Je Tintinnabule, Tu Tintinnabule, Il Tintinnabule, Nous …

(sous-titre : De ma Simplicité)

Quel étrange mot que ce verbe « Tintinnabuler ». J’ai bien écrit « Tintinnabuler » et non « Tintinabuler ». Ce verbe ne fait aucunement référence à un célèbre reporter belge, à la non moins célèbre houppette, créé par Hergé (Georges Rémi).

J’imagine un instant la fable « La Cigale et la Fourmi » en changeant la maxime de fin : « Vous chantiez ? J’en suis fort aise. Eh bien ! Tintinnabulez maintenant ». Qu’aurait dit les enfants en devant réciter cette fable avec ce mot. Toujours est-il que ce mot que je ne connaissais pas, comme plein d’autres, m’a été « proposé », prononcé lors d’une visite chez mon Frère Léon et sa compagne. Lors d’une canalisation avec Judicaël, il y a bien longtemps, il a déclaré, et c’est l’esprit : « Vous, les humains, vous n’arrêtez pas de tintinnabuler ». Je ne connais pas le contexte de cette déclaration.

Ainsi, je pars à la « chasse » à ce mot bien étrange et, à mon sens, difficile à placer dans une conversation. « Bonjour ». « Bonjour, comment allez-vous ? ». « Ma foi, bien, même si je n’arrête pas de tintinnabuler ». « Pardon ». « Oui, je n’arrête de tintinnabuler ». « Tintanibuler ? Tintinabuler ? Tin quelque chose ? ». « Tin-Ti-Nna-Bu-Ler » et non « Tin-Tin-A-Bu-Ler ». « Je ne connais pas ce mot ».

Passé ce petit dialogue improvisé, que « signifie » ce mot ? J’entends bien, d’une certaine façon, le verbe « tinter » et la fin de « déambuler ». Est-ce bien ce vers quoi ce verbe souhaiter m’emmener ? « Un kilomètre à pied, je tintinnabule. un kilomètre à pied, je déambule ». Ce mot est dérivé du latin « tintinnabulum » signifiant « espèce de crécelle en métal », « grelot », « clochette », lui-même dérivé de « tintinnare » signifiant « tinter ». « Tintinnare », j’entends « Tintamarre » (« faites du bruit », merci Nagui). Eh bien, justement, ce sera « sans un bruit ».

En fait, sans le savoir, j’ai déjà vu un tintinnabule (si ! si ! c’est bien de genre masculin). Le tintinnabule est une clochette sur un support portatif constituant, avec « L’Ombrellino », l’un des emblèmes distinctifs des basiliques. Tant que j’y suis, L’Ombrellino est une sorte d’ombrelle plate, à long manche, portée lors de processions en signe de révérence, pour abriter le Saint-Sacrement, le Pape, un Cardinal, un évêque ou certains hauts dignitaires de l’Église. Il est blanc lorsqu’il abrite le Saint-Sacrement (merci Wikipedia).

En faisant mes recherches, je vois l’image d’un tintinnabule et me revient que j’en ai déjà vu, au moins un, quelque part, mais où ? J’en parle à mon épouse et elle me dit : « Mais si ! Tu en as vu un à l’Abbaye de Val-Dieu ». « Bon, d’accord, si tu me le dis ». Tel Indiana Jones, je pars en quête du tintinnabule de Val-Dieu et, effectivement, il y en a bien un. En fait, lors d’une visite de la Basilique à l’Abbaye de Val-Dieu, je me souviens que la guide avait dit qu’il y avait des « symboles » permettant de « définir » si le lieu de culte était une basilique ou non.

Ces « symboles », ces « emblèmes distinctifs » qui sont nommés « insignes » sont donc le Pavillon (« L’Ombrellino ») et le Tintinnabule. Ils sont placés de part et d’autre de l’autel. Le Pavillon ou « gonfalon » est une sorte de parasol à demi-ouvert, doté d’une armature de bois habillée de bandes de soie rouge et jaune (couleurs héritées de l’ancien sénat romain) et surmonté d’un globe de cuivre doré portant une croix. Il est signe de communion avec l’évêque de Rome (merci Wikipedia).

Pour revenir à ce que Judicaël disait, dans l’esprit : « Vous, les humains, vous n’arrêtez pas de tintinnabuler ». Donc, je suppose, car c’est bien une supposition, qu’il n’y a que les humains qui ne font que tintinnabuler. Est-ce à dire que les humains ne font qu’agiter un grelot, une clochette ? D’accord, mais dans quel but ?

Pour ma part, ce grelot, cette clochette sonne, résonne pour annoncer quelque chose comme une procession ou pour annoncer quelqu’un. Dans « Bilbo le Hobbit » de J.R.R. Tolkien, Bilbo avait invité le magicien Gandalf, rencontré la veille, à prendre le thé. Mais comme Bilbo n’a pas une bonne mémoire, quand la sonnette tintinnabule à l’heure dite, ce n’est pas Gandalf mais un nain inconnu (je n’ai pas écrit un nain connu) qui se présente à la porte. Ou alors, en reprenant une célèbre réplique dans la « Folie des Grandeurs » de Gérard Oury quand le valet Blaze (Yves Montand) réveille Don Salluste (Louis de Funès) : « Il est l’or. Il est l’or, l’or de se réveiller. Mon seignor, il est huit or ». En voyant Blaze mélanger les pièces d’or, je peux dire : « Ça sonne, ça tinte, ça trébuche, ça tintinnabule ».

Et puis dans les pérégrinations à la recherche du tintinnabule, je découvre qu’il y a un style musical intitulé « Style tintinnabuli ». Pour une découverte, c’est une découverte, Indiana peut remiser son chapeau et son fouet sur la cheminée de son salon. Le style « tintinnabuli » a été inventé par le musicien estonien Arvo Pärt. Il en parle en disant : « Je pourrais comparer ma musique à une lumière blanche dans laquelle sont contenues toutes les lumières. Seul un prisme peut dissocier ces couleurs et les rendre visibles : ce prisme pourrait être l’esprit de l’auditeur ». C’est intéressant, très intéressant de définir ainsi sa musique.

Arvo Pärt, né le 11 septembre 1935 à Paide (Estonie), est un Créateur de musique classique, de musique religieuse et de musique contemporaine. Ses œuvres sont souvent associées au mouvement de musique minimaliste. Entre 1976 et 2019, il en a publié plus de 90.

Et voici ce qui me « parle ». Sa musique est caractérisée par une écriture minimaliste, une musique offrant une impression de simplicité. Ici, la clochette, la tintinnabule vient de résonner. « Simplicité ». « J’ai trouvé un trésor immense dans la Simplicité ». Est-ce que cette découverte et ce mot « simplicité » qui résonne, depuis plusieurs mois, en moi, est-elle une des clés pour le chemin, la trajectoire que j’emprunte à travers les circonstances de ma Vie.

L’écriture du « style tintinnabuli » s’inspire du son de cette clochette. Ainsi, chez Arvo Pärt, un instrument quel qu’il soit articule son jeu entre trois notes principales, celle de l’accord Parfait d’une gamme ou, peut-être devrais-je écrire, l’Accord Idéal d’une gamme. Cette simplicité dans son œuvre se retrouve dans l’utilisation de notes récurrentes et d’une certaine stabilité de la gamme.

De découvertes en découvertes, de notes en notes, le musicien a orienté son écriture vers un retour à la musique tonale (voir le texte « Alphabet » avec comme sous-titre « notes de musique ») et plus particulièrement le plain-chant (voir le texte « Antiphonaire » avec comme sous-titre « Celles et Ceux qui Chantent »). Ainsi, comme moi, sans le savoir, ses « penchants » spirituels et « mystiques » le poussent à l’utilisation des silences et des sons purs. Pour les « sons purs », je repasserai. Par contre, pour les silences, j’en ai déjà parlé comme les espaces, les ponctuations entre les mots.

La révélation lui est venue en écrivant la pièce musicale « Für Alina ». « Für Alina » est, comme son titre l’indique, dédiée à Alina, la fille d’un couple d’amis. Il a dit que « C’est dans cette pièce que j’ai découvert les séries d’accords parfaits dont je fis ma règle très simple de fonctionnement ».

(Je fais une pause pour découvrir ce « style tintinnabuli »).

Et je m’y « retrouve » dans cette musique, dans cette œuvre. Une œuvre magique, simple et même envoûtante. J’ai écouté « Jeroen van Veen – 2014 – Arvo Pärt – Für Anna Maria, Complete Piano Music » ainsi que « Polyphony – 2014 – Arvo Pärt – Choral Music ».

J’entends la question « Mais Michaël ? Qu’est-ce que Judicaël a voulu dire avec ce tintinnabule ? ». Comme je l’ai dit, je ne connais pas le contexte dans lequel il a prononcé cette phrase «  Vous, les humains, vous n’arrêtez pas de tintinnabuler ». Oh, je sais que Judicaël a un style, comme dire, direct, quelque part simple. Je rappelle ce qu’un autre Être de Lumière avait dit : « Un caillou est un caillou » (voir le texte « Un caillou est un caillou »). Oui, je (re)connais que Judicaël ne prenait pas de « gants ». Cependant, ce qu’il a dit n’est pas mon expérience. Donc, je ne peux que « supposer », qu’interpréter et, ainsi, de vivre cette expérience ce mot que j’ai découvert.

Si je veux vivre une vie simple, et par simple, je n’entends pas « discrétion », « effacement », « ne pas faire de l’ombre », « ne pas faire de bruit », « vivre dans le dénuement ». Une vie simple, c’est vivre dans la simplicité, pas de fioritures, pas de tralalas, pas de masques, pas de « paraître ». Pour moi « paraître », c’est « être à part de soi-même ». Je me remémore que mon premier album, celui que j’ai acheté de mes propres deniers, c’était l’album « Radioactivity » de Kraftwerk. J’avais déjà trouvé, dans cette musique électronique, une simplicité.

En fait, la simplicité est un « art de vivre », un style bien à soi, un style de vie complètement différent des impositions, des contraintes de la société. Se vider l’esprit pour découvrir une nouvelle manière de voir, une nouvelle perspective d’aborder les choses privilégiant une meilleure épanouie avec soi-même et avec autrui. Je dis souvent quand je parle avec des personnes que je suis quelqu’un de simple.

À mon sens, la simplicité n’est pas à confondre avec le simplisme. La simplicité est un état d’Être dépourvu de complexité, de superflu. La simplicité est généralement considérée comme une « polarité positive ». Il y a de la pureté, de l’élégance dans la simplicité. Ainsi, en étant simple, je cherche à éviter la complication inutile et à aller à l’essentiel. Oh que oui, j’entends, j’entends. Oui, j’entends cette question « Mais Michaël ! Si tu es simple, pourquoi écris-tu des textes longs, si longs ? Et aussi avoir recours aux circonvolutions ». Quand j’écris, j’utilise des mots simples. Bon, je reconnais que « tintinnabule », il « fallait un peu le chercher ». Quand j’écris, j’utilise des circonvolutions pour, comment dire, libérer le mental et ainsi libérer l’esprit pour avoir accès au Cœur.

D’autant plus que la simplicité n’est pas à confondre avec le simplisme. Le simplisme est une attitude, une approche consistant à réduire exagérément les choses à des explications ou des idées simples et, ce, parfois de manière excessive ou naïve. Ceci implique une vision trop simplifiée des réalités « complexes ». Dans les mondes subtils, tout est simple, je le répète « un caillou est un caillou ». En tant qu’humains, il y a une tendance à la complexification. Quelque part, c’est « normal » car il y a un ego qui est derrière tout ceci. Autant la simplicité à une connotation de « polarité positive », le simplisme a une connotation de « polarité négative ». Le simplisme est souvent une manière de faire des analyses superficielles, de tirer des conclusions trop hâtives voire même d’arriver à des solutions insuffisamment « élaborées ». Sans jugement, le simplisme peut refléter une « compréhension » limitée ou une volonté de ne pas voir (j’avais écrit « vouloir ») la relative « complexité » inhérente à certains sujets. Quelque part, la simplicité est la « décomplexification » du modèle humain.

Quelque part, si le tintinnabule sonne, c’est que je ne suis pas stable dans le sens de stabilité de mon Être. C’est que je ne suis pas simple dans la simplicité de mon Être. C’est que je ne suis pas humble dans l’humilité de mon Être. C’est que je ne suis pas ancré dans la totalité de mon Être. Ainsi à chaque « faux pas », à chaque détour, le tintinnabule résonne pour me remettre sur le « droit » chemin. C’est peut-être aussi ceci, l’origine de mes acouphènes (voir le texte « Acouphènes »). En sortant de la simplicité, le tintement dans mes oreilles va me rappeler le tintinnabule.

Pour terminer ce texte, simple n’est-il pas, je paraphrase Arvo Pärt, en écrivant que « Je peux comparer mon écriture à une Lumière blanche dans laquelle sont contenues toutes les Lumières. Seul un prisme peut dissocier ces mots et les rendre visibles : ce prisme pourrait être l’esprit du lecteur« .

(Michaël « Shichea » RENARD (20231222-1))

(Art Numérique : Bing Creator suivant mes directives)

(Musique lors de l’écriture : Jeroen van Veen – 2014 – Arvo Pärt – Für Anna Maria, Complete Piano Music)

P.S. : L’écriture de ce texte me mènera à écrire sur une phrase que Jésus a prononcée : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père ».

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