Le Choc des Images, le Poids des Mots
Quand je publie un texte, il y a toujours, je dis bien toujours une image qui l’accompagne. J’ai bien écrit « publie » car certains textes ne sont pas publiés. Non pas que je les réserve pour moi ou pour d’autres, simplement qu’ils n’ont pas « encore » trouvé leur place (voir le texte « (re)Trouver ma Place »). Pour certains, j’avais déjà indiqué que je mettais la mention « à finaliser« . En d’autres termes, comme ceci l’indique c’est qu’ils ne sont pas finalisés. Peut-être le seront-ils un jour, peut-être pas. J’en avais également parlé.
J’écrivais que mes textes étaient accompagnés d’une image. Au départ, je recherchais sur quelques sites des images qui me parlaient pour l’accompagnement. À certains moments, c’était évident que c’était telle image et pas une autre qui était « idéale« . J’ai parlé récemment de ce changement de mot « idéal » à la place de « juste » (voir le texte « Notre tâche n’est pas de rechercher l’amour mais de rechercher toutes les barrières que nous dressons contre sa venue »). Depuis plusieurs trimestres, j’ai recours à ce que l’on appelle « l’intelligence artificielle » pour la génération des images accompagnatrices.
J’utilisais « DALL-E version 2 » dont les images étaient déjà bien, comment dire, en tout cas, reflétaient ce que je demandais. Depuis quelques mois, j’utilise la « DALL-E version 3 » (via bing) et le moins que je puisse dire, c’est que le rendu est « bluffant« , « époustouflant« . Et pourtant, je n’utilise que certaines « fonctionnalités« . Pour ma part, je commence souvent ma requête par « art numérique : » suivi d’une phrase reflétant l’esprit du texte qui va l’accompagner. J’ai déjà utilisé aussi « peinture : « , « photo : « . Pour les peintures, j’avais également utilisé la mention « suivant » avec le nom d’un peintre, par exemple, « suivant Van Gogh« , « suivant Monet« . L’image accompagne le texte car elle est générée après l’écriture. Comme je ne sais jamais ce que je vais écrire à l’avance, c’est, dans mon « cas« , le texte qui « prédomine« . Je ne suis pas comme certains auteurs qui crée une mélodie et qui écrive (ou demande d’écrire) ensuite la chanson. Pour reprendre l’image du chanteur, le texte est présent avant la mélodie. Pourtant, la mélodie des mots est déjà ici dans mon écriture.
Je sais que certains lecteurs, certaines lectrices sont, parfois, plus « sensibles » à l’image. Dit d’une autre façon, c’est d’abord l’image qui attire le regard et qu’en fonction du « pouvoir d’attraction« , le texte est lu ou non. Les publicitaires parleraient du « pouvoir de captation« . À propos de ce « pouvoir de captation« , je lisais récemment que l’imagerie publicitaire commerciale tend à captiver pour vendre. Cette captation s’opère toujours en sollicitant le pulsionnel, le sexuel, l’identification et le narcissisme et bien souvent en intriquant ces quatre dimensions. Pour ma part, point de pulsionnel, point de sexuel, pas de narcissisme dans mes textes. Par contre, pour l’identification, je ne sais pas si, en écrivant, en ayant recours au « Je« , ceci permet « réellement » aux lectrices/lecteurs de s’identifier. J’avais déjà « expliqué » ce recours au « Je » dans le préambule du texte « La Chute des Cités Perdues et la Quête Spirituelle dans un Monde Égaré« .
L’image qui accompagne est, comment dire, le premier point d’accroche. Je dirai que c’est « normal » dans le sens où les textes, chez moi, sont « longs » à lire. J’entends « Mais non Michaël ! Tes textes ne sont pas longs ! Ils ne sont simplement pas adaptés pour la lecture sur un mobile/smartphone« . Oui, c’est un fait, la lecture de longs textes sur un petit appareil n’est pas adéquate. L’image, par contre, c’est plus « facile« .
Ainsi, l’esprit de ce texte va parler du « pouvoir » des images. Il y a cette expression célèbre de Roger Thérond (journaliste français) : « le choc des photos et le poids des mots« . Dans cette expression, il y a la notion de « choc« . J’avais déjà parlé du « choc émotionnel » (voir le texte « Acouphène »). Effectivement, une photo génère un choc plus « rapidement » que de lire un texte. Même si la photo amène ce choc pouvant aller vers la page blanche dont j’ai souvent parlé, il y aussi le « poids » des mots. Une photo ou une image parle directement. Soit je suis touché « tout de suite« , soit je suis touché « plus tard » même si je ne retiens pas tous les détails. Il n’y a pas une analyse « profonde » de tous les éléments de la photo ou de l’image. Parfois c’est direct, parfois c’est un détail qui amène cette émotion. Ainsi, cette émotion (voir le texte « e-Motion ») met, parfois, en mouvement des évènements passés voire, rarement, des évènements du futur. C’est peut-être « étrange » d’écrire des évènements du futur et, pourtant, il y a des éléments connus, seulement de moi, que je peux retrouver dans des images. C’est comme une sorte de « prémonition« .
Il y a une autre expression qui dit « qu’une image vaut mille mots« . Cette expression est attribuée à Confucius. Attribuée car je ne sais pas si c’est « réellement » Confucius qui l’a prononcée. Peut-être est-ce simplement dû au fait que les Chinois ont une écriture traditionnelle graphique basée sur des idéogrammes. Quelque part, ils ont l’habitude, très tôt, à décrypter les images. Pourtant, je me rappelle qu’étant enfant, j’apprenais non pas à écrire les lettres mais à les dessiner comme une « calligraphie« . Les lignes de conduite des lettres étaient déjà tracées dans un cahier et je reproduisais une série de même lettre pour acquérir la forme que le maître souhaitait.
Toujours est-il que les images, que je fais générer par l’IA, me permettent d’illustrer le propos d’un texte. Généralement, il y a 4 images qui sont générées. Je choisis celle qui me « parle » le plus. Pourtant, de temps en temps, il n’y en a aucune et je demande de relancer le processus de création avec la même requête. Je reçois 4 nouvelles images. Il m’est déjà arrivé de relancer le processus plusieurs fois car aucune ne me « satisfaisait« . Cependant, dans la plupart des cas, une des 4 images proposées initialement me « convient« .
La question qui se pose est : « Est-ce qu’une image ‘doit’ accompagner un texte ?« . Dans le cas de mon écriture, ce n’est pas nécessaire. Je dirai que les mots se suffisent à eux-mêmes, d’autant plus si l’image est une « fiction« . Quand j’écris « fiction« , c’est pour indiquer qu’il n’y a pas de références à la « réalité » qui nous entoure. C’est comme de l’art abstrait et non de l’art figuratif. L’art figuratif représente ce qui se manifeste dans le monde visible. L’art abstrait lui ne manifeste pas le visible. Il est, quelque part, une expansion de la conscience sans que l’on puisse « exprimer » ce qu’il/elle représente.
Quand j’écris, les mots dansent sur mon écran comme des feuilles emportées par le vent de l’inspiration. L’image, elle, se présente comme une amie silencieuse. C’est comme si chaque mot, chaque phrase, était une note de musique, et l’image, la mélodie qui enveloppe l’Âme du lecteur. Chez moi, je ne perçois cet enveloppement qu’à la fin de l’écriture tandis que chez toi, Âmie Lectrice, Âmie Lecteur, il fait partie, comment dire, d’un courrier qui est adressé dans une enveloppe dont tu ne vois, au départ, que l’image sur celle-ci.
C’est un peu, en tant que lecteur, comme si j’entrais dans un jardin. Je vois d’abord toutes les fleurs, les plantes et puis je regarde leur nom, leur origine, leur signification. Je sais que ceux qui écrivent ne recourent pas à l’utilisation d’image pour illustrer leur texte. Chez moi, l’image a toujours été une compagne de voyage des mots. C’est une sorte de guide visuel révélant des perspectives inattendues. Dans cette danse entre le texte et l’image, une alchimie se crée, transcendant les limites du langage pour m’emmener ici où les mots se taisent et où les images parlent à l’Âme. C’est dans cette UNion que naît la véritable magie, celle qui donne vie à l’inspiration et les transforme en expériences sensorielles et spirituelles.
Pour rester dans l’esprit du jardin, pour moi, en tant que rédacteur, scribe (j’aime ce mot), c’est le nom, l’origine, la signification des fleurs avant de les voir s’éclore. Pourtant quand j’écris, je visualise beaucoup. J’ai des images qui se présentent à moi. Il m’est presqu’impossible de les décrire car en cherchant à le faire, je perds le fil de l’écriture. C’est un peu comme une sorte de méditation dans laquelle le flot des images passe sans emporter avec eux le sable des lettres. C’est parfois difficile de les laisser partir surtout si ce que je visualise me parle. Pourtant, si je m’y accroche, le flot de l’écriture se perd dans l’eau de la mer. Je dirai que je suis comme le bord d’une plage. Ce bord mouvant entre le flot des eaux et le sable de la terre. Je suis d’un côté entraîné à me laisser porter par les eaux et perdre mon ancrage, et de l’autre côté, je reste sur le sable en regardant les eaux s’en aller. Quelque part, c’est un subtil équilibre entre deux mondes. D’un côté, choisir l’inspiration et perdre la représentation de celle-ci, de l’autre, perdre l’inspiration et choisir la représentation.
Au vu de ma Spiritualité, l’image, que je vois avec mon sens ou que je visualise dans mon esprit, me renvoie à la capacité qu’ont les symboles (voir le texte « Tout est Symbole ») de transcender les barrières qu’elles soient linguistiques ou culturelles, touchant ainsi directement l’Âme et l’Esprit. Les images, qu’elles soient artistiques, iconiques ou naturelles, m’évoquent des émotions profondes, m’invitent à la contemplation et me servent de portails vers d’autres dimensions.
D’un autre côté, les mots soulignent ma capacité unique à articuler des idées parfois « complexes« , à amener à une réflexion, à revenir à l’intérieur de Soi. Les mots, qu’ils soient issus de textes sacrés ou de philosophies spirituelles, peuvent être des guides pour explorer la nature de mon Existence, la Quête de Sens (voir le texte « Enquête de Sens ») et la relation avec le Divin (voir le texte « Ex Opere Operato »).
En combinant ces deux éléments, je peux percevoir une dualité intéressante dans la manière dont ma Spiritualité peut être vécue. Les images suscitent une connexion immédiate avec le Sacré, tandis que les mots offrent, comment dire, un cadre, non, un contexte pour intégrer l’expérience spirituelle. Je reconnais que c’est un délicat équilibre entre la « relative » simplicité évocatrice des images et la complexité du langage qui enrichit mon chemin spirituel.
Cependant, attention ! Attention ! Comme je le dis souvent : « J’applique mon Discernement« . Les images peuvent parfois être trompeuses, créant des impressions éphémères. Les mots peuvent être mal interprétés ou perdre de leur « impact » s’ils ne sont pas accompagnés d’une expérience directe. Il y a comme je l’ai déjà écrit un subtil équilibre à maintenir dans l’Exploration Consciente de ma Spiritualité.
(Michaël « Shichea » RENARD (20231120-1 & 20231121-1))
(Art Numérique : Bing Creator suivant mes directives)
(Musique lors de l’écriture : Le Silence)

Laisser un commentaire