent et des réponses qui emprisonnent. Pour moi, c’est comme une plongée dans un terreau fertile qu’est le Silence, là où le regard intérieur rencontre l’incommensurable. Les mots, tout comme les vagues sur le rivage, peuvent effleurer la surface de mon Être, mais ils ne sauraient sonder les profondeurs abyssales.
Ainsi, pour expérimenter directement la Totalité de mon Être, et j’ai bien écrit « expérimenter » car c’est un état transitoire sur ce Plan Terrestre, je m’abandonne au Silence. C’est dans ce sanctuaire du non-dit que mes Âmes, ma Conscience Supérieure se dévoilent, que l’Être Véritable émerge des ombres de la pensée. La Totalité de mon Être n’est pas un objet à définir mais un État à vivre, une Symphonie à écouter au-delà des partitions du langage, au-delà du babillage mental.
Dans ce Silence, dans cet espace sans bornes, les échos de ma Conscience résonnent en harmonie avec l’Uni-vers. Ainsi je deviens le témoin éphémère de la danse éternelle entre l’Être et le Néant. Ainsi, la Totalité de mon Être se dérobe à toute tentative de capture verbale, à toute tentative d’écriture se révélant plutôt dans l’Expérience ineffable, là où le Silence parle et l’Indicible se fait entendre.
(Michaël « Shichea » RENARD (20240113-2))
(Art Numérique : Bing Creator suivant mes directives)
(Musique lors de l’écriture : Vangelis – 2017 – Antarctica)
P.S. : Je m’étonne moi-même d’avoir écrit tout ceci. « Merci ! ».
1️⃣ : voir le texte « S.O.S. »
2️⃣ : voir le texte « L’Éloge Spirituel de mon Imperfection »
3️⃣ : voir le texte « Perspectives »
4️⃣ : voir le texte « Le Doux Leurre de l’Éveil’ «
5️⃣ : voir le texte « Les Carottes Crues »

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