L’Éloge Spirituel de mon Imperfection

Récemment, je lisais un article parlant de l’imperfection et plus particulièrement de « L’Éloge Spirituel de l’Imperfection ». J’avais déjà fait référence à cette imperfection avec la citation de Christophe Roux-Dufort : « La nouvelle perfection, c’est l’imperfection heureuse. En d’autres termes, on ne peut aspirer à un véritable bien-être intérieur sans avoir d’abord appris à étreindre le pire de soi-même » 1️⃣. Ainsi donc, je vais parler de mes imperfections pour en faire un éloge.

Mais avant d’aller plus en avant dans cet éloge, il m’est nécessaire de passer par l’étymologie de ce mot « imperfection ». Ce mot vient du latin « imperfectus » signifiant « inachevé », « incomplet » 2️⃣. Ainsi, mon imperfection est d’être un Être « inachevé », « incomplet ». Maintenant, je vous emmène, que dis-je, je vous emporte dans mon éloge à mon propre inachèvement, à ma propre incomplétude.

Pour moi, l’imperfection est un doux paradoxe. Dans la trame de mon Existence 3️⃣,  elle représente aussi bien chaque pas de travers, chaque pas de côté, chaque pas où j’ai trébuché et, en même temps, chaque pas révélateur d’une autre réalité, de la propre perception de ma propre réalité. Ainsi, à travers ce texte, je célèbre mes imperfections, mes aspérités dans le parcours de ma Vie.

Le monde actuel est obsédé par la recherche de la perfection. Il n’y a pas que la perfection physique ou mentale. Il y a maintenant la « perfection spirituelle ». Quel euphémisme, de mettre, côte à côte, les mots « perfection » et « spirituel » ! La Spiritualité n’est pas une perfection, bien au contraire. Je choisis de lever « mon verre » à mes imperfections, y compris mon imperfection spirituelle. Dans l’ombre de mes erreurs, de mes « échecs », de mes expériences, je découvre des trésors que la perfection, froide et stérile, aurait cachés à mes yeux. C’est dans les rugosités, les aspérités des chemins sinueux, que j’ai pris, que je trouve l’essence même de mon voyage, l’essence qui donne du « sel » à mon existence.

Mon imperfection que je revendique est loin d’être une tare. Elle est le pinceau peignant les toiles de mes expériences. Chaque tache, chaque coup de pinceau hésitant contribue à la richesse et à la complexité de mon tableau. J’imagine un instant ce que serait le monde où chaque trait est parfait, où chaque couleur est uniforme, où chaque détail est prévu, ce serait un monde dénué de surprises, de découvertes, d’inattendus, un monde sans saveur aventureuse faisant battre mon Cœur.

En embrassant mon imperfection, je reconnais humblement mon HUmanité. Car qui peut prétendre à la perfection absolue ? C’est une illusion, un mirage s’évaporant dès que quelqu’un tente de le saisir. L’imperfection me connecte avec les autres car c’est dans mes failles, mes fêlures que se nichent l’empathie et la compassion.

Je prends un instant pour contempler la nature. Quelle que soit la saison, c’est une maîtresse infatigable de l’imperfection. Chaque pétale froissé, chaque branche tordue, chaque nuage errant dans le ciel, tous sont des témoignages vivants de la beauté qui émane de l’imperfection. Les montagnes ne sont pas des pyramides parfaites, les rivières ne suivent pas des lignes droites, les arbres ne sont pas des colonnes uniformes. Et pourtant, dans cette Harmonie discordante, la nature trouve son équilibre, sa propre perfection, sa perfection unique.

Ainsi en tournant mon regard vers mon propre jardin intérieur, je découvre une flore tout aussi diverse et « complexe ». Mes imperfections sont les pétales fragiles ornant le jardin de mon Âme. Certains peuvent être fanés, d’autres éclatants de couleurs vives mais tous contribuent à l’épanouissement de mon Être. Là où la société moderne me pousse à dissimuler mes failles, à les camoufler derrière le voile de la perfection artificielle, je choisis de les exposer fièrement, de les arroser comme des fleurs précieuses.

L’imperfection est une matière première de ma croissance personnelle. Chaque erreur est une expérience gravée dans les lignes de mes mains, une étoile dans la nuit de mon ignorance. Refuser l’imperfection, c’est renoncer à la possibilité de devenir plus sage, plus fort, plus compatissant. C’est comme rejeter la pluie nécessaire à la croissance d’un champ fertile préférant la sécheresse d’une perfection illusoire.

Parfois, les fissures dans mon Être sont les portes par lesquelles la Lumière pénètre. Les moments de désespoir, les « échecs », les blessures, les peines, les tristesses, les cicatrices sont souvent les catalyseurs de ma métamorphose intérieure. Dans l’obscurité de mes imperfections, je trouve le courage de dépasser mes limites, d’explorer les recoins encore inconnus de mon Potentiel (« pote-en-ciel »). N’est-ce pas dans ma vulnérabilité que se cache ma véritable force ?

L’imperfection est aussi le creuset de ma créativité. C’est dans les erreurs apparentes que les chefs-d’œuvre émergent. Les peintres renversent des pots de couleur sur leur toile, les écrivains froissent des feuilles de papier, les musiciens jouent des fausses notes. Et, pourtant, de ces accidents naissent des œuvres transcendant la perfection préconçue. Le chaos de de la créativité transforme les erreurs en œuvres d’art, les imperfections en chefs-d’œuvre uniques.

L’imperfection m’enseigne la modestie. Elle me rappelle que je ne suis pas un Être tout-puissant capable de contrôler chaque aspect de ma vie même si ma Conscience Supérieure me donne plus de « libertés ». Même si je suis sujet aux « aléas » du destin, aux surprises inattendues, c’est dans ma capacité à naviguer à travers mes incertitudes que réside mon véritable Pouvoir. La modestie qui émerge de l’acceptation de mon imperfection est une force silencieuse et, en même temps, puissante me permettant de marcher humblement sur le chemin de mon existence.

En célébrant mon imperfection, je cultive un jardin de gratitude. Chaque moment imparfait devient une occasion de reconnaître les cadeaux précieux de ma Vie. Là où la perfection peut me rendre insensible aux miracles qui m’entoure, l’imperfection m’ouvre les yeux sur la magie subtile de l’Existence au quotidien. Chaque sourire imparfait, chaque étreinte maladroite, chaque baiser incompris devient une perle rare dans le collier de mes souvenirs.

Il est peut-être temps de défaire les chaînes de la perfection qui entravent la Créativité et l’Authenticité. En embrassant mon imperfection, je choisis de danser au rythme « imprévisible » de ma Vie, de laisser mes pieds trouver leur propre chemin dans cette valse chaotique. En fait, je suis un rebelle dans l’Âme. C’est un acte de rébellion contre les normes rigides de la société, une déclaration audacieuse. Je suis suffisamment précieux tel que je suis avec mes aspérités, mes défauts et mes « erreurs ».

En fin de compte, l’imperfection est un miroir reflétant la beauté de mon HUmanité. C’est le reflet de ma capacité à aimer malgré mes imperfections, à créer malgré mes erreurs, à grandir malgré mes « échecs ». C’est un rappel constant que la vie, dans toute sa complexité, est une œuvre d’art en perpétuelle création. Chacun.e est un artiste en devenir contribuant à la beauté infinie de l’Existence.

(Michaël « Shichea » RENARD (20231225-2))

(Art Numérique : Bing Creator suivant mes directives)

(Musique lors de l’écriture : Regna – 2023 – Cinema)

1️⃣ : voir le texte « Quod imperfectio divinae consilium est perfectus »

2️⃣ : à la relecture de ce texte, quelques mois plus tard, je peux dire que « Je suis achevé », « Je suis complet » et que je ne le savais pas.

3️⃣ : voir le texte « La Trame Existentielle »

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