
« Never complain, Never explain »
(traduction : « Ni plainte, ni explication »)
Cette devise, qui peut également se traduire par « Ne jamais se plaindre, Ne jamais expliquer« , est souvent attribuée à la reine d’Angleterre Elizabeth II. Elle (la devise) m’est venue, le jour précédent l’écriture de ce texte. J’ai bien écrit « attribuée » car ce n’est pas elle qui l’a « créée« .
C’est en fait une stratégie de relations publiques qui a été particulièrement associée à la famille royale britannique. La phrase serait originaire du Premier ministre du Royaume-Uni, Benjamin Disraeli. Elle a été attribuée à Benjamin Disraeli par John Morley en 1903, cité dans la vie de John Morley de William Ewart Gladstone avec le dicton provenant de « Maxims for a Statesman » (Maximes pour un Homme d’État) de Benjamin Jowett, le maître du Balliol College, Oxford, écrit entre 1873-1876. L’une des 11 maximes de Benjamin Jowett a été « Ne jamais se quereller, ne jamais expliquer, ne jamais détester, ne jamais s’inquiéter, ne jamais échouer« . Le chirurgien et écrivain Robert Tuttle Morris a écrit dans son livre de 1915 « Doctors vs. Folks » (Docteurs contre les gens) que « Il est bon de suivre la règle pour ‘ne jamais se plaindre, ne jamais expliquer’, un homme est jugé par son caractère dans son ensemble et non pas par des actes individuels » (Merci Wikipedia version anglaise).
Ainsi donc, la maxime a été tronquée. J’avais déjà écrit sur ce phénomène consistant à ne reprendre qu’une partie d’une citation. Ici, la maxime complète est « Ne jamais se quereller, ne jamais expliquer, ne jamais détester, ne jamais s’inquiéter, ne jamais échouer« . C’est un peu comme cinq accords que l’on prend pour soi. « Accord » que j’avais déjà utilisé dans le texte « La Corde Sensible » concernant les accords toltèques.
Dans ma vie actuelle, dans mon incarnation actuelle, me suis-je querellé avec quelqu’un ? La réponse est : « Oui« . Ai-je du m’expliquer sur certaines circonstances ? La réponse est : « Oui« . Ai-je détesté ou me suis-je détesté ? La réponse est : « Oui » ? Me suis-je inquiété pour moi-même ou pour autrui ? La réponse est : « Oui« . Ai-je échoué ? La réponse est : « Oui« .
Tout ceci semble me guider vers l’expression « c’est pas jojo » (expression surannée pour les jeunes). « Être ou ne pas être jojo ? Telle est la question !« . Ceci est pour paraphraser « To be or not to be » (« Être ou ne pas Être »), phrase emblématique, s’il en est, du théâtre anglais (tant que j’y suis, j’y reste). Phrase provenant de la célèbre tirade d’Hamlet dans la pièce du même nom écrite par William Shakespeare., phrase suivie de « That is the question » (« Telle est la question »). Et des questions, j’en ai déjà poser quelques unes.
En fait « Jojo » vient « Joli« . « Être ou ne pas être jojo » est donc « être ou ne pas être joli« , « être ou ne pas être sympa« , « être ou ne pas être grâcieux« , « être ou ne pas être vif« , « être ou ne pas être harmonieux« . Ainsi toute action, toute réaction, tout pensée, toute évènement, toute circonstance, peut être « jojo ou ne pas être jojo« .
Si je souris à un.e inconnu.e, « c’est jojo« , par contre, si c’est intéressé, « c’est pas jojo« . Si je fais pipi dans la nature, « c’est jojo« , par contre, si quelqu’un me voit, « c’est pas jojo« . Si je fais du sport tous les jours, « c’est jojo« , par contre, si après, je m’enfile trois hamburgers-frites, « c’est pas jojo« . Si je fais l’amour et, comme le dit l’expression « je prends mon pied« , « c’est jojo« , par contre, si je laisse l’autre « sur le carreau » sans son plaisir, « c’est pas jojo« . Et pour terminer, ce que je viens d’écrire comme exemple, « c’est jojo » pour certain.e.s et « c’est pas jojo » pour d’autres. En bref, c’est l’esprit de « ce qui est » et de « ce qui n’est pas » en fonction du point de vue dans l’instant.
J’entends la question : « Michaël, que vient faire tout ceci avec le titre du texte ?« . Je me rappelle l’expression : « Il ne faut jamais dire jamais« . Cette expression de Napoleon III me rappelle, même si ceci semble paradoxal, qu’il ne faut jamais dire « jamais« . Et même, si je n’aime pas les « il faut » et les « je dois« , il est nécessaire parfois d’y recourir.
Combien de fois ai-je entendu cette expression ? Beaucoup, beaucoup trop, maintenant à l’âge que j’ai. Que ce soit par mes parents, par des professeurs, des amis, des connaissances, d’un amour. Cette phrase est souvent donnée (attention juge-ment) par des donneurs de leçons. Suis-je un donneur de leçons en écrivant ce texte ? Non, pour ma part, cette phrase est emplie d’une Sagesse certaine pour ne pas écrire d’une certaine Sagesse.
Pourquoi de Sagesse ? Parce qu’avec le temps, je peux changer d’avis, de goût, de caractère, de personnalité, de personnage.
Parce que je ne maîtrise pas tout et comme il est écrit dans le livre « La Cartographie des nuages » (Cloud Atlas) de David Mitchell (soit dit en passant adapté au cinéma par les frères/sœurs Wachowski (Matrix)) : « Tu n’es qu’une goutte d’eau dans l’océan — Qu’est-ce qu’un océan si ce n’est une multitude de gouttes d’eau ? » (j’ai souvent utilisé cette image de la goutte d’eau).
Parce que dire ou écrire « jamais« , c’est se priver. C’est se priver d’une opportunité, d’une rencontre. C’est laisser une porte fermée sans savoir ce qui se cache derrière.
Parce que c’est ne pas s’autoriser à se dépasser. « Jamais je ne (re)trouverai l’Amour« , « Jamais plus je ne pourrai voyager« , « Jamais, je n’y arriverai« , « Jamais je ne ferai ceci« .
Parce que c’est passer à côté d’expériences. Ces expériences qui me marquent à « jamais« .
Cette sagesse c’est une sorte de déconstructions des certitudes que je peux avoir dans ma Vie. C’est aussi tenter quelque chose de nouveau, d’oser, de se dépasser. C’est sourire en me souvenant que j’ai osé, sans savoir vers ce que ceci m’emmènerait. C’est mon expérience de changement de personnage, de changement de lignes temporelles. Si j’avais su « à l’avance« , ce que ceci apporterait dans ma vie, aurais-je dit : « Jamais, je ne me lancerai dans cette aventure, dans cet inconnu » ?
Ainsi donc comme les accords toltèques, l’expression « Ne jamais se quereller, Ne jamais expliquer, Ne jamais détester, Ne jamais s’inquiéter, Ne jamais échouer » peut être interprétée comme des « principes » spirituels et philosophiques guidant mon Être vers une existence empreinte de Paix Intérieure et d’Harmonie avec le monde qui m’entoure.
« Ne jamais se quereller » m’invite à transcender les conflits inutiles, les querelles, les disputes. Ceci implique un dialogue, une compréhension mutuelle (voir le texte « L’Un-Compréhension Mutuelle »). Ceci implique aussi d’être patient, tolérant, compréhensif aussi bien envers soi-même qu’envers les autres. La communication pacifique, apaisée, non violente permet d’amener une (ré)solution constructive des différends.
« Ne jamais expliquer » m’invite à embrasser mon authenticité. Je ne suis pas obligé de justifier mes actions, mes choix, mon parcours, mon chemin, ma trajectoire. Je vis suivant mes propres expériences et je suis autonome (pas indépendant) en suivant ma liberté d’Être.
« Ne jamais détester » m’invite à être dans la bienveillance (voir le texte « C’est de Bienveillance dont manque votre monde » (Maître Philippe de Lyon)), de l’empathie et de l’Amour envers tout ce qui est. En étant dans l’absence de haine, de rancœur, je suis non seulement dans mon harmonie individuelle mais également je suis dans l’édification d’une société plus ouverte à la différence, à une société inclusive. La haine n’engendre que plus de haine, tandis que l’AMOUR et la compréhension transforment et apaisent.
« Ne jamais s’inquiéter » m’invite à lâcher-prise, à avoir confiance dans l’a-venir. L’inquiétude m’emprisonne dans un cycle de peur et d’anxiété. Elle m’empêche de vivre pleinement le moment présent (voir le texte « Le Doux Leurre de l’Instant-Présent »). Quand j’accepte, quand j’ai la FOI dans l’ordre naturel des choses, je suis en Paix Intérieure.
« Ne jamais échouer » m’invite à (re)voir ce que certain.e.s appellent un échec comme un catalyseur, un révélateur. Comme je l’ai souvent écrit, je préfère le mot « expérience« . Ces expériences sont des opportunités pour acquérir une certaine Sagesse et de développer ma résilience. Dans le texte « L’acceptation« , j’indiquais que ce mot vient du latin « resilire« . Ici, je l’explicite d’une autre façon, « resilire » est construit à partir du verbe « salire » (« sauter ») et du préfixe « re » indiquant un mouvement vers l’arrière. La résilience peut être perçue comme un « reculer pour mieux sauter » ou comme la capacité à rebondir, en d’autres termes, « sauter vers sa place d’origine« . En fait, le véritable échec réside dans le refus d’essayer.
Et justement, je rebondis sur le fait de refuser d’essayer. J’ai déjà souvent écrit que ce que je partage n’est que mon expérience en tant qu’expérience de Vie et mes expériences en tant que la découverte de mes opportunités sur mon chemin de Vie. Certaines personnes m’ont déjà demandé de donner des explications sur ce que j’écris. Mon épouse me l’a demandé aussi. J’ai indiqué que « jamais » je ne donnerai d’explications sur mes textes. Je me justifie sur le fait que donner des explications « dénature » l’expérience que le lecteur peut avoir en les lisant pour lui-même. J’ai indiqué que j’écrivais en utilisant le « Je » pour que le lecteur puisse s’intégrer, être celui qui vit l’expérience de la lecture.
J’ai souvent fait le parallèle avec la peinture. Une peintre va-t-il expliquer pourquoi il a mis tel personnage à tel endroit de son tableau, pourquoi il a utilisé telle couleur et pas une autre, pourquoi il a dessiné de telle façon. En expliquant sa peinture, il fait perdre, il enlève au spectateur l’émerveillement qu’il rencontre à la découverte d’une œuvre. Il en est de même pour un sculpteur, un chanteur, un écrivain, un artisan, peu importe le domaine.
Pour terminer ce texte, je reprends les phrases de Katherine Pancol dans son livre « Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi » : « Les mots qu’on va écrire, il ne faut pas les dire, il faut qu’ils restent neufs. Il faut, lorsqu’on les lit, qu’on ait l’impression que c’est la première fois qu’ils servent, que personne n’a jamais jeté les mots comme ça sur le papier« .
(Michaël « Shichea » RENARD (20231104-1))
(Art Numérique : Bing Creator suivant mes directives)
(Musique lors de l’écriture : Jaro – 2023 – Open The Gate)
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